Chapitre 7 - Jeux, paires & Love

Chapitre 7

 

Sabrina marchait d’un pas énergique. Elle avait accepté la proposition du père de Joshua. Se sentant l’âme charitable, elle voguait vers une nouvelle aventure. Beaucoup de jeunes nécessitaient d’être recadrés et soutenus. Elle-même aurait eu besoin de soutien à une époque. Pas le genre de choses qu’elle s’apprêtait à entreprendre, mais un soutien moral d’ordre plus général.

Sa décision fut prise rapidement. Au lieu de se lamenter sur son sort le dimanche, elle devait se changer les idées. En apportant son aide à de jeunes enfants et autres adolescents, elle pourrait peut-être sortir du cercle confiné dans lequel elle s’était enfermée. Elle l’était beaucoup moins à présent depuis le tragique accident de sa mère. Le couple Amos ainsi que Brice lui étaient d’un grand soutien.

Elle consulta le plan en couleur proposé par le site Internet et qu’elle avait imprimé. La rue n’était pas très loin de la station de métro Pyrénées. Quel jour magnifique pour débuter son nouveau travail !

Elle contempla un instant la grande porte en bois du bâtiment de trois étages. Une pancarte mentionnait un Centre de jeunesse sans préciser qu’il s’agissait de jeunes en difficultés.

Son corps était devenu fébrile tellement elle appréhendait cette mission. Elle espérait que ces jeunes gens avaient la volonté de s’en sortir !

La porte d’entrée, véritable antiquité, d’un bois travaillé par les âges, se maniait difficilement. Sous une forte poussée, l’ouverture s’écarta finalement et révéla un couloir. Au bout de celui-ci, Sabrina stoppa face à une standardiste âgée derrière un bureau en bois imposant, en forme de demi-cercle.

— Bonjour, dit Sabrina.

La femme leva vers elle un visage ridé et lui sourit.

— Bonjour, mademoiselle. Que puis-je faire pour vous ?

— Je suis la nouvelle. Monsieur Ménard…

— Oui, j’ai beaucoup entendu parler de vous ! la coupa la standardiste avec excitation. Vous vous êtes admirablement occupé du petit Joshua. C’est un merveilleux enfant, n’est-ce pas ?

Sabrina hocha la tête.

La standardiste tendit une main que Sabrina serra chaleureusement.

— Moi, c’est Marie-Jo ! Et bienvenue parmi nous !

Marie-Jo se leva et contourna son bureau. D’aspect plutôt émacié, elle portait pourtant admirablement une robe de couleur rose ainsi que des chaussures plates assorties.

— Venez avec moi que je vous présente !

Lui prenant la main, elle la guida vers un escalier.

— J’espère que monter les marches ne vous incommode pas, sinon il y a l’ascenseur !

— Pas du tout, au contraire, cela me fera un peu de sport.

Marie-Jo effectua son ascension jusqu’au troisième sans éprouver de fatigue comme aurait pu l’imaginer Sabrina en raison, supposait-elle, de son âge avancé.

« Soixante, soixante-cinq ans ? », supputa Sabrina, se trompant tout le temps sur l’âge des personnes.

À l’étage, Marie-Jo se faufila à gauche par une porte déjà entrouverte. Elles parcoururent des pièces nues sans rencontrer âme qui vive. Marie-Jo, toujours en mouvement, ouvrit une grande porte bleue derrière laquelle s’échappait de la musique.

Des adolescents, qu’elle aperçut de dos, participaient à une séance d’aérobic. En jogging et baskets, ils répétaient en chœur les mouvements de leur accompagnateur qui s’était positionné comme eux, de dos. Les bras de ce dernier tendaient vers le bas de façon à toucher le sol. Puis, il se redressa lentement en expirant.

Sabrina vit son visage à travers le miroir.

« Mais… mais… non, ce n’est pas possible ! »

 

L’homme se redressa lentement et fit rouler ses épaules d’avant en arrière au son de la musique choisie spécialement par un des adolescents du groupe. Il donnait volontiers de son temps à ces jeunes pour les détourner d’un monde de plus en plus dangereux pour eux et les autres. Si un seul d’entre eux parvenait à s’en sortir grâce à ses efforts, il en serait réjoui.

Lui aussi avait vécu la même adolescence rebelle. Il avait pris la mauvaise direction. Fuyant une société où il avait égaré ses repères, il s’était laissé influencer par les meneurs de la cité où il habitait autrefois avec ses parents. Après un vol avec effraction, il s’était retrouvé derrière les barreaux. Mineur lors des faits, on lui avait proposé de se rendre régulièrement dans ce Centre pour jeunes en difficultés. Il y avait rencontré des personnes formidables qui lui avaient ouvert la voie de la raison.

Il croisa le regard de Marie-Jo dans la glace. Elle était accompagnée d’une jeune femme. La surprise qu’il lut dans les yeux de cette dernière équivalait à la sienne. Il s’immobilisa brutalement et se retourna vivement.

Les adolescents, inconscients de la situation, s’arrêtèrent de concert pour l’imiter.

Manuel se dirigea vers la télécommande pour interrompre le lecteur CD.

Marie-Jo prit la parole en se tournant à demi vers les enfants qui avaient complètement relâché leurs efforts pour observer les nouvelles venues.

— J’ai le plaisir de vous présenter Sabrina Millot. Elle s’occupera principalement de l’atelier 5-8 ans. Mais vous pouvez venir la voir pour tous vos petits soucis et quel que soit votre âge, bien sûr.

 

Sabrina, pour échapper au regard de Manuel qui lui brûlait la peau, se tenait face aux enfants, tous des garçons. Ces derniers la considéraient avec curiosité et méfiance. Certains d’entre eux entraient dans la classe d’âge dont elle était désormais l’accompagnatrice.

— J’espère que vous n’aurez pas que des soucis à me confier. J’aime également partager des moments plus gais comme le plaisir d’une bonne partie de foot ou de basket.

Elle vit des visages se dérider à cette remarque.

— Très bien, la séance est terminée pour aujourd’hui ! décida Manuel.

Ils sortirent dans un murmure tandis que Marie-Jo continua à l’attention des deux adultes qui lui paraissaient un peu gauches.

— Bien, je vais vous laisser faire connaissance. Manuel, notre éducateur-animateur acharné que voici, vous expliquera votre rôle plus en détail, ajouta-t-elle à Sabrina. Je vaque à mes occupations.

La vieille dame pirouetta pour rejoindre son poste d’un pas allègre.

— Une partie de basket ou de foot ! Belle entrée en matière ! dit Manuel pour rompre le silence gênant.

Sabrina rassembla toute son énergie pour le fixer dans les yeux sans rougir.

« Pourquoi prend-il ce ton un tantinet sarcastique ? Il a peur que je vienne lui faire de l’ombre dans ses activités sociales ? »

— Oui, il me semblait plus approprié de mentionner une autre discipline que la gymnastique. Les garçons, en général, ne sont pas trop fans de cela.

— La détente musculaire leur apprend à mieux construire leur geste dans les autres sports et à apprivoiser leur propre corps. Bien, je vais vous montrer l’endroit où se déroulera votre atelier et en même temps, on fera une petite visite générale des lieux.

Tandis qu’elle suivait sa carrure athlétique moulée dans un survêtement, Sabrina songea qu’il était d’une froideur frisant l’impolitesse. Passé le premier étonnement, il était redevenu indifférent comme si leurs rapports de patron à employée n’existaient pas. Elle-même s’interrogeait sur ce nouvel aspect de l’homme d’entreprise qu’elle découvrait. Il semblait bien investi dans ce Centre. Le ton de Marie-Jo était chargé de respect et d’admiration.

« Il redore son blason auprès d’un jeune public susceptible de devenir ses futurs clients », pensa-t-elle avec cynisme.

Elle écouta ses explications en le questionnant de temps à autre. La visite achevée, Manuel la ramena à Marie-Jo.

— Voilà, vous commencerez certainement la semaine prochaine. Marie-Jo va vous donner les noms des enfants participant à l’atelier. J’ai une autre séance maintenant.

Sabrina le remercia.

— À demain… au bureau…, souffla-t-il avant de disparaître.

Elle frissonna sous ce rappel de leur lien professionnel. Il avait eu une attitude bizarre, comme si… comme s’il voulait lui dire autre chose.

« Sans doute, me décourager ! La tournée du nouveau concept démarre dans deux semaines, il ne souhaite pas perdre sa poule aux œufs d’or. »

 

Manuel releva la tête lorsque Janice pénétra dans son bureau en refermant doucement la porte. Elle portait une jupe droite tombant à mi-cuisse. Ses jambes fuselées retinrent particulièrement son attention qui se dirigea ensuite sur son chemisier ouvert à hauteur de ses seins.

Janice sourit de satisfaction sous son regard appréciateur.

Elle prit place sur son bureau, juste devant lui, dévoilant encore plus ses cuisses fermes. Janice attrapa sa main droite et la posa à l’intérieur d’une de ses jambes. Le pouce de Manuel caressa la peau satinée. Il n’avait pas touché Janice depuis un bon moment, préoccupé par son nouveau concept. Il sentit son désir s’éveiller malgré lui et un frisson le parcourut des pieds à la tête. Depuis combien de temps n’avait-il pas touché une femme ?

Janice déboutonna un, puis deux boutons de sa chemise, révélant sa poitrine opulente sous un soutien-gorge de dentelle blanc. Elle y dirigea l’autre main de Manuel, sans résistance.

N’y tenant plus, Manuel porta Janice pour la placer sur lui, là où sa virilité demandait un contact plus proche.

Janice approcha ses lèvres du cou de Manuel qui adorait sentir sa langue sur sa peau. Elle le mordilla jusqu’à entendre un râle de satisfaction.

La main de Manuel sur sa poitrine se faisait plus insistante. Il dégagea un sein pour en savourer le téton durci. L’autre main s’introduisit sous la jupe pour se diriger vers le triangle secret. Elle ne portait jamais de petite culotte à cet endroit.

Il prit enfin les lèvres de Janice, transporté dans un autre monde, loin de tout. Il avait un besoin pressant de s’insinuer en elle. Il souhaitait écourter les préliminaires. Il ne ressentait rien pour elle et elle le savait. Ce n’était que purement sexuel.

Comme si elle avait suivi ses pensées, Janice déboucla sa ceinture, enleva le bouton de son jean puis dézippa sa braguette.

— Pardon…

Manuel se tétanisa sous cette voix. Sabrina venait de refermer la porte de son bureau. Mais Janice, tout au contraire, rit de cette intrusion. Elle jubilait !

— Va-t’en ! s’écria Manuel en dégageant Janice de ses genoux.

— Mais…

— Je t’ai dit de sortir ! cria-t-il plus fort en zippant son pantalon.

Les traits du visage de Manuel ne lui présageaient rien de bon. Sous son regard froid et coléreux, Janice baissa la tête et sortit sans demander son reste.

Manuel passa la main sur ses cheveux. Il transpirait et déglutit avec peine. Que lui prenait-il de réagir comme cela envers Janice qui ne demandait qu’un instant de plaisir ? Lui aussi souhaitait ce moment !

Mais qu’avait donc pensé cette jeune et innocente Sabrina ?

Plusieurs coups à la porte le firent sursauter. Le dossier qu’il tenait entre les mains lui échappa et son contenu se renversa sur le sol. Il ramassa le tout en vitesse et fourra la chemise dans le dernier tiroir de son bureau avant de crier d’entrer.

Il secoua nerveusement ses cheveux courts, et son visage blêmit lorsque Janice entra dans la pièce.

— Manuel, j’ai des chèques à signer, notamment celui de la T.V.A. de ce trimestre.

Le rêve ou plutôt le fantasme sulfureux qui avait surgi de son demi-sommeil l’amena à remarquer les efforts vestimentaires de Janice ces derniers temps. Et il n’en était pas la cible. Son ego avait pris un sérieux coup lorsqu’il avait constaté que sa comptable était également béate d’admiration pour le nouveau diététicien. Et il eut encore plus de peine à accepter que Sabrina passe ses nuits dans les bras de ce séducteur.

Était-ce pour cela qu’il voulait humilier sa secrétaire en rêve ? Janice ne l’avait jamais attiré. Il repensa aux propos de Brice. Lorsqu’il regardait Janice, il ne voyait pas la femme, mais la comptable compétente qui gérait avec main de maître son service financier.

Il soupira en signant les chèques que Janice lui présentait.

Après le départ de cette dernière, Manuel porta sa main au dernier tiroir, mais se retint.

— Non ! s’interdit-il à haute voix.

Il repensa au soir où il avait aperçu Sabrina et Christian s’embrassant avant de disparaître dans cet hôtel à deux pas d’ici.

« Brice a tort, songea-t-il, Sabrina est forte. Elle a fait son deuil du décès de sa mère. La jeune fille fragile et innocente est devenue une femme épanouie et sans complexe maintenant. »

Il le savait pertinemment. Elle avait le même regard affirmateur, sûr et posé que lui-même affichait à l’époque où il s’était sorti de ses propres difficultés. Aider les autres était un signe révélateur. Elle avait déjà franchi avec succès les dernières barrières qui la rattachaient à l’adolescence pour entrer complètement dans le monde adulte avec force et sérénité.

« Et puis, il y a les photos… non, je ne veux pas y songer. »

Mais les clichés de la campagne défilèrent instantanément devant ses yeux. La première série était déjà sur quelques panneaux publicitaires. Il en avait rencontré un ce matin en venant au bureau.

« La Sabrina sur ces affiches est infiniment femme et… amoureuse. Son visage lumineux et ses yeux pétillants sont criants de vérité. »

Demain, la tournée promotionnelle débutera. Brice le remplacera exceptionnellement, car il avait des engagements en Italie.

« L’occasion de revoir Gisela. »

À l’idée du plantureux mannequin qui officiait de temps à autre pour son club italien, toutes les sensations de son fantasme de tout à l’heure revenaient en force. Cette fois-ci, la femme correspondait particulièrement à ses vœux.

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