Chapitre 1

Chapitre I

 

New York, Jeudi 15 avril 2010

 

     Nora avait le regard fixé sur un dossier. Elle secoua la tête en fermant les yeux pour ne plus revoir ces images atroces. Ces images vues la veille au soir dans une ruelle sombre et maintenant immortalisées sur des photos.

     Les coudes sur le bureau, elle prit sa tête entre les mains.

     Elle ne pouvait le croire. Oh, ce n’était pas le simple fait qu’il y ait eu meurtre car elle en voyait assez fréquemment dans les rues de New York, mais le mode opératoire et le responsable de la tuerie la tracassaient.

     Ses yeux replongèrent sur une photographie suivie de plusieurs autres. Quatre personnes mortes, âgées entre vingt-cinq et trente et un ans, gisaient à même le sol, menottées les unes aux autres. Ce détail laissait supposer l’identité du meurtrier.

     C’était pour le moins incohérent. Le justicier masqué, comme se plaisaient à le nommer les journaux, n’aurait pas pu commettre ces meurtres. En effet, il attachait bien ses victimes entre elles avec des menottes mais quand les flics les retrouvaient, elles étaient toujours en vie. Aux yeux de Nora, ce ne pouvait être lui. Mais les faits étaient là…

     Elle examina les photos suivantes qui étaient des zooms. Deux hommes avaient reçu une balle au niveau de la tempe et les deux autres entre les deux yeux. Sur le sol, une rivière de sang où reposaient les cadavres. Leur lit de mort pour des dealers de drogue.

     Précisément le genre d’hommes auxquels s’attaquait l’homme masqué.

     La sonnerie stridente de l’interphone l’empêcha d’aller plus loin dans ses pensées. Elle appuya machinalement sur le bouton clignotant.

     - Quoi encore! Je ne veux pas être dérangée en plein travail !

     - Je m’aperçois que je ne vous ai pas engagée pour rien.

     Mais à qui appartenait cette voix de baryton ?

     Elle leva les yeux. Elle n’était pas dans son bureau. Des personnes passaient devant elle sans un regard. Certaines étaient plongées dans la lecture d’un dossier, d’autres maintenaient des feuilles, la tête haute.

     Elle fit pivoter sa chaise et se retrouva face à un mur. Le nom de l’entreprise, Stockwell, était inscrit en lettres majuscules de couleur or.

     Ce dossier, qu’elle referma aussitôt, lui avait fait oublier le lieu où elle se trouvait. Elle n’était plus chargée de cette affaire avec pour soi-disant criminel le play-boy masqué comme elle aimait à se le dire ironiquement. Celui-ci avait plutôt l’air d’un freluquet que d’un justicier. Son pantalon noir moulait avec perfection ses cuisses musclées et son T-shirt de la même couleur semblait être sur lui telle une seconde peau révélant des pectoraux développés et un ventre plat. Cet homme paraissait tout droit sorti d’une bande dessinée tout comme Spiderman.

     - Mademoiselle Davidson... Mademoiselle Davidson, répéta inlassablement la voix à l’autre bout de l’interphone.

     Émergeant de sa rêverie, elle s’enquit sèchement :

     - Que voulez-vous ?

     - Je souhaiterais que vous m’apportiez le dossier Daniels qui se trouve sur votre bureau.

     - Et pourquoi ne pas vous déplacer vous-même ?

     - Vous êtes mon assistante de direction.

     - Pas tout à fait.

     - Vous la remplacez.

     - Et alors ? J’ai d’autres choses à faire.

     - S’il vous plaît, Mademoiselle Davidson.

     - Bon, j’arrive. Mais depuis le temps qu’on parle, vous auriez pu, vous, venir ! l’apostropha-t-elle en raccrochant sèchement.

     Davidson prit une chemise contenant les documents de l’affaire Daniels. Elle se leva et sentit la moquette sous ses pieds nus. Elle souffla, reprit place sur son fauteuil et passa la tête sous le bureau imposant à la recherche de ses escarpins qu’elle avait envoyé valser. Elle s’en empara et se chaussa avec dégoût.

     « Quel calvaire ! Comment les femmes peuvent porter ce type de chaussures », songea-t-elle amèrement.

     Elle contempla ses pieds rehaussés d’une dizaine de centimètres. Difficile d’être à l’aise pour marcher ainsi ! Elle claudiquait plus qu’elle ne marchait. Mais les circonstances l’exigeaient malheureusement. Son supérieur lui en avait donné expressément l’ordre. Généralement, elle ne tenait pas compte des remarques de son chef. Mais dans ce cas-ci, elle devait absolument se fondre dans la masse des employés habillés en costards-cravates ou tailleurs.

     Sa main se suspendit au-dessus de la poignée dorée de la porte. Pourquoi l’avait-on envoyée dans ce genre d’endroit ? Pourquoi John Morrison s’était-il adressé à elle ?

     Elle ouvrit la porte du bureau sans frapper.

     Une fumée épaisse remplissait toute la pièce. L’homme à la tête de la société fumait beaucoup. Cela lui rappelait elle-même à une certaine époque…

     Elle parcourut doucement la distance qui la séparait du bureau pour y déposer avec brutalité le dossier. Elle s’avança vers la fenêtre sans regarder l’homme, qui releva la tête, sidéré par tant de brusquerie. La fenêtre grande ouverte, le brouillard de nicotine se dissipa peu à peu.

     Le grand air s’infiltra dans ses poumons. L’odeur insupportable du tabac lui donnait quand même l’envie d’allumer une cigarette.

     L’Empire State Building lui faisait face deux rues plus loin. Le gratte-ciel appartenant aux Stockwell était aussi imposant que celui-ci. Le bureau de l’homme d’affaires se situait au cent deuxième étage.

     Nora s’orienta vers l’homme assis dans son fauteuil de cuir. La chevelure blonde couleur miel dépassait légèrement du dossier.

     - Tous vos papiers sont là ?

     - Oui, je vous en remercie.

     Nora prit place sur le bord du bureau. L’homme plongea les yeux dans les siens. Des yeux d’un gris incroyable encadrés par de longs cils. C’était la première fois en deux jours qu’elle le détaillait ainsi. Kyle Stockwell devait avoir une trentaine d’années. Très séduisant avec des cheveux plus longs que la normale. On pouvait plonger ses doigts et se perdre dans cette abondante chevelure. Ses lèvres, ni trop grandes ni trop petites, étaient pleines et sensuelles. Il avait une mâchoire carrée et volontaire. Un visage d’ange avec un soupçon de mystère.

     - Vous désirez?

     - J’ai remarqué, commença-t-elle, que vous fumiez beaucoup.

     - Continuez.

     - Combien de paquets fumez-vous par jour ?

     - Deux mais...

     - Deux !

     - Oui, et en quoi cela vous concerne-t-il ?

     « Effectivement, en quoi cela la concernait ? » pensa-t-elle.

     - Avez-vous déjà fumé ?

     - Figurez-vous que je fumais avant, cependant moins que vous, finit-elle par répondre à contrecœur.

     - Quelle quantité ?

     - Un paquet et demi.

     - C’est assez raisonnable.

     - Le croyez-vous ? Pas pour les poumons. Il y a un mois que j’ai arrêté. Et si vous m’en donniez la possibilité, je pourrais vous aider.

     - Pour quelle raison feriez-vous cela ?

     Elle eut un instant de réflexion. De quoi se mêlait-elle, en fait ? Elle ne se souciait de personne habituellement. Ce n’était pas dans sa nature de s’immiscer dans la vie d’autrui. Que lui arrivait-il ?

     Depuis son cauchemar où elle voyait ses poumons se consumer à petit feu, du jour au lendemain, l’arrêt de la cigarette avait été brutal. Ce bout de tabac était un ennemi à bannir de sa vie.

     L’homme eut l’air de réfléchir alors qu’elle gardait le silence.

     - Donnez-moi votre recette miracle même si je n’y crois pas trop, finit-il par dire par pure politesse.

     - Je vais vous la chercher, répliqua-t-elle trop heureuse de s’esquiver de la pièce en se maudissant.

     Nora revint quelques instants plus tard et lui tendit un petit paquet.

     - Des chewing-gums ?

     - Oui, avec de la nicotine. Vous pouvez les garder, je n’en ai plus besoin.

     - Pensez-vous que cela va marcher ? l’interrogea-t-il sceptique.

     - J’ai bien arrêté, dit-elle simplement. Je vais vous laisser, il faut que je me remette au travail.

     Elle fit demi-tour et lorsqu’elle atteignit la porte avec difficulté, elle entendit :

     - Puis-je vous faire une remarque ?

     Le haussement d’épaules de la jeune femme lui permit de continuer :

     - Pourquoi mettez-vous ces chaussures à talons alors que vous n’arrivez pas à marcher ?

     Nora se le demandait aussi. Mais, il n’y avait pas que les chaussures, il y avait également les vêtements.

     - Pour vous faire honneur, Monsieur Stockwell, ironisa-t-elle. Je me suis fait une garde-robe complète pour venir travailler ici, avoua-t-elle.

     Son cher chef lui avait ordonné de s’habiller en femme. Il était impossible qu’elle se mette à ses aises pour travailler dans ce genre de société. Elle avait été agacée et furieuse en l’apprenant. Sa garde-robe actuelle avait été achetée par le F.B.I. Il était hors de question pour elle que cela tombe dans ses frais alors qu’elle ne les remettrait jamais. Son patron n’aurait qu’à les donner à une œuvre caritative une fois sa mission terminée.

     - Il ne fallait pas…

     - Auriez-vous préféré que je vienne en jean, t-shirt et baskets ?

     Les sourcils du jeune homme froncèrent de plus belle, ce qui faillit provoquer l’hilarité de Nora. Il s’attendait à quoi ? Qu’une femme comme elle, travaillant pour l’un des services du F.B.I, s’habillerait comme une potiche ? Ce n’était pas son métier que de rester derrière un bureau. Son métier était sur le terrain. Courir et questionner telle était son aventure. L’adrénaline lui procurait une sensation de bien-être, d’être en vie. Et elle ne changerait en rien son travail à l’extérieur pour les quatre murs d’un bureau.

     - Ma garde-robe se compose essentiellement de ce genre de fripe, continua-t-elle sous le regard interrogateur.

     - Vous avez bien fait d’en changer. Cela vous sied merveilleusement bien. Et vous avancez sur notre affaire ?

     - Nous commençons à avoir de sérieux résultats.

     - Très bien…

     Le téléphone sonna.

     - Vous pouvez disposer.

     - Monsieur me permet de disposer ! railla-t-elle.

     - Je ne voulais pas vous retenir car, me semble-t-il, vous avez encore du travail.

     - Absolument, un travail qui vous concerne, répondit-elle excédée.

     - Vos tâches ne vous satisfont pas ? interrogea-t-il oubliant momentanément le téléphone.

     - Vous voulez que je sois franche ?

     - Bien sûr.

     - On m’a déchargée d’une affaire qui me tenait à cœur pour vous rendre service !

     - Je suis désolé. John Morrison vous a recommandée en m’assurant que vous étiez libre de toute autre affaire.

     Nora mit ses mains sur ses hanches.

     - C’est bien lui !

     - Je peux demander une autre personne, ainsi vous pourriez reprendre votre dossier.

     - Non.

     - Si vous ne voulez pas, cessez de vous plaindre !

     - Je ne me plains pas! s’emporta-t-elle en claquant la porte derrière elle.

     Hommes et femmes s’étaient arrêtés pour la dévisager. Elle haussa les épaules, releva fièrement le menton dans un geste de défi, se laissa tomber sur son fauteuil et reprit la lecture de son dossier.

     - Patron...

     Nora ne se donna pas la peine de regarder l’homme debout devant son bureau.

     - Ne m’appelez pas ainsi, ici !

     - Excusez-moi pa... Mademoiselle Davidson, rectifia-t-il. J’ai trié tous les noms figurant dans la société et trois d’entre eux ont particulièrement retenu mon attention, chuchota-t-il.

     Nora écoutait d’une oreille distraite, captivée par sa lecture.

     - Bien... Sortez-moi un dossier complet sur eux.

     - C’est déjà fait, déclara-t-il en lui présentant une pochette.

     - Et je voudrais que vous me fassiez...

     - Un résumé sur chacun d’eux, continua-t-il. C’est déjà fait également.

     Nora releva la tête et le scruta avant de prendre la pochette.

     - Vous vous améliorez de jour en jour Chapman.

     - J’ai été à bonne école avec vous.

     - Merci, mais les compliments ne servent à rien avec moi.

     - Je le sais.

     Eric Chapman se pencha et aperçut les photos prises la veille.

     - Pas de commentaires, Chapman.

     - Mais, on n’est plus sur l’affaire.

     - Et alors ?

     - Oh ! Rien.

     - Maintenant que vous êtes au courant, j’espère que vous ne le direz à personne ! rétorqua-t-elle froidement.

     - N’oubliez pas que je suis de votre côté et dans votre équipe.

     - Bon. Contactez-moi alors Smith et demandez-lui plus de précisions sur cette affaire, commanda-t-elle en pointant son index sur les photos.

     - Smith est sur un autre coup.

     - Cela ne l’empêchera pas de me rendre ce service, il le sait très bien. Il enfreindra les règles. Ce ne sera pas la première fois. Me suis-je bien fait comprendre ?

     - Oui. A vos ordres, patron !

     - Oh, arrêtez cela pour l’amour du ciel ! Et demandez-le-lui le plus vite possible. Dépêchez-vous !

     - Pas de problème. Vous l’aurez en un rien de temps. Je lui donne un coup de fil et vous l’aurez...

     Il regarda sa montre.

     - Dans deux heures, grand maximum.

     Il tourna les talons.

     - Chapman, je vous remercie.

     - Aucun problème, patron ! lança-t-il le dos tourné en levant légèrement la main.

     Nora le suivit des yeux. Grand, un corps d’athlète, des cheveux blonds couleur de blé dur et des yeux bleus. Eric Chapman pouvait ressembler à une gravure de mode et non à un agent du F.B.I. Ils avaient le même âge, vingt-huit ans.

     Elle secoua la tête pour revenir à ses préoccupations primordiales.

     Refermant le premier dossier, elle ouvrit le deuxième contenant un résumé clair sur les trois personnes.

     Eric Chapman s’améliorait plus vite qu’elle ne l’aurait imaginé. Elle n’avait jamais douté de lui. C’était une bonne recrue. Condamné à des années de réclusion avec son ami James, elle avait réussi à communier leur peine pour les intégrer dans son équipe.

     Eric et James réussissaient à se faire recruter dans des entreprises puissantes. Puis, au bout de quelques mois de travail, ils donnaient leur démission après les avoir détroussées de quelques millions de dollars. Pourtant, ils s’étaient fait attraper en restant plus que prévu dans une de ces entreprises.

     Elle les avait sortis de prison pour leur génie afin que son équipe s’avère la plus efficace. Mais aussi parce que Nora connaissait Eric. Il avait été son compagnon d’une semaine lors de ses seize ans. Ce fut Eric qui lui donna le goût de courir, étant un véritable athlète. Mais, il ne se souvenait pas d’elle. Et tant mieux…

     Après un coup d’œil à chaque fiche, elle les regroupa et fourra le tout dans son sac, puis appuya sur l’interphone.

     - Monsieur Stockwell ?

     - Oui ?

     - Je m’en vais.

     - Pourriez-vous venir me voir ?

     Ses lèvres se retroussèrent en une moue dédaigneuse.

     - Pourquoi ?

     - Je voudrais converser avec vous.

     - Je vous écoute.

     - Face à face.

     Nora soupira. Ce qu’il pouvait la mettre hors de ses gonds !

     - J’arrive.

     Elle pénétra dans le bureau. Le grand patron se tenait debout près de la fenêtre et mastiquait un chewing-gum.

     - Que puis-je pour vous ? interrogea-t-elle.

     - Rien. Je voulais simplement m’excuser et vous dire que si vous souhaitiez partir, la porte est grande ouverte. J’avertirais John que je veux quelqu’un d’autre.

     - C’est impossible. Il ne me remettra pas sur l’affaire que je désire de toute façon, mentit-elle. Mais c’est gentil d’y avoir pensé. Puis-je m’en aller ?

     Nora n’aimait pas les grandes conversations, les excuses. Et encore moins celle-ci où elle savait que les choses n’aboutiraient à rien. Quand la décision de John était prise, rien ne pouvait lui faire changer d’avis.

     - Oui… Bonsoir, finit-il par dire quand elle referma doucement la porte sans aucun mot.

♥ ♥ 

     Ouf ! Elle était enfin chez elle.

     Elle balança ses chaussures qui lui faisaient tant mal à l’autre bout de la pièce et changea son tailleur-jupe contre un jogging et un t-shirt.

     Le téléphone retentit. Au bout de trois sonneries, le répondeur se mit en marche.

     « Nora, c’est maman, tu es là ?... Je vois que... »

     Sans précipitation, la concernée décrocha le combiné.

     - Allô, maman.

     - Bonjour, Nora !

     - Comment vas-tu ?

     - Je vais bien. Et toi ?

     - Très bien. Ne t’inquiète pas pour moi.

     - Quand viendras-tu nous rendre visite ?

     - Je n’ai vraiment pas le temps...

     - Tu me désespères. Quand auras-tu un mari et des enfants ? Tu pourrais te reposer sur quelqu’un…

     - Maman !

     - Tu as vingt-huit ans... Je me fais du souci pour toi.

     Nora réfléchit et décida de mentir. Que ne ferait-elle pas pour rendre sa mère heureuse ? Non que celle-ci ne soit pas comblée par son père. Au contraire, elle souhaitait tout simplement que sa fille unique jouisse du même bonheur avec un homme. Elle n’avait jamais eu de petit ami car elle n’en avait jamais éprouvé de désir ni même d’attirance envers un être de sexe opposé.

     - Maman, j’ai une immense nouvelle à t’annoncer. J’ai rencontré quelqu’un.

     - Oh ma chérie ! Que c’est merveilleux ! Tu ne peux pas savoir combien je suis heureuse.

     « Je n’ose l’imaginer », pensa Nora.

     - A quoi ressemble-t-il ?

     Nora fronça les sourcils. Elle ne s’attendait pas à cette question. Puis l’image d’un homme s’imposa à son esprit.

     - Il est grand, il a les cheveux blonds et les yeux gris...

     - Et comment s’appelle-t-il ?

     - Maman, il faut que je raccroche. On m’a bipée et c’est vraiment important.

     - D’accord, mais je te préviens que je vais venir avec ton père la semaine prochaine.

     Les épaules de Nora s’affaissèrent d’un coup.

     - Quoi ?

     - Maintenant que tu as un petit ami, j’ai envie que tu nous le présentes.

     - Ce n’est pas nécessaire.

     - Et ça fait longtemps qu’on ne t’a pas vue.

     De toute manière, quoi qu’elle dise, sa mère n’en ferait qu’à sa tête. Elle était aussi obstinée que sa fille.

     - Bon, d’accord, se résigna-t-elle. Il faut que je te quitte. Quand venez-vous ?

     - Vendredi prochain. On pourra profiter du week-end avec toi.

     - Cela me laissera du temps pour…

     - Pour faire quoi ma chérie ?

     « Pour rompre avec mon petit ami » calcula-t-elle dans sa tête.

     - Pour réserver dans le restaurant favori de papa.

     - C’est gentil. Bon, je te laisse à ton travail. Au revoir.

     - Prends bien soin de toi et passe le bonjour à papa.

     Elle déposa lentement le combiné.

     Qu’allait-elle faire? Elle ne s’était pas imaginé que sa mère allait venir voir son copain fantôme. Pourquoi avoir peint le portrait précis de Kyle Stockwell alors qu’elle aurait pu portraiturer l’un des hommes de son équipe ? Des yeux gris et des cheveux blonds. Pourquoi ne pas lui avoir donné aussi son nom, se reprocha-t-elle.

     Elle ouvrit le réfrigérateur et sortit de la salade, du jambon, de la mayonnaise et du fromage pour se composer un sandwich.

     Si sa mère la voyait manger cela, elle en mourrait. La cuisine n’était pas son fort et l’idée d’essayer de préparer un véritable repas lui coupait l’appétit. Et de toute façon, elle n’avait jamais le temps.

     Assise sur le canapé, les pieds sur la table basse et l’assiette sur ses jambes, elle alluma la télé. A ses côtés, le dossier concernant la société Stockwell était ouvert, ce qui lui fit repenser à son problème.

     Où allait-elle trouver un homme aux yeux gris ? Kyle Stockwell ! Il ne fallait pas compter sur lui. Il sortait déjà avec plusieurs femmes à la fois. De vraies femmes ! C’était un Don Juan. Et puis quelle honte ! Non, elle devait rompre avec lui. Mais sa mère se douterait certainement de son mensonge ! Elle n’était pas si bête que cela.

     Elle s’était vraiment fourrée dans un guêpier pas possible.

http://www.eurosptp.com/page.php?name=labylka95 

 

 

 

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Commentaires (3)

1. Querri 23/11/2012

Hmmm... Ça l'air interressant
j'<3<3

2. Amanda1 08/02/2013

jusq là c 1teressant;voir la suite!

3. korkou (site web) 10/02/2013

pour l'instan ces intèrèsante je verai la suite,,,,,,,,,,,

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