Chapitre 13

Chapitre XIII

 

New York, mardi 27 avril 2010


     Nora et Jasmine parcoururent les derniers mètres qui les séparaient du club en traversant la route. Une foule de femmes était amassée en une queue impressionnante. Jasmine était suspendue encore à son téléphone, en pleine conversation avec l’amie qui devait les faire entrer.

     Nora était abasourdie par ce spectacle. Comment pouvait-elle payer pour ce genre d’endroit ? Etait-ce si divertissant de voir se tortiller de beaux mâles ?

     Elle avait failli appeler Jasmine pour se rétracter mais son honneur, sa parole était en jeu. Mais pourquoi avoir accepté ce rendez-vous ? Au fond d’elle, une voix l’incitait à se rendre ici. Avait-elle le droit de s’amuser comme toutes ces jeunes femmes ? Ne se ridiculiserait-elle pas ? Et puis, voir des mâles se rabaisser à se dévêtir auprès de la gent féminine n’était pas si humiliant, bien au contraire. Le pouvoir était dans leurs mains.

     Au lieu de faire la queue comme tout le monde, les deux jeunes femmes s’avancèrent vers la porte scintillante où une affiche proclamait la venue d’une célébrité mystérieuse.

     - Salut Clara ! s’exclama Jasmine qui venait de raccrocher avec celle-ci.

     - Tu ne m’as pas menti ! Merci d’être venue. Tu vas voir, ce sera superbe !

     - Je l’espère pour toi. Je te présente Nora, une amie.

     Nora avança d’emblée sa main droite afin de se soustraire à la bise fatidique.

     - Entrez et asseyez-vous près de la scène. Choisissez la place qui vous plaît.

     Dans cette salle lumineuse où le noir et le rose étaient les couleurs dominantes, certaines femmes assises papotaient vivement dans l’excitation de l’attente.

     Elles choisirent une table et commandèrent des boissons non alcoolisées. Jasmine, capable de fournir une conversation à elle toute seule, cherchait aussi à connaître cette femme tant redoutée des agents du F.B.I.

     En quelques minutes, la salle fut bondée, les lumières s’éteignirent sauf sur la scène. Une musique s’éleva à travers la salle entière.

     Un jeune homme vêtu en cow-boy fit son apparition pour exécuter son numéro. Plus il avançait vers elles, plus il envoyait ses vêtements valser sur le sol. Son chapeau, tout d’abord, puis sa chemise et d’un geste, son pantalon. Il était à présent au bord de la scène. Les femmes se levèrent au fur et à mesure et se regroupèrent autour de lui.

     Nora et Jasmine ne virent plus rien. Cette dernière prit la main de Nora de manière possessive afin de se frayer un chemin vers la scène. La même surprise se reflétait sur leur visage à la vue de la horde hystérique qui enfilait des billets dans le slip du stripteaseur et profitait ainsi pour le toucher.

     Son show fini, un autre homme tout aussi svelte et musclé le remplaça, habillé cette fois-ci en policier. Il reçut le même accueil de la part du public féminin qui redoubla d’attouchements pour les plusieurs autres effeuilleurs suivants vêtus en motard, en gentleman, en pompier, ...

     Nora avait rejoint sa table, seule, dès le premier striptease. Une fois suffisait et tout recommençait. Rien ne l’attirait dans ce genre de spectacle où se tortillaient tous ces hommes pour satisfaire l’envie de ses femmes. Jasmine regardait mais ne touchait pas, les bras croisés.

     Une voix off s’éleva.

     - Et voici le dernier dessert ! s’exclama-t-elle. Le moment que vous attendiez toutes est arrivé. Faites une ovation pour notre chère star mystère !

     Certaines se mirent à hurler, d’autres à siffler lorsque la musique débuta.

     Jasmine rejoignit la table au pas de course et encore une fois, attrapa la main de Nora pour l’entraîner vers le devant de la scène. Cette dernière, dès l’apparition du dessert, n’en croyait pas ses yeux. Une réplique exacte du play-boy masqué. Celui-ci, tout en s’avançant et en se tortillant sensuellement, projeta sa casquette vers une femme d’âge mûr, puis son T-shirt en direction d’une blonde pulpeuse. Son pantalon qu’il ôta d’un seul geste se retrouva à l’autre bout de la scène où une dizaine de femmes s’arrachait le bout de tissu qui finit par se déchirer en plusieurs morceaux. La cagoule cachait toujours son visage. Pour un peu, l’agent du F.B.I. serait monté sur scène pour le menotter tant la ressemblance était frappante. Mais n’importe quel homme svelte et musclé aurait bien pu passer pour le vrai justicier masqué. Ce fut au bord de la scène que la main se porta sur le quasi dernier rempart de sa peau. Evidemment, il n’allait pas enlever son string noir. Nora faillit éclater de rire en imaginant le vrai et l’unique play-boy masqué porter ce genre de sous-vêtement. Enfin, la cagoule disparut pour dévoiler le vrai visage du stripteaseur.

     Sa surprise du début n’était en rien comparable à celle de cet instant. L’homme... L’homme qui se tenait face à elle n’était autre que… Michaël, c’était sûr, il n’y avait que lui pour faire ça !

     Au moment où il finissait de l’enlever, leurs yeux se rencontrèrent et s’accrochèrent. Michaël, du moins le supposait-elle, fronça les sourcils. Puis son sourire s’élargit révélant des dents toujours aussi blanches et éclatantes.

     Sans qu’elle ne puisse le prévoir, deux bras la soulevèrent sans difficulté apparente et elle se retrouva sur la scène, avec lui qui n’arrêtait pas de danser près d’elle en la touchant sensuellement. D’après les cris hystériques d’envie et de jalousie, Nora sut qu’elle était privilégiée. Elle avait eu le temps de détailler la plastique de Michaël. Vraiment, il n’y avait rien à redire...

     Mais de quel droit cet empoté se permettait-il de l’enlever et de l’exposer en pleine scène. La colère l’emporta.

     - Mais qu’est-ce qui vous prend ! Je ne vous permets pas…

     - Pas de scandale, ici, fit-il doucement.

     - Je fais ce qu’il me plaît, répondit-elle moins fort mais avec des yeux de tueuse. Je ne savais pas que vous aviez trouvé un nouveau travail pour arrondir vos fins de mois.

     Le rire chaud de Michaël la mit encore plus hors d’elle.

     - Un petit billet en plus de votre part ira parfaitement, répliqua-t-il. Je n’ai pas de poche, mais une petite slipette.

     - A votre guise, fit-elle en continuant cet échange plus ou moins farfelu.

     Elle sortit un billet de dix dollars de la poche de sa veste et le glissa dans le mince fil du string. Sa main effleura une peau douce et chaude.

     - Mais quel genre de personnage êtes-vous réellement pour vous donner ainsi en spectacle ? N’avez-vous pas peur de ternir votre image de marque ? s’enquit-elle curieuse tout de même.

     Michaël haussa les épaules dans un geste langoureux.

     - Non, pas du tout. Cela sera bien la première et dernière fois que je monterai sur une scène de ce genre. Et vous, n’avez-vous pas peur qu’on sache que la dame de fer passe ses soirées dans un cabaret rempli de stripteaseurs ?

     - Ce n’est pas du tout ce que vous croyez !

     - Et que dois-je croire lorsque je vous vois ici et près de moi ? Est-ce réellement la première fois que vous venez ici, tout comme moi ? Mais cela serait vraiment une très très grosse coïncidence.

     - Et pourtant c’est la stricte vérité, se justifia-t-elle.

     - Mouais, Mouais…

     Un frisson intérieur la parcourut lorsque les mains de Michaël se posèrent sur ses hanches. La promiscuité devenait presque indécente quand il se rapprocha volontairement d’elle. Le visage masculin près du sien lui rappela le baiser de l’homme masqué.

     - Ne croyez pas que je suis comme toutes ces excitées, au contraire. Je suis venue accompagner la femme d’un de mes agents qui a été invitée pour voir une personne célèbre se tortiller dans tous les sens. Et vous ? Vous ne m’avez toujours pas répondu.

     - Je vous expliquerai après. Mon show est bientôt fini. Attendez-moi, le temps que je m’habille... Vous m’attendrez, n’est-ce pas ? s’enquit-il suavement.

     Nora enleva les mains de Michaël pressées contre ses hanches.

     - Je vous attendrais rien que pour savoir quelle excuse vous allez me donner.

     Libérée, Nora se retourna et sauta hors de la scène. Jasmine, les yeux écarquillés, paraissait abasourdie. Celle-ci lui emboîta le pas jusqu’à leur table ronde.

     La musique s’arrêta et les lumières revinrent. Un “Ô” collégial se fit entendre mais les spectatrices commencèrent à vider la salle, heureuses, tout de même.

     - Qu’attendons-nous ? demanda Jasmine qui remettait sa veste sans que Nora fasse un geste.

     Une personne, répondit-elle évasivement sans la regarder.

     Jasmine reprit place en face de Nora et la scruta.

     - Vous avez fait pâlir de jalousie toutes ces femmes. Parmi toutes les intéressées, c’est vous qu’il a prise avec lui.

     - Si on se tutoyait à présent, j’ai une sainte horreur de ce genre de politesse.

     - Je ne suis pas contre. Et en plus la façon dont il te regardait... De quoi avez-vous discuté ? On aurait dit de petites cachotteries entre amis.

     - Rien de spécial. Je lui ai demandé ce qu’il faisait là ?

     - Et je vais vous répondre.

     Les têtes de deux femmes pivotèrent vers Michaël. Nora fit les présentations.

     - Donc vous vous connaissez.

     - Parfaitement, déclara Michaël.

     - Alors, j’attends toujours, s’impatienta Nora en sortant du club.

     - J’y viens. Vous vous souvenez de ce que je vous avais dit sur ma timidité... Je suis d’une timidité maladive, expliqua-t-il à Jasmine. J’ai suivi plusieurs séances pour me désinhiber de ce souci quotidien. Ma dernière séance s’est achevée quelques jours auparavant. Le directeur de ce club, un de mes amis, a parié que je n’oserais pas me mettre quasi nu devant plusieurs femmes en furie. J’ai accepté sans la moindre hésitation car je déteste perdre un pari mais je voulais aussi lui prouver que mes séances de thérapie n’ont pas été vaines. Voilà, vous connaissez maintenant ce qui m’a motivé à me tortiller devant vous.

     - Alors, qu’avez-vous ressenti ? interrogea Jasmine.

     - Le trac au début puis plus rien. Tout d’abord la musique entrait en moi et c’est comme si je dansais pour moi et là, j’ai remarqué Nora et vous savez la suite.

     - Vous les avez tous éclipsés alors que vous n’avez aucune expérience... A moins que... Non. Tu es d’accord avec moi, Nora ?

     Faut pas exagérer, ils étaient meilleurs…

     Nora s’arrêta soudain. Michaël croirait qu’elle avait regardé tous ces mâles se pavaner.

     Mais cette affirmation n’était autre qu’un mensonge. Bien sûr qu’il les avait tous éclipsés en un rien de temps et sans le moindre effort. Mais elle ne lui avouerait sous aucune torture...

     - Bon, c’est là que nos chemins se séparent, déclara Nora.

     Nora lui tendit la main et rentra dans sa Luciano en compagnie de Jasmine. Dans le rétroviseur, elle le vit lever la main en guise de salut.

     - Qu’est-il pour toi ? questionna Jasmine.

     - Un ancien client... Pendant que James travaillait sur une autre affaire, je cherchais un misérable détourneur de fonds dans la société Stockwell...

     - J’ai rencontré... Un milliardaire. Sa tête me disait bien quelque chose sans pour autant savoir qui c’était.

     - C’est ça.

     - Tu es sûre qu’il n’y a rien entre vous ?

     - Je te l’ai déjà dit. Je ne veux surtout pas m’encombrer d’un homme.

     Puis la conversation dévia sur d’autres sujets grâce à l’habileté de Nora qui voulait savoir si elles avaient des points communs. Elles se rendirent compte qu’elles avaient quasiment les mêmes goûts pour la musique et les films... Mais surtout les vieux films.

     Nora déposa Jasmine chez elle avant de rentrer.

 ♥ ♥ 

     Le justicier masqué attendait depuis une bonne dizaine de minutes l’arrivée de Nora. Il savait qu’elle ne s’était pas encore couchée puisque sa voiture n’était pas en bas de l’immeuble ni dans le parking souterrain. Il avait le sentiment que Nora se doutait de sa visite ce soir car la porte-fenêtre donnant sur la salle à manger était légèrement entrouverte. Il s’était donc permis de rentrer et de s’installer confortablement sur le canapé en cuir.

     Que faisait-elle ? Etait-elle en train de s’amuser ou était-elle en service ? Ce boulot d’agent fédéral pourrait lui faire perdre la vie. Et cela il ne le voulait pas. Elle comptait vraiment beaucoup pour lui et ce, depuis qu’il l’avait vue la première fois.

     Il l’avait tout d’abord admirée. Elle était apparue à quelques mètres de lui. Elle portait un jogging mais il avait deviné le corps splendide en dessous. Elle menait ses hommes avec dextérité et ces derniers respectèrent ses ordres sans rechigner. Le plus troublant était qu’elle avait su qu’il se trouvait non loin d’eux. Alors qu’il était parfaitement caché à l’ombre d’un mur, elle s’était retournée d’un bloc et l’avait fixé. Puis elle s’était approchée en sortant son arme. Ensuite, il s’était mis à courir, et elle aussi sans hésiter. Alors qu’il avait escaladé de hauts grillages, il s’était dit que s’en était fini avec elle, bien au contraire, elle en faisait autant. Là où il avait pu la semer, ce fut en grimpant sur un escalier d’un des murs du bâtiment et en passant d’une maison à une autre à l’aide d’une planche qu’il avait enlevée par la suite pour l’empêcher de le poursuivre. Se retrouvant à une distance assez minime, assez loin cependant, pour ne pas sauter sans se faire mal, ils s’étaient regardés et il avait cru discerner un léger sourire. Il s’était demandé ce que cela voulait bien pouvoir dire, et si cela avait était un jeu pour elle.

     Un bruit de clé le fit se redresser du canapé. L’instant d’après, Nora rentra dans la pièce et alluma au passage la lumière. Le justicier ne vit aucune surprise sur son joli minois. Elle le salua d’un signe de la main et s’assit sur le fauteuil, face à lui.

     Sans qu’il puisse lui avouer le but de sa visite, elle lui relata son entretien avec Gallagher.

     - Vous pouvez toujours vous retirer de cette affaire, dit-il.

     - Je déteste reculer.

     - Je m’inquiète pour votre vie.

     - Je vous assure qu’il ne m’arrivera rien... car je tiens à mon équipe.

     Une sensation étrange lui parcourut l’échine en disant cela. Une sorte de sueur froide comme si elle allait perdre quelqu’un. Etait-il arrivé quelque chose à l’un d’eux ? Le nom de Matthew s’imposa subitement à son esprit. Ce ne pouvait pourtant pas être lui puisqu’il était en train de dormir. Et s’il était sorti ?

     Nora quitta le salon et se dirigea au pas de course dans la chambre de Matthew... Il n’y était là. Elle aperçut une feuille blanche pliée en deux sur le lit. A l’intérieur, une écriture maladroite.

     Matthew écrivait donc qu’il ne voulait plus rester ici car il pensait qu’elle l’avait hébergé par pitié. Et de la pitié, il n’en voulait pas.

     Comment avait-il pu croire cela d’elle ? Elle n’éprouvait aucune pitié à son égard. Elle n’avait aucune idée de l’endroit où il pouvait se trouver actuellement. Plus le temps passait, plus son angoisse augmentait.

     - Il faut que je le retrouve, coûte que coûte, pensa-t-elle à voix haute.

     - Avez-vous une idée de l’endroit où il a pu se réfugier ?

     Nora sursauta légèrement en entendant cette voix si proche de son oreille. Elle ne l’avait pas vu rentrer dans la chambre et il avait lu la missive par-dessus son épaule.

     - Non... Peut-être. Il doit être retourné à l’entrepôt.

     - Lequel ? Il y en a deux où plus personne n’y a mis les pieds. Si on se séparait pour...

     - Ce ne sera pas nécessaire, je parie pour le plus proche. Il faut faire vite car il est en danger.

     - Que voulez-vous qu’il lui arrive ?

     - Je ne sais pas mais tout peut se produire. Peut-être que les mecs de Gallagher y seront. Ne me demandez pas comment je sais cela, répliqua-t-elle en prenant activement les clés sur la table de la salle à manger, car j’ai une très bonne intuition. Vous m’accompagnez ?

     - Bien sûr ! Vous aurez besoin probablement d’une main secourable.

     Une fois au volant, Nora partit en trombe dès que le justicier masqué fut installé. En un temps record, ils se retrouvèrent devant l’entrepôt.

     Ils décidèrent de se séparer et Nora choisit de prendre l’entrée.

     Bien que cette usine désaffectée n’indiquât nulle présence, Nora sentit tout de même de l’électricité dans l’air. Jamais son instinct ne l’avait induite en erreur. Elle se faufila précautionneusement dans chaque pièce, arme en main, à la recherche de Matthew.

     Derrière une des nombreuses portes succédant à plusieurs autres, elle ressentit une forte intensité. Elle avait touché au but. Elle l’ouvrit à grands volets et se planta en position de tir, les jambes légèrement écartées. Un seul coup d’œil lui suffit pour embrasser la scène. Matthew était attaché à une chaise, un bâillon sur la bouche. Un homme assis à une très faible distance du jeune garçon tressaillit lorsque la porte vint frapper le mur. Il allait enlever le cran de son holster pour saisir son arme.

     - Ne bougez plus ou je vous abats... Enlevez votre holster... Doucement ! s’exclama Nora. Voilà. Jetez-le vers moi.

     L’homme d’une trentaine d’années obéit. L’arme et l’holster s’arrêtèrent devant les pieds de Nora.

     - Maintenant, détachez-le, ordonna-t-elle en indiquant Matthew du menton.

     Il se leva et s’apprêtait à délier les liens de Matthew quand il suspendit son geste, un sourire aux lèvres.

     - Allez, dépêchez-vous !

     Mais l’homme ne bougea pas d’un pouce. Et Matthew semblait vouloir s’exprimer. Elle comprit enfin, cependant il était trop tard. Elle sentit le canon d’un pistolet dans son dos.

     On lui pria de poser sans brusquerie son arme.

     Pourquoi n’avait-elle pas senti sa présence ? Avait-elle perdu tout à coup son instinct ? Ou bien une peur panique de perdre l’adolescent lui avait enlevé tout sens ?

     - Attention à toi, Bruce ! cria l’homme aux côtés de Matthew.

     Alors que Bruce se retourna, Nora profita de cette erreur pour plonger au sol et récupérer son arme.

     L’homme qui avait prévenu son copain se jeta lui aussi par terre pour l’en empêcher. Nora attrapa son arme mais celle-ci fut balancée loin d’elle car un fort coup de main lui avait fait lâcher prise. Elle se releva d’un bond. Elle jeta un coup d’œil derrière elle et vit l’autre personnage se battre avec le play-boy masqué.

     Lorsqu’elle fit volte-face, l’autre homme avait un rictus aux lèvres. Il était plus grand et plus robuste qu’elle.

     - Tu ne vaux plus rien sans ton arme ! beugla-t-il.

     - C’est ce que tu crois petit, répliqua Nora. Approche... Tu as peur !

     Pour lui démontrer le contraire, il s’avança. Elle voulut lui donner un coup de pied à la tête cependant, ayant prévu ce geste, il s’en empara.

     - Merci, petit.

     Sans qu’il ait compris, elle s’aida de ses mains comme appui et pivota en lui envoyant son autre pied sur le visage. Il la lâcha et Nora atterrit sur ses deux pieds tandis que son adversaire se retrouva au sol. Elle reprit son arme et le mit en joue. Elle savait pertinemment, sans même un regard dans sa direction, que le play-boy masqué avait eu le dessus et qu’il avait détaché Matthew.

     Elle attacha son vis-à-vis au radiateur et l’autre énergumène fut ligoté par le play-boy masqué, comme l’avait été Matthew. Elle n’allait tout de même pas s’encombrer de ces deux malfaiteurs. Elle appellerait la police de sa voiture.

     Matthew se précipita vers elle et encercla ses bras autour de sa taille.

     - J’ai eu si peur...

     - Moi aussi, tu peux en être sûr. Je me suis fait un sang d’encre. Comment as-tu pu partir ainsi ?

     Matthew releva la tête et s’écarta d’elle.

     - Je ne veux pas de ta pitié.

     - Si tu me connaissais mieux, tu saurais que je n’éprouve aucune pitié à ton égard. Tu es comme… comme un petit frère.

     C’était dit. Elle avait enfin prononcé les mots qui la taraudaient depuis un certain temps.

     - C’est vrai ?

     Nora acquiesça de la tête n’osant plus rien ajouter. A trop s’épancher, elle risquait un jour de se mordre les doigts.

     Les larmes de Matthew coulèrent et il se jeta à son cou. Nora l’encercla de ses bras avec hésitation.

     - Ce… Ce n’est pas le moment des effusions... Il faudrait remercier notre sauveur.

     Cependant, à part les deux bandits et eux, il n’y avait personne. Le justicier masqué s’était éclipsé. En sortant de l’entrepôt, Nora sut à présent que son instinct ne lui avait pas fait faux bond car au fond, elle avait la certitude que le play-boy masqué allait lui être d’un grand secours.

     - A la maison… notre maison, petit frère, finit-elle par dire.

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Commentaires (1)

1. Lalaina 19/11/2012

J'aime bcp, j'attends la suite avec impatience...

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