Chapitre 22

Chapitre XXII 


 New York, samedi 22 novembre 2010

 

     Nora se réveilla sans que l’homme masqué soit à ses côtés. Elle s’assit sur le lit et se gronda intérieurement de s’être ainsi laisser-aller devant lui, de s’être montrée faible tout en se promettant de ne plus recommencer devant quiconque.

     Elle décida de se lever et de ne plus penser à Kyle. Aucun homme n’en valait la peine. Plus jamais on l’y reprendra à s’amouracher. Elle poussa la porte de la salle de bains et s’immobilisa au seuil. L’eau coulait déjà. Des vêtements noirs pliés sur une chaise ainsi qu’une paire de baskets posée près de celle-ci appartenaient au justicier masqué qui prenait une douche. Le rideau de douche blanc faisait office de mur et l’ombre de l’homme masqué s’y reflétait.

     Une idée saugrenue germa dans son esprit : repousser le rideau pour le démasquer...

     Non ! Elle ne pouvait pas se comporter de la sorte. La situation était affreusement gênante. La porte entrouverte témoignait de sa confiance en elle. Réagir de la sorte ne lui apporterait rien. D’autres occasions se présenteraient pour connaître un jour son identité.

     Ses pieds firent un mouvement de volte-face et elle referma soigneusement derrière elle. Deux coups légers lui parvinrent de la porte d’entrée. Hésitante à ouvrir à cause de Kyle, elle songea que cela devait être immanquablement un groom qui devait ramener le petit déjeuner que le play-boy masqué avait sans doute commandé.

     Mais son instinct premier était le bon.

     - Bonjour, Nora.

     - Kyle, répondit-elle le plus froidement possible avec un manque d’entrain flagrant.

     - Je désirerais te parler.

     - On s’est tout dit hier soir. Je te prierais de ne pas te justifier, sors de ma vie et ne reviens plus.

     - Tu ne parles pas sérieusement. Laisse-moi rentrer que je te dise la vérité avant que ce jeu n’aille plus loin, je t’en prie…

     - Ce n’est qu’un jeu ! Tu es atroce, si j’avais su, je ne t’aurais pas ouvert. T’inquiète pas, je pourrais vivre encore sans toi. Tout ce que j’espère c’est que tu ne lui feras pas la même chose à Jennyfer.

     Sur ces derniers mots, Nora referma la porte tranquillement. Kyle qui n’avait apparemment pas fini, frappa plusieurs fois.

     - Ne m’importune plus.

     - Nora, je...

     - S’il te plaît, pars !

     - C’est vraiment important que tu saches certaines choses.

     - Kyle, si tu ne pars pas, je te ferais arrêter. N’oublie pas que je fais partie du F.B.I.

     Elle entendit finalement ses pas s’éloigner au bout de quelques minutes.

     Elle resta appuyée contre la porte. Elle l’oublierait. Oui, elle oublierait ses mots, ses sourires, ses regards tendres et joyeux. Elle oublierait le premier soir où elle lui avait donné rendez-vous, son attente devant le téléphone pour entendre sa voix.

     Des larmes faillirent inonder ses yeux mais la présence du play-boy masqué arrêta net cette effusion de tristesse. Ses yeux se fermèrent pour reprendre un peu de poil de la bête. La Nora d’avant sa rencontre avec Kyle devait réapparaître. Plus de sentiments, plus de joie...

     L’homme masqué choisit ce moment de vulnérabilité pour entrer dans la pièce tout en lui souhaitant un bonjour très gai. Sa manière de lui faire comprendre qu’il ne lui parlera pas de la veille.

     - Pendant que vous dormiez, je me suis permis de prendre une douche... Il me semblait avoir entendu des voix.

     - C’était l’un de mes coéquipiers, mentit-elle. Voulez-vous que je commande le petit déjeuner ?

     - Allez-vous rafraîchir, je m’occupe de tout cela.

     Nora lui en fut reconnaissante. Pas seulement pour cela. Il s’était abstenu de lui poser des questions indiscrètes sur ce qui lui était arrivé hier.

     Il ne lui restait que le play-boy masqué. Michaël et Kyle s’étaient détournés d’elle. Elle ne s’était jamais vraiment posé de questions au sujet de l’homme masqué. Était-il marié ou peut-être fiancé ? Avait-il de la famille, des amis ?

     Rien qu’en se montrant, l’homme masqué avait le don de tout lui faire oublier... Du moins presque. A peine l’avait-elle vu qu’elle ne voulait plus pleurer pour cet amour perdu.

     Soudain, elle devint grave. Son amour pour Kyle semblait se reporter vers l’homme masqué. Non, non et non. Plus jamais !

     Elle ferma le robinet d’eau chaude pour se soumettre qu’à l’eau glaciale qui lui enleva instantanément ces pensées moroses.

     Tout à fait revigorée, elle se sentait redevenir celle d’avant la rencontre des Stockwell. Après s’être changée et attaché les cheveux en queue de cheval, elle rejoignit l’homme masqué dans le salon qui l’attendait pour prendre le petit déjeuner.

     Il était assis avec nonchalance, les jambes tendues. Cette position mit tous les sens de Nora en émoi mais elle n’en laissa rien paraître. Et avoir été rejetée par Kyle contribua à cela. Elle prit place sur un fauteuil le plus loin possible de lui. Ce dernier pressentait un changement.

     Elle prit une tasse et se servit du café noir.

     - Quand allez-vous arrêter ces deux meurtriers ? s’enquit-il pour détendre l’atmosphère.

     - Cette après-midi, répondit-elle.

♥ ♥ 

     Armés, Nora, James et Éric se tenaient à côté de la porte de l’appartement des deux suspects.

     Oppressée par l’enjeu de cette intervention, Nora ferma les paupières. Le but tant espéré était à portée de leur main. Tout ce qu’ils avaient entrepris n’arrivait pas en vain. La sortie d’un tunnel noir qu’il ne voyait guère avant.

     Elle inspira profondément et ouvrit les yeux.

     - Prêts ? demanda-t-elle dans un chuchotement.

     D’un signe de tête de ses coéquipiers, sa main gauche frappa le bois très fin de la porte. Une voix féminine s’éleva à l’intérieur.

     - Qui est-ce ?

     - F.B.I. ! cria-t-elle. Ouvrez !

     Ils entendirent des voix puis un objet se briser au sol. Ils furent donc dans l’obligation de défoncer la porte. Cette tâche fut reléguée au plus costaud des trois qui n’était autre que l’imposant James.

     Une femme à demi nue se tenait à genoux devant une table basse vitrée et essayait en vain de ramasser une poudre blanche. James et Éric se précipitèrent dans les autres pièces sans se soucier de la logeuse. Nora, quant à elle, se dirigea vers la fenêtre ouverte. Elle aperçut l’un des deux hommes tant recherchés qui montait les escaliers menant à la terrasse du bâtiment. Avertissant James et Éric de sa découverte, elle leur demanda de prendre l’escalier intérieur tandis qu’elle-même se précipitait au-dehors pour grimper à la suite du fuyard. L’homme, pressé de prendre ses jambes à son cou, était d’une maladresse incroyable. Elle reprit donc son retard sur lui.

     Ne trouvant aucune issue, il décida de passer par la porte. Lorsqu’il l’ouvrit, James et Éric l’attendaient. Il voulut la refermer sur eux mais Éric l’en empêcha en intercalant son pied. Il allait de nouveau s’enfuir mais James tel un félin fendit sur lui et le plaqua face contre terre. Toujours ce réflexe de footballeur américain. Il lui passa les menottes et récita ses droits.

     - … tout ce que vous direz par la suite sera retenu contre vous et je pense que tu connais le reste sur les avocats, dit James.

     D’une seule main, James entreprit de relever le meurtrier. Éric prit l’initiative d’interroger le suspect :

     - Où est ton copain ?

     L’homme essuya d’un revers de la main le sang qui coulait de sa lèvre inférieure fendue sous la brutalité de l’assaut.

     Comme il ne répondait pas à la question posée, James le secoua comme un vulgaire prunier.

     - Bon, maintenant tu vas te mettre à table et tout de suite ! gronda James. Sinon...

     Il lui montra sa main et d’une pression fit craquer ses doigts.

     Cette démonstration lui délia la langue.

     - Je ne sais...

     Il s’interrompit en voyant l’air féroce des trois visages l’entourant. Néanmoins, le plus grand suffisait à le faire flipper. Ses mains gigantesques lui faisaient penser à ceux de Seyes. Il n’eut aucune peine à imaginer la force du type.

     - Il m’a dit qu’il avait des courses à faire. Je ne sais rien de plus, je vous jure.

     - Quand reviendra-t-il ? interrogea Éric.

     - Bientôt, je crois. Ça fait longtemps qu’il est parti.

     James le fit avancer en le poussant légèrement vers la porte. Lorsqu’ils descendirent, des voisins curieux se tenaient devant ou à demi dissimulées derrière leurs portes entrebâillées. Et lorsque les agents furent dehors avec leur prisonnier, de nombreuses têtes se présentaient aux fenêtres pour épier leurs moindres mouvements.

     Les trois agents fédéraux stoppèrent net. Devant eux se déroulait une scène que Nora n’avait pas prévue. Gabriel était maintenu en joue par un inconnu. Placé derrière lui, l’individu avait une arme pointée sur la tempe de leur coéquipier. Garrett et Shawn étaient en position de tir et le justicier masqué, quant à lui, restait impuissant.

     - Qui est le patron ? aboya l’énergumène à leur intention.

     Nora avança d’un pas.

     - C’est moi !

     - Faisons un marché.

     - Pourquoi cela ?

     - Je peux buter votre homme.

     - Faites-le et je vous assure que vous le regretteriez ou peut-être pas car vous n’auriez pas le temps de penser puisque vous serez abattu comme un chien.

     L’homme rapprocha l’arme jusqu’à toucher la peau de Gabriel.

     - De toute manière, je n’ai rien à perdre puisque je risque la prison à perpétuité.

     Nora sentit dans sa voix le franc-parler de la déraison. Elle savait qu’à ce moment Gabriel risquait sa vie.

     - Qui me dit que vous le relâcherez une fois à l’abri ?

     - Je jure qu’une fois en sécurité, je le laisserais !

     Nora ordonna à Éric d’ôter les menottes à leur prisonnier.

     Sans les regarder, elle savait qu’il n’avait pas bougé.

     - Fais ce que je dis Chapman !

     Enfin, elle entendit le déclic métallique des bracelets.

     - Va rejoindre ton copain avant que je ne change d’avis.

     Prenant tout son temps, pour montrer certainement qu’ils étaient les maîtres de la situation, l’homme se dirigea vers son ami. Une fois à sa hauteur, ils marchèrent à reculons entraînant Gabriel qui n’eut pas d’autre choix que de les suivre.

     Ils s’arrêtèrent devant une voiture de sport luxueuse qu’avait probablement volée l’un d’eux. Celui qui venait d’être relâché rentra à l’intérieur et ouvrit la portière à son compagnon. Ce dernier repoussa son otage et tira au hasard.

     Gabriel sentit une brûlure parcourir son dos. Tout devint flou. Avant de fermer les yeux, il eut le temps d’apercevoir plusieurs têtes de son équipe se pencher sur lui.

     Nora s’était précipitée vers lui. Ne perdant pas son froid, elle appela une ambulance.

     Gabriel perdait beaucoup de sang. Elle tira un mouchoir de sa poche et le plaqua sur la blessure. Elle prit la main de James et la posa dessus.

     - Tu restes ici ! ordonna-t-elle.

     - Vous autres, vous me suivez !

     Nora n’attendit pas ses coéquipiers et courut vers l’une des deux voitures de location. La portière côté passager s’ouvrit sur le justicier masqué qui monta à son tour. Nora ne lui posa aucune question quant à sa présence sur les lieux et démarra sans tarder.

     Elle vit la voiture au loin filer à une vitesse fulgurante. Non loin d’elle, ses coéquipiers l’avaient suivie. Dans l’habitacle, personne ne disait mot, chacun était dans ses pensées. Nora se demandait si Gabriel allait s’en sortir. Elle aurait dû le prévoir !

     Elle frappa un coup sec sur le volant et accéléra.

     Le justicier masqué la regarda.

     Il savait qu’elle était en colère contre elle-même. Elle n’avait pas pu maîtriser la situation et surtout pas prévu ce qui allait se passer. Pourtant, elle avait fait le bon choix car elle avait épargné à cet homme un coup mortel.

     Sa mâchoire était crispée et ses yeux devenus noirs étaient rivés sur la voiture à présent devant eux.

     Les ayant manifestement aperçus, ils se mirent à accélérer de plus belle.

     Une goutte d’eau vint s’écraser sur le pare-brise puis plusieurs autres suivirent. Les nuages obscurcissaient rapidement le ciel bleu. Le temps semblait se calquer sur leur humeur.

     Plus ils roulaient, plus la pluie s’accentuait. Nora n’avait quasiment aucune visibilité. Pourtant, elle s’efforçait de coller aux fugitifs. Pour Gabriel…

     Dehors, l’orage éclata. Les éclairs zébrèrent le ciel.

     Nora entendit un “pouf ”. Elle savait que c’était sa voiture. Malgré elle, elle dut se résoudre à se rabattre sur le bas-côté. Effectivement, la roue arrière de la voiture avait crevé pour une raison qu’elle ne se l’expliquait pas.

     Éric passa devant eux sans s’arrêter car il savait pertinemment que Nora voulait absolument ne pas les laisser s’échapper.

     Sans perdre un instant, elle se mit au milieu de la rue quasi déserte et arrêta une camionnette bleu métallisé. Elle présenta sa carte d’agent fédéral mais l’homme ne voulait pas lui céder sa place. Elle l’attrapa par le col de son blouson et l’éjecta sans ménagement dehors sous la pluie battante.

     - Votre voiture sera restituée ma mission terminée ! hurla-t-elle à son intention.

     Dans le rétroviseur, elle vit l’homme se relever. Il stoppa une voiture et s’adressa aux occupants en les montrant du doigt.

     - Vous n’y êtes pas allée doucement avec ce malheureux, commenta le justicier.

     Ce qui surprit Nora fut la rapidité à laquelle cette camionnette se déplaçait. On aurait pu croire que le moteur n’était autre qu’une Luciano. Elle avait l’impression de conduire sa propre voiture de sport. De plus, contrairement aux voitures anglaises, le volant se trouvait à gauche. Tant mieux, elle allait pouvoir les rattraper.

     - On vous klaxonne, dit l’homme masqué en lui touchant le bras.

     Le temps que ça lui monte au cerveau, elle comprit. Son regard se porta vers la droite, côté passager. L’autre voiture la dépassait par la droite. Tout était inversé côté circulation en Angleterre. Elle vit à travers la vitre, le visage stupéfait de l’occupant.

     Que faisaient là Antony, Dean, Christelle et Nadia ? Antony gesticulait pour lui faire comprendre quelque chose.

     Une voix féminine s’éleva dans l’habitacle de la camionnette.

     - Pourriez-vous aller moins vite Dick... Mais qui êtes-vous et où est Dick ? demanda-t-elle.

     D’où provenait-elle ? Nora jeta un coup d’œil furtif vers l’arrière et remarqua une porte ouverte permettant l’accès entre l’avant et l’arrière.

     - F.B.I., nous poursuivons des suspects.

     Nora reporta son attention devant elle puis jeta un œil au rétroviseur et s’aperçut que la jeune femme blonde était la fameuse styliste Vinitha Marlon.

     - Désolée, mademoiselle... J’ai envie de m’arrêter pour vous déposer car on ne sait ce qui peut nous arriver mais je ne peux pas.

     - Comment osez-vous... J’ai un défilé de mode à présenter !

     - Et moi je dois filer des meurtriers. Tant pis, cela se fera sans vous.

     - Calmez-vous, mademoiselle, intervint l’homme masqué. Vous ne me connaissez pas mais les meurtriers en question sont la preuve irréfutable que je n’ai commis aucun meurtre.

     Nora ne sut si ce fut la voix charmeuse ou bien cette explication qui fit changer la réaction de la blonde car elle ne dit plus un mot.

     L’homme masqué aperçut une tache noire à l’horizon et avertit sa voisine qui avait dû s’en rendre compte avant lui. Quant à Vinitha, loin d’être intéressée pour le moment par ce qui les préoccupait tant, elle retourna à l’arrière de la camionnette en refermant rageusement la porte.

     Peu à peu, ils se rapprochèrent des fuyards et de son équipe. Vraiment, Nora appréciait sa nouvelle trouvaille.

     A présent, ils avaient quitté la ville pour la campagne. La nuit commençait déjà à tomber. Et la pluie qui redoublait !

     Une manœuvre de dépassement lui permit de se mettre au même niveau que ses coéquipiers puis à prendre la tête juste non loin de la première voiture.

 ♥ ♥ 

     Éric haussa un seul sourcil en reconnaissant sa patronne dans l’immense camionnette. Une voiture de sport contenant quatre passagers à bord les doubla également. Son pied était pourtant à fond sur l’accélérateur pourtant. Les suspects eux avaient dû rire en s’apercevant qu’ils ne les rattraperaient pas.

     Mais un sourire naquit sur ses lèvres. Leur ricanement avait dû s’estomper en voyant la camionnette.

     Ils furent presque semés mais Éric continua tout de même au cas où Nora aurait besoin de leur aide.

     Tout d’un coup, une lumière les aveugla. Son pied écrasa le frein. Les pneus crispèrent et la voiture s’immobilisa. Après un moment de stupéfaction, Éric tourna la clé de contact mais rien n’y fit pour démarrer la voiture. Plusieurs essais non concluants se succédèrent.

     La pluie avait soudain cessé.

     Les trois agents fédéraux virent à quelques mètres d’eux, la voiture des prévenus. Sortant très vite de leur voiture, ils se précipitèrent vers eux, apparemment trop occupés à mettre le moteur en marche sans grand succès. Les fugitifs ne les virent pas s’approcher. Erreur monumentale qui allait leur coûter la liberté.

     Les bandits sursautèrent de frayeur lorsque les portes s’ouvrirent à grandes volées.

     Le type laissa échapper son arme qui tomba au sol. Il voulut le reprendre mais James l’en empêcha en le sortant dehors. En dépit des gestes de défense des deux hommes, ils n’eurent aucun mal à les menotter.

     - On vous arrête pour meurtre et délit de fuite, déclara Shawn en leur récitant ensuite leurs droits.

     Éric observa les alentours. Aucune trace de la camionnette. Nora n’avait tout de même pas pu les rater !

     Il sortit son téléphone, appela Nora mais tomba sur le répondeur.

     Il prit donc la décision de rentrer. Ils conduiraient les prisonniers à la police pour les mettre au frais jusqu’à l’arrivée de Nora.

     Garrett ne comprenait pas du tout pourquoi Nora n’était pas là. Était-elle tant pressée de les arrêter qu’elle avait décidé de ne pas freiner ? Cela était vraisemblable. Par moment elle avait ce dicton : ça passe ou ça casse !

     Il poussa un des acolytes pour le faire marcher en se tenant derrière lui.

 ♥ ♥ 

     Shawn était assis sur un fauteuil dans le hall de l’hôtel et ne perdait rien des allées et venues. Dans moins de dix minutes, Éric prendrait la relève pour surveiller l’arrivée de leur patron, qui après deux heures d’absence n’était toujours pas là.

     Il surprit par moment le sourire contraint des grooms à leurs clients. Une femme corpulente, un caniche dans les bras, s’avançait vers la réception. Il ne voyait pratiquement aucune différence entre son chien et elle. Elle lui avait fait confectionner une sorte d’habit de la même couleur criarde que son tailleur rose et les cheveux de la femme étaient aussi bouclés et blonds que ceux de son caniche.

     Il reporta son attention vers l’entrée d’où venait d’apparaître James.

     Il quitta son siège et partit à sa rencontre.

     - Alors, comment va Gabriel ?

     - Il y a eu plus de peur que de mal. Ils lui ont extrait la balle. Encore quelques millimètres plus haut et nous le perdions.

     Shawn soupira. Gabriel l’avait échappé belle.

     - Vous les avez arrêtés ? s’enquit James.

     - Oui, ils sont chez les flics mais...

     - Mais ?

     - On ne sait pas où est passé le patron.

     - Comment ça ?

     - Elle a disparu.

     - Son portable…

     - Est sur répondeur. Plus aucune batterie certainement. J’espère qu’à la vitesse où elle roulait, ils n’ont pas eu d’accident…

     Shawn passa sa main sur ses cheveux.

     - Viens, dit James, cela ne sert à rien de l’attendre. On va lui laisser un message aussi bien sur son répondeur qu’à l’écrit.

     Ils se retrouvèrent tous dans la chambre de Gabriel. James utilisa son téléphone et laissa un message vocal et un texto.

     Mais rien ne leur parvint de toute la soirée, ni le lendemain. Et là, les quatre garçons commencèrent sérieusement à s’inquiéter.

http://www.eurosptp.com/page.php?name=labylka95 

 

 

 

Régie publicitaire Pubdirecte
Votre site en popunder ici

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site