Chapitre 10

Chapitre X

 

Minnesota (Etats-Unis), le mardi 22 Avril 2008

     Deux jours après son retour du Brésil, Christelle prit la grosse cylindrée que ses parents lui avaient offerte pour ses vingt-trois ans. Elle avait reçu un appel de la mère d’Anthony. Celle-ci l’invitait à lui rendre visite à « Stenton Court ».

    Elle roulait maintenant à plus de cent vingt kilomètres-heure sachant par cœur la route. Tout défilait à grande vitesse devant ses yeux. Elle ouvrit la visière de son casque et le vent fouetta d’un coup son visage brutalement, ce qui la stupéfiait toujours énormément. C’était tellement bon de sentir le vent sur son visage et d’entendre le ronronnement de la moto.

    Ce fut Allan qui ouvrit la porte lorsqu’elle arriva devant l’entrée.

    - Bonjour, Miss Gordon ! s’exclama-t-il.

    - Bonjour, Allan.

    - Entrez, mais Anthony n’est pas là, dit-il ennuyé.

    - Ce n’est pas grave, je suis venue voir sa mère, répondit-elle très déçue.

    - Suivez-moi, elle est dans le salon.

    Il l’introduit et s’éclipsa aussitôt après l’avoir annoncée. Maria était assise sur son fauteuil. Vêtue d’une robe noire, elle était éblouissante. Elle posa son journal sur la table basse en verre et lui tendit les deux mains.

    - Bonjour, ma chère enfant, comment allez-vous ?

    - Très bien merci. Et vous, vous êtes resplendissante !

    Christelle lui fit la bise.

    - J’ai rapporté le maillot de bain.

    - Ce n’était pas pressé. Anthony n’est pas là et je ne sais pas quand il rentrera.

    - C’est ce que m’a annoncé Allan.

    - Souhaitez-vous boire du thé ? proposa Maria.

    - Très volontiers.

    La mère d’Anthony tira sur le cordon, Allan vint tout de suite et Maria fit part de ce qu’elle souhaitait.

    Ce salon était magnifique. Une cheminée en pierre était à sa droite et au-dessus de celle-ci se trouvait une peinture représentant le visage rayonnant d’Antony. Ses yeux vert émeraude exprimaient une lueur victorieuse.

    Christelle s’approcha de plus en plus de cette toile. Les yeux semblaient la détailler. L’auteur du portrait devait être un maître dans l’art pour rendre une œuvre aussi vivante. Mais une chose la chiffonnait. Anthony était vêtu comme à l’époque du Moyen Age.

    - C’est un de nos ancêtres, fit Maria.

    - Ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau. C’est stupéfiant !

    Allan rentra avec un plateau composé de thé et des sablés. Il leur servit et fit un clin d’œil à Christelle avant de sortir. Tout en buvant toutes les deux leur thé, la mère d’Anthony lui conta les histoires des ancêtres de son mari dont les portraits ornaient les murs. Une histoire d’amour, qui s’était déroulée au onzième siècle, la retint particulièrement en haleine.

    Durant tout ce récit, Christelle avait eu une sensation de déjà vu. Cette histoire, qu’elle ne connaissait pas, lui était si familière.

    - Et si je vous faisais visiter la propriété ? proposa la mère d’Anthony.

    - Pourquoi pas.

    Au moment où elles se levèrent, Anthony et Dominika entrèrent dans le salon. Anthony qui était en pleine discussion, s’arrêta net et le sourire que Christelle aimait tant se dessina sur ses lèvres.

    - Bonjour Christelle !

    - Bonjour.

    - Vous vouliez me parler, je suppose ?

    - Non. Je suis venue voir votre maman.

    - J’allais justement lui montrer la propriété mais comme tu es là, tu pourrais le faire à ma place.

    - Si tu veux. Allons-y tout de suite !

    Dominika allait les suivre lorsque la voix tranchante de Maria s’éleva dans la pièce.

    - Dominika, vous restez avec moi car vous avez déjà vu la propriété dans sa totalité.

    - Mais...

    - En plus, vous me tiendrez compagnie ma fille.

    Dominika, remplie de désespoir, regarda Anthony, mais celui-ci n’avait d’yeux que pour Christelle qui fixait Allan à l’embrasure de la porte. Ce dernier répliqua à l’attention de Dominika :

    - Je vous tiendrais également compagnie ma mie.

    - Allez-y mes enfants ! s’exclama Maria avec un large sourire.

    La demeure était beaucoup plus grande que ce qu’elle avait imaginé. Elle contenait un salon, une salle à manger, une cuisine, la chambre conçue pour l’essayage des maillots de bain mais le plus étonnant c’était les douze chambres semblables les unes aux autres. Celles-ci comprenaient un salon avec une mini bibliothèque, une chaîne HI-FI, une télévision à écran plat, un lecteur DVD avec une profusion de CD et de DVD qui s’étalaient sur une étagère. Une salle de bain et des toilettes venaient compléter l’architecture des pièces. Ce n’était plus une chambre mais un appartement. Toutes ces chambres étaient situées sur deux niveaux différents. Celles d’Anthony et de Rebecca étaient au premier et très distinctes des autres. Le rez-de-chaussée se composait d’une salle de jeu pour les enfants des invités, d’une bibliothèque, d’une salle de musculation, d’une salle de danse et d’un grand salon où avait eu lieu la réception.

    Ils sortirent ensuite à l’extérieur et se dirigèrent vers une écurie. Dans les box, se tenaient une dizaine de chevaux plus beaux les uns des autres. Parmi eux, un cheval noir attira davantage son attention.

    - Un pur-sang arabe. Ne vous approchez pas trop de lui ! Speed n’est pas très docile.

    Faisant fi de son avertissement, elle s’approcha et tendit la main pour le caresser. Speed, méfiant au début, ne se laissa pas toucher, puis vint progressivement vers elle. Christelle lui chuchota des mots inaudibles sous le regard médusé d’Anthony.

    Il n'en croyait pas ses yeux. Speed n'avait pas bronché aux caresses de Christelle. Lui seul avait pu l'approcher, maintenant ils étaient deux. Christelle le surprenait de plus en plus. Elle était vraiment exceptionnelle.

    - Pourrais-je le monter ? demanda-t-elle.

    - Je ne crois pas que cela soit une bonne idée. J’ai dû faire plusieurs chutes avant de l’apprivoiser… Je pense que vous ne désirez plus le monter en sachant cela. C’est trop dangereux.

    - C'est mal me connaître. J’adore la difficulté.

    - Et si vous vous cassiez quelque chose ?

    - Tant pis, qui ne risque rien, n'a rien ! J'aurai essayé. S'il vous plaît... s'obstina-t-elle d'une voix implorante.

    - Avez-vous déjà monté un cheval ?

    - J'ai fait de l'équitation pendant plusieurs années.

    - Bon, vous l'aurez voulu.

    Il sortit Speed après l’avoir scellé.

    Christelle le chevaucha et au moment où Anthony lâcha Speed, celui-ci se cabra. Heureusement que Christelle était une bonne cavalière sinon la chute aurait pu être violente.

    - Oh ! Calme-toi ou tu n'auras pas ce que je t'ai promis.

    Après ces quelques mots, Speed s'apaisa sous le regard admiratif et stupéfait d'Anthony.

    - Que lui avez-vous promis ?

    - Que j'allais lui donner du sucre la prochaine fois que je reviendrais s'il était gentil.

    - Bien, je vous félicite.

    - Merci.

    - Et si nous continuons notre visite à cheval, suggéra-t-il à Christelle.

    - D'accord.

    Il se dirigea vers la sellerie pour prendre une autre selle. Anthony choisit un cheval blanc. Il ne manquait plus qu'une corne au milieu de sa tête pour que sa monture  ressemble à une licorne de légende.

    Sur plusieurs hectares s’étendaient un terrain de tennis, de basket, de volley-ball. Ils firent le tour de la propriété en parlant de tout et de rien comme s’ils s’étaient connus depuis l’enfance.

    Ils rentrèrent ensuite au galop jusqu’à l’écurie. A peine étaient-ils descendus de cheval, qu’elle se retrouvait dans les bras d’Anthony. Elle ne savait pas comment cela était arrivé. Face à face, les yeux d’Anthony paraissaient flamboyer de désir. Son visage se rapprocha doucement et il lui prit les lèvres en un baiser passionné.

    - Venez à Paris avec moi dimanche prochain, proposa-t-il lorsque leurs lèvres se quittèrent. Nous passerons une semaine là-bas avant de nous rendre au circuit de Monacof. Ben pourra se passer de vous une semaine.

    Christelle retint son souffle. Le visage d’Anthony n’était plus qu’à quelques centimètres du sien.

    - Oui, je veux bien vous accompagner, accepta-t-elle à bout de souffle.

Wisconsin (Etats-Unis), le dimanche 27 Avril 2008

    Le dimanche matin, après avoir pris son petit déjeuner, Christelle remplit de vêtements deux grandes valises. Après avoir bouclé la dernière valise, elle les porta devant la porte d'entrée.

    Elle finit de faire le ménage qu'elle avait laissé en suspens la veille. Si son frère n'avait pas eu autant de travail pour préparer ses examens, elle lui aurait laissé sa part de ménage.

    Le temps passa à une vitesse phénoménale. Christelle fut donc surprise lorsqu'Anthony frappa chez elle. Après l’invitation de Christelle à prendre un thé, Anthony prit les bagages de celle-ci et les mit dans la limousine.

    L’aéroport était bondé. Christelle aimait cet endroit effervescent où toutes les nationalités se confondaient dans cet amas de brouhaha. Des personnes, en chemises et tongs, sourires aux lèvres s’apprêtaient à prendre l’avion pour des vacances bien méritées. D’autres, telles que les hommes d’affaires en costumes cravates étaient beaucoup moins souriants.

    - Où est-on placé ? demanda Christelle à Anthony lorsqu’ils furent dans l’avion.

    - Là-bas, m’a dit l’hôtesse, à côté du hublot.

    L’avion décolla très peu de temps après qu’ils se soient assis. Peu de personnes voyageaient en première classe. Deux hommes seulement étaient en pleine discussion d’affaires. Leurs papiers étaient éparpillés sur leurs consoles.

    - Anthony ?

    - Oui.

    - Vous n'auriez pas un livre ? J’ai oublié d’en prendre un.

    - Non, mais en revanche, j'ai un jeu d'échecs.

    - C’est une très bonne idée !

    Anthony se leva et prit sa mallette dans le petit compartiment au-dessus de sa tête. Il sortit un jeu d'échecs électronique et le déposa sur la tablette.

    - Je vous avertis Anthony, cela fait longtemps que je n'y ai pas joué.

    - Contrairement à vous, j'y ai joué hier. Je m’entraîne depuis peu de temps.

    - La partie risque alors d'être prometteuse.

    - Quels pions souhaitez-vous ?

    - Je préfère vous laisser les blancs.

    Après une demi-heure de jeu, ils étaient à peu près à égalité. L’avait-il fait exprès ? Il avait l’air plutôt de réfléchir afin de ne pas la laisser gagner.

    - Excusez-moi, monsieur...

    Christelle et Anthony levèrent les yeux du plateau de jeu et regardèrent l'hôtesse. Christelle remarqua très vite que cette dernière dévorait Anthony du regard.

    Très grande et belle, blonde aux yeux bleu clair, l’hôtesse incarnait parfaitement son rôle. Une pointe de jalousie à l’idée qu’Anthony la remarque fit surface.

    - Souhaiteriez-vous boire du champagne, du thé, du café…

    - Du thé, s'il vous plaît. Et vous, Christelle ?

    - Egalement.

    Anthony remercia l’hôtesse et se remit à la partie d'échecs. Concentré sur son échiquier, il n’aperçut pas que la jeune femme le détaillait scrupuleusement et n'avait pas changé de place.

    - Cela sera tout, mademoiselle, déclara Christelle.

    L'hôtesse reprit son chemin en haussant les épaules.

    - A votre tour de jouer, précisa Anthony.

    - Echec au roi !

    - Très bien. Etes-vous sûre qu'il y a longtemps que vous n'avez pas joué ?

    - Oui, mais faites attention !

    Après vingt minutes de jeu, Christelle ajouta :

    - Echec et mat !

    - Vous m'avez encore battu. A partir d'aujourd'hui, tous vos désirs seront des ordres.

    - Tous, en êtes-vous certain ?

    - Enfin presque…

    Le rire d’Anthony lui fit chaud au cœur.

    - Vous êtes impossible.

    Une autre hôtesse vint les interrompre.

    - Bonjour ! Désirez-vous acheter quelque chose. Du whisky, des jeux de cartes, des cigarettes, du parfum...

    Cette hôtesse était brune et belle. Est-ce que la compagnie aérienne avait embauché des mannequins ? Ses yeux noirs observèrent Anthony d’une manière pénétrante. A la place d’Anthony, Christelle aurait été gênée. Christelle le regardait-elle ainsi ? Il était tout à fait normal pour un beau jeune homme tel que lui d’être le point de mire de beaucoup de femmes. Cependant, ce qui l'agaçait le plus était le fait qu'elles s'adressaient uniquement à Anthony et pas à elle.

    Celui-ci était en train de chuchoter à l'oreille de cette hôtesse qui se mit à glousser. Il finit par demander à voix haute un paquet de jeu de cartes. L'hôtesse brune partit en faisant un clin d’œil.

    Lorsqu'Anthony se retourna vers Christelle, celle-ci le fusilla du regard. Qu'avait-il fait ?

    - Voulez-vous jouer ? Je parie que cette fois je gagne.

    - Au poker ?

    - Oui.

    Le regard noir de Christelle ne l'avait pas quittée. Plus ils jouaient et plus Christelle souriait. En une dizaine de parties, elle n’avait gagné qu’une fois. Elle n'était pas mauvaise perdante. Dès que l'hôtesse revint, Christelle se crispa. La jeune femme tendit un paquet à Anthony.

    Que lui avait-elle remis ?

    Anthony répondit à sa question involontairement en lui offrant le paquet rose entouré par un bout de ficelle.

    - Excusez-moi pour l'emballage mais il a été réalisé avec les moyens du bord. Heureusement, c'est l’intérieur qui compte. J'espère que cela vous plaira.

    Elle ouvrit à la hâte le paquet et découvrit un parfum. Le tout dernier Chanel.

    - Vous n'auriez pas dû...

    - C'est un plaisir.

    C’était donc cela qu’avait murmuré Anthony à l’hôtesse. Elle était jalouse et se faisait énormément d’idées pour rien.

    Elle se pencha et l'embrassa sur sa joue bien rasée. Elle sentit son parfum qu'elle reconnut immédiatement.

    - C'est tout ? s’indigna Anthony.

    - Oui ! À quoi vous attendiez-vous ?

    - A votre avis ?

    Il approcha son visage du sien et l’embrassa avec une infinie douceur. Ce baiser parut durer une éternité. La chaleur de la main d’Anthony sur son cou l’irradiait de contentement. Elle en fut si émue. Lorsqu’il s’écarta, elle en fut si déçue.

    Vifs d’éclat et de brillance, les yeux d’Anthony exprimaient un sentiment de désir et de possession. Le cœur de la jeune femme se mit à tambouriner très fort. Sa respiration se fit plus lente et plus profonde. Elle ne maîtrisait plus son corps. Le pouvoir qu’Anthony exerçait sur elle était total. Jamais elle n’avait ressenti autant de réactions aussi fortes pour un homme.

    - Christelle, parlez-vous français ? s’enquit-il comme si de rien n’était.

    - Oui, j'ai même passé trois ans en France, répondit-elle en essayant de prendre le même ton badin.

    - Ah oui ? Et si nous parlions français à partir de maintenant et pendant notre semaine à Paris.

    - Pourquoi pas, répondit-elle en français.

    - Vous m'étonnez chaque jour davantage.

    Le voyage se passa dans de très bonnes conditions sans engueulade comme elle l’avait imaginé.

Paris (France), le lundi 28 Avril 2008

    Le groom de l’hôtel Concorde Lafayette situé à Porte Maillot pas très loin des Champs Elysée, posa les bagages de Christelle dans sa suite. Au moment où celui-ci referma la porte après avoir reçu son pourboire, quelqu'un d'autre frappa doucement.

    Elle ouvrit la porte d’entrée mais il n'y avait personne. Avait-elle rêvé ? Se retournant, elle aperçut Anthony dans l'embrasure d'une autre porte. Cette dernière devait forcément communiquer entre les deux chambres car elle n'était pas entrée avec Anthony.

    - Puis-je entrer ? s’enquit-il.

    - Allez-y !

    - Préférez-vous dîner dans un  restaurant à l’extérieur ou bien désirez-vous vous restaurer dans la suite ?

    - Au restaurant, ce sera parfait.

    - Je vais de ce pas réserver une table au « Lac des Cygnes ».

    Il repartit tout comme il était arrivé, en coup de vent.

    Elle regarda autour d'elle et se promena dans les différentes pièces pour mieux se familiariser à cette suite somptueuse située au sommet de l'hôtel. Elle était spacieuse avec un grand hall d’entrée, une grande chambre, un séjour, une salle de bain en marbre, un dressing. Il y avait plusieurs télévisions à écran plasma et une bibliothèque vitrée remplie de livres. Des roses blanches et rouges disposées dans des vases en cristal sur les tables adoucissaient et agrémentaient les pièces d’un parfum véritable. Cette suite ressemblait plus à une résidence personnelle qu’à une chambre d’hôtel.

    La vue était spectaculaire sur Paris. C’était mémorable tant le panorama était sublime. Elle avait une vue sur la Tour Eiffel qui scintillait de mille feux en ce début de soirée.

    Elle se rendit dans sa chambre pour défaire ses affaires, puis prit une bonne douche.

    Cela faisait longtemps qu'elle n'était pas revenue en France. Oui, cela faisait désormais quatre ans. Pendant trois ans, elle avait suivi un cursus en automatisme industriel. Elle avait arrêté ses études d’ingénieur afin d’aider Marks à ouvrir son entreprise.

    Elle avait perdu le contact avec ses amis. Elle ne savait pas s'ils étaient tous mariés. Et si le lendemain, elle allait voir une de ses amies ? En voilà une bonne idée qu’elle avait trouvée ! Anthony pourrait l’accompagner.

    Elle s'entoura d'une serviette et s'immobilisa à l'entrée du séjour. Anthony était debout et la détaillait de haut en bas.

    - N'entendant pas de réponse, je me suis permis... je retourne dans ma suite. Vous me faites signe quand vous êtes prête.

    - Excusez-moi, je vais m'habiller, balbutia-t-elle décontenancée.

    Christelle traversa le séjour et disparut dans sa chambre.

    Qu'elle était belle ! Les quelques heures qu'il avait passées avec Christelle lui revinrent en mémoire. Il allait tout faire pour la séduire. Etait-ce irréalisable ? Il ne le pensait pas. Il devait montrer à Christelle qu’il était le meilleur afin qu’elle oublie à tout jamais son séduisant ami Bobby.

    hristelle se présenta, une heure plus tard, habillée d’une robe de soirée couleur crêpe qui soulignait ses belles formes. Il s’approcha d’elle, l’enlaça et l’embrassa sur la joue.

    - Que vous êtes ravissante !

    - Merci Anthony.

    - On y va, la limousine nous attend.

    En franchissant la porte du restaurant, Christelle resta bouche bée. Le Lac des Cygnes était magnifique. La lumière tamisée et les chandelles donnaient à ce restaurant un charme fou. On aurait cru un restaurant spécialement conçu pour les amoureux. Ils furent accueillis par un homme petit et gros qui connaissait Anthony. Il les plaça à la meilleure table, puis s’éclipsa, laissant place à un serveur qui prit leur commande.

    Etait-il déjà venu avec l’une de ses conquêtes ?

    - A chaque fois que je séjourne en France, je viens manger dans ce restaurant. C’est très bon. Vous m’en direz des nouvelles.

    - Combien de fois êtes-vous venu en France ?

    - Je ne sais pas. Je viens deux à trois fois par an pour mes affaires.

    - Avez-vous eu le temps de visiter la Tour Eiffel ?

    - Oui, mais vite fait.

    - Un de ces jours, on pourrait s’y promener.

    - Oui. Demain, cela vous tente ?

    - En fait, il faut que j’aille voir une personne.

    Le visage rayonnant d’Anthony s’assombrit. Elle ajouta :

    - Vous pouvez m’accompagner…

    - Non, non. J’en profiterais pour faire avancer mon affaire.

    - Mardi alors ?

    - Si vous voulez, dit-il indifférent.

    Son regard, pétillant quelque instant auparavant, devint morne. Son visage s’était crispé.

    - Excusez-moi si je vous ai froissé, mais j’ai tellement envie de voir mon amie. On peut y aller demain et j’irai la voir mardi.

    - Non, ce n’est pas la peine mais j’avais pensé qu’on passerait cette semaine ensemble.

    - Vous êtes sûr? J’irai quand vous serez en rendez-vous d’affaire.

    - Ca marche.

    Il prit la main de Christelle et la porta à ses lèvres.

    En portant son regard sur la gauche, Christelle s’aperçut qu’une femme fixait Anthony intensément.

    - Vous avez du succès Anthony.

    - Plaît-il ?

    - Je veux dire que toutes les femmes vous dévorent des yeux. Les deux hôtesses et ensuite celle qui dîne à ma gauche.

    - Ah oui ? Et vous ?

    - Qu’en pensez-vous ?

    - Je ne sais pas.

    Le dîner se passa très agréablement. Ils parlèrent d’auteurs de livres, de musique, d’art, de film.

    Si cela pouvait durer ! avait pensé Christelle.

Garges-lès-Gonesse (France), le  mardi 29 Avril 2008

    Christelle commençait à reconnaître le chemin qui devait la conduire chez son amie. Elle passa devant le lycée Simone de Beauvoir, ensuite l’école primaire Jean Jaurès. Elle mit son clignotant pour tourner à gauche. Elle passa à proximité des pavillons où se situait la boulangerie. Ensuite « Super Hale » n’avait pas changé, celle-ci était toujours constituée d’une boucherie à sa gauche et d’une épicerie à droite. La pharmacie Lahuna était non loin de Super Hale. Enfin, elle était bientôt arrivée à la Muette de Garges-lès-Gonesse où tous les lascars se bagarraient pour sauver leur réputation. C’était une cité où les personnes s’entre-coudaient et ne se laissaient pas faire facilement.

    Elle s’y aventura et vit qu’il y avait eu beaucoup de changements. Beaucoup d’immeubles de sept à huit étages avaient disparu, remplacés par des maisons de ville qui donnaient à cette cité un aspect très paisible.

    Elle stationna la voiture dans un parking privé.

    La moitié de la barre d’immeuble où habitait son amie avait été détruite. Par contre, le bâtiment où elle résidait était toujours présent. Ses sept étages avaient été rénovés. Un digicode était placé à l’entrée. Elle fit défiler les noms jusqu’à trouver le bon. Elle se présenta avec surprise auprès de la personne qui lui répondait et dont la voix appartenait à une femme d’un âge mûr. Le père de Samantha avait dû se remarier.

    Christelle n’attendit pas l’ascenseur et monta les marches jusqu’au troisième étage. Ce bâtiment qui était un dépotoir auparavant, était devenu beaucoup plus classe. Les murs n’étaient plus tapissés de graffiti, les sols reluisaient de propreté et aucun déchet ne traînait au sol.

    Elle sonna et une vieille femme vint lui ouvrir. Elle était assez petite, enrobée, et ses cheveux étaient noués en un chignon. Cette femme, elle s’en souvenait. Sous ses habits stricts et son chignon, elle paraissait redoutable mais c’était un ange. Cette personne était l’ancienne voisine de palier de son amie.

    Elle sourit. Le père de Samantha avait dû l’épouser.

    Puisqu’elle était là, elle pourrait la renseigner sur l’adresse de son amie. Si elle avait déménagé, elle lui communiquerait ses nouvelles coordonnées. Elle espérait que son amie habitait la région parisienne et non en province. Sinon, elle serait venue pour rien.

    - Bonjour Lola, je ne sais pas si vous vous souvenez de moi...

    - Si ! Vous êtes Christelle ! s’exclama-t-elle avec son éternel accent espagnol. Entrez !

    - Merci, comment allez-vous ?

    - Ca va. Vous n’avez pas du tout changé.

    A cette remarque, Christelle sourit. Lola l’emmena dans la salle à manger qui avait changé esthétiquement depuis le temps.

    - Voulez-vous du café ?

    - Volontiers.

    Lola revint avec un plateau de café et de petits fours maison.

    -Vos gâteaux sont toujours aussi bons. Je me demande comment j'ai fait pour les oublier.

    - Heureuse qu'ils vous plaisent toujours autant. Je vous ferais un paquet avant de partir.

    - Vous êtes très gentille. Au fait, Samantha est-elle toujours ici ?

    - Non, elle s'est mariée il y a trois ans avec un jeune homme très bien.

    Christelle eut un choc. Samantha s’était mariée très jeune.

    - Habite-t-elle  toujours la région parisienne?

    - Oui.

    Avant de partir, Lola lui prépara comme promis un paquet de biscuits. Elle lui remit également la nouvelle adresse de Samantha ainsi que son numéro de portable. Lola l’étreignit et lui souhaita ensuite bonne chance.

    D’après l'adresse que Lola lui avait remise, Samantha habitait à quelques lieux seulement de l'hôtel où elle séjournait. Elle fit donc le trajet inverse.

    Elle passa devant une maison près du collège Pablo Picasso. Elle s’arrêta pour savoir si Christian Scan était toujours là. Quand un homme lui ouvrit la porte, elle sut immédiatement qu’il n’habitait plus là. Christian était un africain alors que l’homme était d’origine asiatique.

    Elle s’excusa du dérangement en lui expliquant sa situation.

    Christian avait été l’un de ses meilleurs amis mais depuis son retour en Amérique, les lettres et les coups de téléphone s’étaient estompés au fur et à mesure.

    Elle stoppa ensuite devant une maison. Après avoir vérifié l'adresse pour la deuxième fois, elle sortit de la voiture et contempla la villa victorienne. Très grande, très belle. Quelle chance si Samantha habitait là ! D'un pas lent, elle monta les escaliers et frappa à la porte.

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