Chapitre 12

Chapitre XII

 

Paris (France), le mercredi 30 Avril 2008

     - Noooon !

    Christelle se réveilla en sursaut. Quel cauchemar ! Anthony dans les bras d’une femme. Elle se leva, mit son peignoir et se rendit dans l’appartement d’Anthony. Il ne devait sûrement pas être là puisqu’il avait un rendez-vous professionnel. Elle vérifia tout de même dans sa chambre.

    Son lit n’était pas défait. Il avait découché car la femme de chambre n’arrivait jamais si tôt. Et ce rêve... ce n’était pas possible ! Elle s’effondra sur le lit d’Anthony et se mit à pleurer. Elle en avait marre de pleurer pour un homme qui n’en valait pas la peine. Elle essuya rageusement ses larmes et s’habilla pour sortir.

    Elle ne gâcherait pas sa visite à la Tour Eiffel à cause d’Anthony.

    Elle allait donc sortir et s’amuser. Avant de partir, elle nota le nom des personnes à qui elle allait envoyer des cartes postales. Puis, s’asseyant sur le lit, elle se mit à écrire.

 

                        Ad vitam aeternam (Pour la vie éternelle)

                        Nous sommes faits l’un pour l’autre

                        Tu es mon seul amour

                        Habile de tes mains, tu dois l’être

                        Objet de mes fantasmes, tu es

                        Néanmoins, tu n’es pas à moi

                        Y’a que toi dans ma vie pourtant

 

                        Laid, tu ne l’es pas

                        Un amant formidable, je n’en doute pas

                        Comme dans mes rêves les plus fous

                        Intelligent, c’est ce qui m’a le plus séduite après ton corps.

                        Attirant, je te trouve

                        Non, en vérité tu es plus que cela

                        Omnia vincit amor (L’amour triomphe de tout)

 

    En relisant sa note, elle fut frappée de stupeur. Après ce qu’Anthony lui avait fait, elle écrivait cela ! Elle arracha la feuille et en fit une boulette qu’elle jeta sur le bureau. Puis, elle sortit.

    Les passants se tenaient main dans la main. Des couples s’embrassaient avec effusion. Son cœur se serra.

    Tout à coup, elle aperçut un homme qui ressemblait étrangement à... cela ne pouvait pas être lui ! Il avait l’air de chercher quelqu’un. Elle accéléra le pas. Il ne la vit pas arriver car il lui tournait le dos. Dès qu’elle toucha son épaule, celui-ci sursauta brutalement.

    Oui, c’était bien lui ! Il avait une étrange lueur dans les yeux : celle de la peur.

    - Christian Scan ?

    - Christelle… tu n’as pas changé.

    - Et toi, tu es plus musclé qu’autrefois.

    - Depuis quand es-tu revenue ? l’interrogea-t-il.

    - Tout juste dimanche, et je reste pendant une semaine.

    - Super !

    - Qu’es-tu devenu ? lui demanda-t-elle.

    - Ingénieur... qu’est-ce que tu fais là maintenant, tu es pressée ?

    - J’allais monter à la Tour Eiffel. Tu m’accompagnes?

    - D’accord !

    Christian Scan était un noir de taille moyenne. Il arborait une coupe artistiquement dessinée par un créateur. Les pommettes saillantes et les lèvres souriantes sur de magnifiques dents blanches attiraient irrévocablement les jeunes femmes.

    Elle prit son petit déjeuner avec lui. Christian n’avait rien perdu de son humour. Il la faisait toujours autant rire. Mais elle n’oubliait pas Anthony.

    Christian l’aida à choisir des cartes postales et des petits souvenirs. Il lui acheta des glaces, des gâteaux et l’invita à déjeuner.

    Pendant toute cette matinée, Christian n’arrêtait pas de regarder autour de lui. A un certain moment, il avait l’air absent.

    Après avoir déjeuné, ils quittèrent la Tour Eiffel et marchèrent côte à côte sans se soucier de l’endroit où ils se rendaient. Ils continuèrent à parler de leur vie passée et de leur vie présente. La manière de parler de Christian avait changé. Lui aussi étant de la Muette, il parlait avant comme une racaille. Maintenant, son expression s’était beaucoup améliorée.

    - Donne-moi ta main, dit-il brusquement.

    - Quoi ?

    - Donne-moi ta main ! répéta-t-il.

    Il prit sa main et la serra.

    - Lorsque je dirai trois, on se mettra à courir le plus vite possible... et surtout, ne te retournes pas !

    - Que se passe-t-il ? le questionna-t-elle.

    - Je t’expliquerai plus tard... attention, un, deux, trois !

    Ils se mirent à courir. Pourquoi lui avait-il dit de ne pas se retourner ? Une personne les suivait-elle ? Qu’avait fait Christian ? Christian courait très vite. S’il ne lui avait pas tenu la main, il l’aurait déjà distancée.

    Christelle regarda par-dessus son épaule et aperçut deux hommes derrière eux en train de les pourchasser. Christian l’entraîna dans une ruelle sombre et strictement silencieuse. Que venaient-ils faire là, dans cet endroit isolé ? Ils auraient dû prendre la voiture.

    Ils distancèrent les hommes de plusieurs centaines de mètres. Christian ne ralentissait pas sa course. Si Christelle ne faisait pas du footing chaque matin, elle n’aurait pas tenu le coup. Christian lui montra des poubelles du doigt après avoir vérifié que les hommes n’étaient plus là. Ils s’accroupirent derrière le tas de poubelles et ne bougèrent plus d’un pouce.

    Au moment où Christelle crut qu’ils les avaient semés pour de bon, elle entendit des pas. Ils s’arrêtèrent comme par hasard juste sous leur nez, comme dans les films policiers. L’un d’entre eux ordonna à son acolyte de partir d’un côté tandis que lui prendrait l’autre chemin. Puis, ils se mirent à courir.

    Ils avaient eu chaud ! Ils se levèrent et Christian frappa à une porte. Une femme vint leur ouvrir. Christian demanda l’hospitalité pour un moment. Celle-ci accepta sans réticence et en fut même contente. Elle leur servit une boisson. Christelle resta devant la fenêtre pour faire le guet alors que Christian s’était assis et parlait avec la vieille femme.

    Soudain, un mouvement attira son regard. Elle toucha le rideau et recula d’un pas. Un homme, une arme à la main, passa devant la fenêtre. Il ressemblait à... C’était Anthony ! Cela ne pouvait pas être lui. Il avait des affaires à régler. Elle poussa encore le rideau et vit nettement le visage. C’était effectivement Anthony.

    Que faisait-il ici ? Il ne faisait tout de même pas partie de ces hommes ! Comment en être sûre ? Elle prit la précaution de ne pas ouvrir la porte pour se précipiter vers lui. S’il ne faisait pas partie de la bande, allait-il se faire tuer ? Elle avait une terrible décision à prendre. Fallait-il l’avertir ou pas ? La vie de Christian était en jeu... et la sienne aussi. Elle n’avait pourtant rien à voir avec ce qu’avait fait Christian. Que faire ? Une main se posa sur son épaule. C’était Christian. Ils allaient sortir. Christelle observa qu’Anthony avait disparu. Ils remercièrent la dame de sa gentillesse et partirent en rasant les murs. Ils faillirent être vus par les deux hommes lorsque Christian l’attira à gauche et la plaqua sur un mur. Elle entendit :

    - Rentrons, nous les avons perdus.

    - Que va dire le patron ?

    - On verra, allez viens !

    Et ils s’éclipsèrent en rangeant leur arme sous leur veste. Christelle et Christian attendirent un instant avant de quitter leur cachette.

    - Tu vas tout me raconter Christian. Pourquoi te pourchassent-ils ?

    - J’ai surpris hier une cargaison de la mafia et un assassinat. Au début, ils ne s’étaient pas rendu compte de ma présence mais lorsque j’ai voulu repartir discrètement, j’ai fait du bruit et ils m’ont identifié. Depuis hier, ils sont à ma poursuite. T’as pas eu de chance de me revoir aujourd’hui.

    - Ne dis pas de bêtises. Mais que faisais-tu là bas ?

    - J’étais en train de me promener lorsque je les ai aperçus en train de tuer un homme.

    - T’as vu la police ?

    - Non, et ils ne me croiraient pas de toute façon.

    - As-tu une voiture ?

    - Non, j’ai pris le train.

    - Je te ramène chez toi.

    En le déposant chez lui, Christelle demanda à Christian son numéro de téléphone. Il le lui remit sans la moindre hésitation.

    - Je crois connaître une personne qui pourrait t’aider, déclara-t-elle avant de démarrer.

    Dans quel guêpier s’était-elle fourrée ? Christelle soupira. Au lieu de se rendre à l’hôtel, elle prit la direction de la demeure de Samantha. Elle avait beau frapper à la porte de celle-ci, personne ne lui ouvrit.

    Elle fouilla dans son sac et déplia une petite feuille où était inscrite une adresse. Elle se trouvait à une dizaine de kilomètres du lieu indiqué.

    Christelle regarda dans son rétroviseur et remarqua qu’une voiture la suivait depuis un bon moment. Elle devait sûrement se tromper. Elle tourna à gauche, l’autre véhicule tourna à gauche. Ensuite à droite, il fit de même. Il fallait qu’elle se calme, c’était certainement une coïncidence. Elle accéléra et l’autre aussi. Que lui voulait-on ? Elle doubla des voitures, se croyant à la fois dans une formule 1 et dans un film. L’individu tint bon.

    La formule 1 était à ce moment précis bien utile à sa conductrice. Grâce à elle, elle n’avait pas peur de la vitesse. Il l’aura voulu ; elle appuya à fond sur l’accélérateur. Un gros camion sortant d’une entreprise allait lui barrer le chemin ! Il ne lui restait désormais plus qu’à freiner. Mais si elle freinait, l’homme allait la rattraper.

    Il ne manquait plus que cela pour se croire sur le tournage d’un film. Le pied toujours sur l’accélérateur, elle se faufila facilement entre le camion et la façade d’une maison. En revanche, l’autre n’eut pas cette chance. Elle avait eu chaud. En y pensant, s’il l’avait suivie jusqu’ici, c’était qu’ils avaient dû trouver Christian. Pour l’instant, il fallait qu’elle se rende chez Greg et Shéhérazade Parker. Regardant dans son rétroviseur, elle ne vit plus de voiture. Elle allait pouvoir ralentir avant de provoquer un accident. De toute façon, il n’y avait plus que quelques mètres à faire.

    Un magnifique pavillon s’offrait à ses yeux. Elle klaxonna et un homme vint s’informer de son identité. Il l’introduisit à l’intérieur et lui indiqua une place où se garer. Puis, il la fit pénétrer dans cette somptueuse maison, en la laissant devant la porte. Elle qui était normalement patiente ne le fut plus désormais. Chaque seconde comptait. Enfin, l’homme revint et l’emmena dans une salle où se trouvait Shéhérazade.

    - Bonjour ! s’exclama Shéhérazade. Contente de te revoir !

    - Bonjour ! Moi aussi. Je vais peut-être te paraître impolie mais puis-je passer un coup de fil ? J’ai oublié mon téléphone.

    - Je t’en prie. Il se trouve à côté. Je vais te laisser...

    - Non, reste, de toute façon, tu sauras de quoi il en résulte. Excuse-moi, c’est urgent.

    Elle composa le numéro de Christian. A la cinquième sonnerie, elle s’inquiéta. Elle raccrocha et fit le même numéro. Cependant, cette fois-ci, à la deuxième sonnerie on décrocha.

    - Oui ?

    - Christian, c’est Christelle.

    - On se lasse déjà de moi, ma belle.

    - Arrête de plaisanter ! J’ai eu très peur pour toi. J’ai été suivie par l’un des deux hommes mais je l’ai semé.

    - Tu n’as rien, j’espère ?

    - Non. Mais il doit y avoir un homme dans ton bâtiment car dans la voiture, il n’y en avait qu’un.

    - D’accord. Merci de m’avoir prévenu et désolé de t’avoir mise dans cette affaire. A tout à l’heure.

    Reposant le combiné, elle se retourna vers Shéhérazade qui était assise sur le fauteuil.

    - Est-ce que Greg est là ?

    - Non, il est sorti avec Samantha et Byron. Que t’est-il arrivé ?

    - Un ami a assisté à un meurtre. Il a été vu et depuis il se fait suivre... Et moi aussi. Lorsque je l’ai déposé chez lui, l’un des deux hommes était à mes trousses mais je lui ai fait faux bond. Je voudrais savoir si Greg pourrait m’aider.

    - Je crois que cette histoire se règlera rapidement avec le concours de Byron qui possède un réseau de contacts.

    Shéhérazade se leva.

    - Viens avec moi, je vais te montrer quelque chose en attendant Greg.

    Elle ouvrit une porte et pénétra dans une pièce.

    - Viens, répéta-t-elle.

    Christelle en franchit le seuil et découvrit une salle remplie de tissus et de robes.

    - Toute ma future collection !

    - Sublime !

    - Shéhérazade ramassa des feuillets sur son plan de travail et les lui tendit.

    - C'est merveilleux, s’extasia-t-elle après les avoir examinés.

    - Ce ne sont que les croquis d'une robe que j'ai dessinés ce matin en pensant à toi.

    - A moi ?

    - Oui, je t'ai dit que je te ferais une robe.

    - Tu n'es pas obligée.

    - Ca me fait plaisir et j'aime créer de nouveaux modèles. J'y pense, il faut que je prenne tes mesures.

    - Maintenant ?

    - Oui,  maintenant, pour que je finisse ta robe avant ton départ.

    - Faut-il que je me déshabille ?

    - Non. Tu portes un leggins et un débardeur qui sont comme une seconde peau, donc ce ne sera pas la peine.

    - Puis-je te poser une question ?

    - Autant que tu veux.

    - Comment as-tu rencontré Greg ?

    - Sur une route. J'étais en panne et il s'est arrêté. Ensuite, il m'a invitée à dîner et tout s’est fait simplement.

    - Comment t’a-t-il conquise ?

    - Greg était une personne ambiguë, mystérieuse par son attitude lunatique et spontanée. Malgré sa stature phénoménale, Greg était amical, affectueux et gentil. Le genre à ne pas faire de mal à une mouche. Mais lorsqu'on le cherche, il devient menaçant. Sinon, il est sympathique, marrant et comique. En fait, il avait un caractère qui m'était approprié et en plus il était cool. Mais aussi parce que c'était un mec mignon.

    - Je te comprends.

    - Et toi comment as-tu rencontré Anthony ?

    - A un café, c'est lui qui est venu à moi.

    - Comme toujours. C'est pour quand le mariage ?

    - Il n'y a pas de mariage. Nous ne sommes pas ensemble.

    - Je croyais.

    - Tu as fini de prendre mes mesures ?

     - Oui. Puis-je te demander une faveur ?

     - Je t’en prie.

     - Voudrais-tu devenir mannequin d'un jour ?

     - Sérieux ?

     - Sérieusement. Tu es bâtie comme un mannequin. Une fille s'est foulé la cheville et la représentation se déroule vendredi. En même temps tu porteras ta robe. Acceptes-tu ?

     - Je ne suis pas contre, mais je ne sais pas défiler.

     - Marche !

     Christelle s'exécuta.

     - Bouges tes hanches... voilà c'est mieux... maintenant tu marches... tu tournes à trois cent soixante degrés et tu continues... parfait ! On a l'impression que tu as fait cela toute ta vie.

     - Contente de te l'entendre dire !

     - Veux-tu rester avec moi ou veux-tu aller à la bibliothèque lire, car je vais commencer ta robe. Celle-ci sera entièrement réalisée de mes propres mains.

     - Et celles qui sont autour de nous, ce n'est pas toi ?

     - Ce sont les œuvres de mes couturières. J’en fais quelques une de temps à autre.

     - Je vois ! Si ça ne te dérange pas, je reste avec toi et j'écrirai des cartes postales.

     - D'accord, assieds-toi à cette table.

     Christelle écrivit à Ben, la mère d'Anthony, Bobby, Allan, Khaled, enfin à Isabelle et Marks, et à Cindy.

     Christelle n’avait eu aucune nouvelle de cette dernière. Elle avait dû être débordée tout comme elle. Elle aurait aimé connaître la réaction de Bobby après ce fameux jour où il avait découvert son amie sous un autre aspect.

     Une fois ses écrits terminés, elle s'émerveilla du tissage de Shéhérazade. Elle maniait avec dextérité sa machine à coudre. Le tissu virevoltait autour d’elle comme par magie. Elle qui n'avait jamais réussi à coudre un bouton ! Shéhérazade était une femme spontanée, gentille, qui avait de l'énergie à revendre. Et en plus, elle aimait son métier. Elle n'arrivait pas à croire que Shéhérazade lui avait proposé de défiler pour elle. Elle admirait cette femme. Elle avait du talent. Dernièrement, elle avait été sous le charme d'une des robes de Shéhérazade qu'elle avait achetée après la soirée d'anniversaire de Maria. Elle ne s'était pas attendue à la rencontrer. Et aujourd'hui elle se retrouvait chez elle.

     Anthony, qu'était-il devenu ? Etait-il rentré à l'hôtel ? Un coup frappé à la porte la sortit de ses pensées. Une domestique entra et déposa un plateau de café sur la table, puis ressortit après l'avoir saluée. Shéhérazade interrompit sa couture et se joignit à Christelle pour prendre son café.

     - Tu t'ennuies ?

     - Non ! Je te regardais faire. Tu as des mains de fée.

     - Tout le monde sait coudre.

     - Pas moi. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé.

     - Tout le monde n'est pas fait pour cela, rectifia-t-elle en riant.

     - Dis-moi, Shéhérazade... tu n'as pas peur qu'on dérobe tes croquis ?

     - Cela n'en a pas l'air mais il y a des caméras ! C'est très bien gardé. De toute manière, personne ne viendra les voler. Je connais toutes les célébrités. Je sais qu'ils ne s'abaisseront pas à ce genre de mesquinerie.

     Greg rentra après avoir frappé.

      - Bonjour mesdames ! s'exclama-t-il.

     Il embrassa Shéhérazade avec ferveur, et Christelle sur la joue.

     - Christelle est ici pour toi.

     - Ah oui ? Tu vois Shéhéra, toutes les femmes sont à mes pieds, affirma-t-il avec un grand sourire.

     - Tu te trompes chéri, déclara Shéhérazade. Christelle a un problème.

     - Quel est-il ? l’interrogea-t-il en prenant place entre les deux femmes.

     Christelle raconta pour la deuxième fois jusqu'au moindre détail ses péripéties.

     - Je vais mettre Byron sur le coup.

     - Tu penses que ça va être long ? s’enquit Christelle.

     - Je ne sais pas.

     - En tout cas, Greg et Byron feront tout ce qu'ils peuvent, précisa Shéhérazade.

     - Je n'en doute pas et je vous en remercie. Préfères-tu que je fasse un chèque maintenant ou à la fin...

     - Ce sera gratuit. Tu es une amie.

     - Tu es fou. Je veux que tu traites cette affaire en priorité et tu ne t’inquiètes pas pour les dépenses...

     - Mais...

     - Il n'y a pas de mais et j'ai les moyens. Alors ? Le chèque avant où après ?

     - Après, se résigna-t-il.

     - Donc, tout est réglé.

     Christelle se leva.

     - Il faut que j'y aille. Merci de m'avoir reçue.

     - De rien et vendredi je viendrai te chercher à l'hôtel pour le défilé.

     - D'accord. Au revoir !

     - Attends ! Je te raccompagne à l'hôtel.

     - Ce ne sera pas nécessaire. Tu peux me raccompagner à ma voiture si tu le souhaites.

     - Tu es dure en affaires.

     - Au revoir Shéhérazade, dit-elle en l'embrassant.

     - Fais attention à toi !

     Greg l'emmena jusqu’à sa voiture.

     - T'es sûre que tu ne veux pas...

     - Oui, merci. Au revoir Greg.

     Elle se mit sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur la joue de Greg. Puis, elle monta dans sa voiture et, après un dernier signe de la main à Greg, elle démarra. Qu'ils étaient charmants ! Elle enviait leur bonheur.

     Anthony...

     Pourquoi toutes ses pensées se tournaient vers ce bel Italien ? La réponse était pourtant facile. Elle était amoureuse de lui.

     Tout ce qui lui arrivait aujourd'hui était sa faute. S'il n'avait pas eu cette réunion ce matin à propos de la cargaison de la veille...

     Un déclic se fit. La cargaison dont parlait Anthony, n’était-ce pas la cargaison qu'aurait vue Christian ? Non ! Il avait dit de la drogue qui appartenait à la mafia. Anthony n'avait-il pas prononcé le mot famille, donc de la mafia. Et l’homme que les employés d’Anthony cherchaient ne serait-ce pas Christian ? Pourquoi supposait-elle des choses pareilles ?

     Durant tout le trajet, elle se répéta que cela ne pouvait être qu'une coïncidence.

    

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