Chapitre 15

Chapitre XV

 

Circuit de Monza (Italie), le dimanche 2 Novembre 2008

     Christelle, dans sa formule 1, attendait en première ligne, le départ de formation. Tous les mécaniciens, Tom, Rebecca et Anthony étaient autour des deux chicanes. Anthony s’accroupit à côté d’elle afin de lui parler.

    - Ben, bonne chance et sois prudent. Fais ce que tu dois, advienne que pourra.

    Christelle sourit sous sa visière. Elle ne s’inquiétait pas du résultat de la course, mais surtout de la colère d’Anthony lorsqu’il saura que Ben n’était autre que Christelle.

    - Rappelons qu’hier c’était N’Guyen qui a ouvert les hostilités dès le début de la séance avec un chrono d’une minute vingt-trois secondes et huit cent dix centièmes. Une performance qui n’a pas tenu bien longtemps puisque trois mètres plus tard, Khaled l’a améliorée de plus de six dixièmes. Puis, le champion du monde était en piste dans son cinquième tour. Son temps intermédiaire était prometteur puisque Martin était alors en avance d’un dixième, mais cette chicane si délicate a perdu du temps, trop de temps. Le verdict du chrono était sans appel. A cause de cette petite erreur, il a perdu plus d’une demi-seconde. D’autant que dans la foulée, Khaled Kodad a établi un nouveau record en une minute vingt secondes et trente-trois dixièmes soit deux dixièmes de mieux que la pôle position de l’année dernière. Vingt-cinq minutes avant la fin de la séance, James Brook est rentré au stand avec le troisième temps. Une bonne performance qui le place en deuxième ligne, juste derrière les Luciano. C’est dans son huitième tour chrono que Ben Gordon a essayé encore d’améliorer, mais il a échoué pour seulement neuf millièmes de seconde. Nous avons donc respectivement de la première place à la dernière : Kodad, Gordon, Brook, Martin, Logan, Connor, Mérimée, Spencer, Browning, Ziane, Sebastini, N’Guyen, Valletti, Malone, Morrison, Dickson, Garrison, Wells, Ramson, Shépard et Sinclair, et Ly.

    - On espère que le départ se déroulera sans encombre. Vingt-deux voitures en course. Il fait beau, il fait chaud, assez lourd... le facteur pneumatique va donc une fois de plus jouer un rôle prépondérant dans la stratégie de... de chacun, dans les tactiques de course avec les arrêts au stand, les ravitaillements... et les changements de pneus. Les pneus tendres, les pneus durs. On sait que plusieurs gommes sont disponibles. Steffen Back, la chaleur aujourd’hui va imposer heu... plusieurs arrêts aux concurrents alors qu’une voiture n’est pas partie, c’est la Luciano.

    - La Luciano, oui ! La Luciano de Kodad. La tactique va être évidemment... totalement différente entre Good Year et Bridgeston puisque Good Year... y’a quatre écuries qui sont en pneus durs : Sauber, Mc Laren, Benetton, Jordan. Les trois autres écuries : Ferrari, Luciano et Tyrell sont parties en pneus tendres alors que chez Bridgeston, les quatre écuries: Arrows, Prost et Stewart... et heu...

    - Minardi.

    - Minardi, excusez-moi, sont parties en pneus tendres. Alors évidemment, très important, la tactique pour les écuries.

    - Alors là, on a le tour de formation. Et on va voir Khaled Kodad dépasser la Ferrari de Browning. Moi, j’ai l’impression que le règlement l’empêche de faire ça. Il y a un petit problème au moment de la mise en route. Kodad, je ne pense pas qu’il retrouve sa place en première ligne sous peine de pénalité.

    - Oui, à priori c’est interdit dans le règlement, mais il a démarré un peu tard. Il doit se retrouver en dernière position sur la grille, ce qui va faire les affaires de James Brook.

    - Peut-être pas en dernière position puisqu’il a réussi à démarrer en milieu de peloton. Enfin, on va suivre ça... Vous voyez que les concurrents sont en train de chauffer leurs pneumatiques... En effet, au départ c’est évidemment très important d’avoir des pneus à température des freins.

    - Regardez Kodad qui continue à doubler, on se souvient de Martin par exemple à Silverstone, il y a quelques années... ça lui était arrivé. Il avait dépassé dans le tour de formation et avait été pénalisé d’un arrêt obligatoire.

    - Oui, je ne pense pas que le règlement a changé, ce qui voudrait dire que... soit Kodad devrait attendre et partir derrière les autres voitures, soit il aura un panneau de pénalisation... arrêt au stand de dix secondes, je pense.

    - Alors, les voilà les deux Spring Luciano en première ligne. Kodad qui vient quand même prendre sa place.

    - Les vingt-deux voitures s’immobilisent aux ordres du starter. Voilà... elles sont toutes en place. Attention, les feux rouges vont s’allumer... et quand ils s’éteindront... quand ils s’éteindront, ce sera le moment du départ... c’est parti !

    - Très bon départ de Ben Gordon et Pierre Martin.

    - Le moteur de Ramson n’a pas été bien loin. Attention Gordon et Kodad pour la conquête du titre mondial puisque nous sommes dans la dix-septième manche du Championnat du monde 2008.

    - En première position, Gordon suivi de très près par Kodad, Martin, Brook, Browning et Spencer.

    - On disait au début de ce reportage que Ben Gordon devait, pour conserver « une chance d’être champion du monde », arriver premier et Kodad vers les derniers.

    - La partie qui attend Gordon ne sera pas facile puisqu’il aura neuf points à rattraper sur Khaled Kodad, ce qui le condamnera à devoir gagner ce grand prix d’Italie.

    - Encore un arrêt pour les Mc Laren !

    - L’écart se creuse entre Gordon et Kodad de façon significative... Peut-être qu’à mon avis c’est une mission difficile, voire impossible. Peut-être faut-il aller au renseignement du côté du stand Luciano, pour glaner quelques informations là-dessus parce que Khaled Kodad est en train de semer du terrain, à moins que ce ne soit une histoire de train de pneus. Vous savez qu’il y en a certains qui sont moins efficaces que d’autres, mais en tout cas Khaled Kodad est à quatre secondes et six dixièmes.

    - Moi, Steffen, je parie pour un petit tour moral, peut-être dans la mesure où il se rend compte, Kodad, que doubler Gordon à la régulière sera impossible.

    - Un arrêt de N’Guyen, sept secondes et huit dixièmes.

    - Ce qui est remarquable dans ce grand prix d’Italie, c’est que les six premières places sont monopolisées par les trois équipes de ce Championnat du monde. Les deux Luciano de Gordon et Kodad en première et deuxième place. Les deux Ferrari de Martin et Browning aux troisième et cinquième places. Les deux Benetton de Brook et Spencer aux quatrième et sixième places.

    - Il reste vingt tours et l’écart s’accroît entre Gordon et Kodad. Ben Gordon qui peut entrevoir sa cinquième victoire après le grand prix d’Australie, le grand prix d’Allemagne, le grand prix de Hongrie et le grand prix du Japon. Ben Gordon littéralement époustouflant, très incisif... comme vous l’avez remarqué David dans les déplacements... y compris celui de Martin, ce qui n’est pas une mince affaire. Et je vois maintenant que la cadence s’accroît. Ben Gordon tourne en une minute vingt-quatre secondes et vingt dixièmes. Gordon continue d’accroître son écart. Martin passe à la deuxième place et Brook à la troisième place. Khaled Kodad perd toujours pied, il est en cinquième position.

    - Dix tours, il reste dix tours et maintenant neuf dans ce grand prix d’Italie qui est en train de changer la face du Championnat du monde puisque Ben Gordon est toujours en tête devant Kodad, mais cette fois-ci, à trente secondes et huit dixièmes, c’est dire qu’il y a un problème pour la Luciano de l’algérien.

    - Dans le stand Luciano, on commence à s’inquiéter. Vous voyez peut-être derrière nous le directeur technique qui scrute les écrans de télémétrie. On a passé une information à Khaled Kodad. Le panneau à droite indiquant position five, ce qui décrit la position de réglage de la richesse du moteur. Serait-ce un problème de consommation ? D’alimentation ? On ne le saura pas avant l’arrivée. Mais visiblement Khaled Kodad est en difficulté.

    - Oui, en difficulté. Par exemple, soixante et unièmes tours de course, la cadence de Gordon une minute vingt-quatre secondes et neuf cent quatorze centièmes pour le tour et Kodad une minute trente-quatre et cent seize centièmes. Donc, il y a quelque chose qui ne fonctionne plus bien. Alors que Martin est deuxième et Brook troisième. En quatrième et cinquième place, il y a Browning et Spencer en duel. Browning qui n’a pas marqué de point depuis le grand prix du Portugal.

    - Et l’écart s’accroît toujours entre Gordon et Kodad. Martin et Brook sont toujours dans les trois secondes.

    - Kodad se retrouve maintenant à la dix-huitième place. Arrêt au stand avec huit secondes et trois dixièmes.

    - Je crois que la conclusion est déjà faite, à moins que Martin dépasse Gordon.

    - Regardez... Kodad reprend de la vitesse et dépasse ses concurrents. Il est à la treizième place. Quelle montée extraordinaire et surnaturelle. Si Kodad arrive à la sixième place, tout sera fini pour Gordon. Car Gordon et Kodad seront à égalité de points au bilan de la saison. Et Kodad l’emportera grâce à ses sept victoires alors que Ben Gordon en aurait cinq.

    - On a encore cinq tours, maintenant quatre. Un grand prix d’Italie absolument ahurissant. Attention ! ... Il y a Garrison... On retient notre souffle... et là, Ben Gordon a pris son temps pour dépasser Garrison. Rien ne le presse à part que Kodad commence à reprendre du terrain, il est à la dixième place. Et voilà, il reste trois tours avant l’arrivée de ce grand prix d’Italie. Martin toujours deuxième et Brook toujours troisième. Browning et Spencer toujours roue dans roue. Morrison est septième, Ziane est huitième, Valletti est neuvième, c’est la seule Jordan rescapée. Kodad qui est dixième, je pense qu’il va dépasser d’un instant à l’autre Valletti. N’Guyen est onzième. En douzième place Dickson et treizième Sébastini.

    - Et voilà que Khaled Kodad a doublé Valletti et Ziane.

    - A la cravache !

    - A la cravache évidemment ! Kodad a perdu beaucoup de temps pour dépasser les deux pilotes.

    - Mais pourquoi y a-t-il autant de trafic ? Regardez maintenant la Ford devant Gordon. Pourquoi y a-t-il autant de trafic ? C’est parce qu’il y a encore dix-huit voitures en course.

    - Chose incroyable. Regardez...

    - Logan qui s’écarte très sportivement pour laisser passer Gordon.

    - Et oui, ce qu’on retiendra de ce grand prix, c’est la fiabilité de toutes les écuries ici présentes sur ce grand prix d’Italie. Dix-huit voitures... à l’arrivée, cela ne s’est pas vu depuis longtemps dans un grand prix.

    - Deuxième tour pour Ben Gordon. Et il faut saluer ce petit bonhomme qui débute en Formule 1, certes avec l’avenir en voiture mais qui fait quand même des prouesses. Ce petit américain présente toutes les qualités requises. Son pilotage, à la fois incisif, spectaculaire mais assuré, s’allie parfaitement au comportement de la Spring Luciano. Le rival de Ben Gordon est Khaled Kodad. Khaled, lui, a annoncé qu’il visait le titre mondial cette année. Il est considéré comme le meilleur pilote du monde même si, sur ce coup-là, Khaled Kodad n’a pas été très chanceux. Il y avait des problèmes mécaniques sur la Luciano du Leader du Championnat du monde et cela lui coûte le titre mondial. Et maintenant Khaled est en huitième position. On voit aussi que Pierre Martin est en train de tourner cinq à six dixièmes plus vite que Ben Gordon qui vient de repartir des stands avec des pneus neufs et très peu d’essence. Je suis en train de me poser une question. Est-ce que Pierre Martin va nous faire la surprise... On sait que la Ferrari possède dix kilos d’essence en moins, ce qui représente... l’ordre... d’un réservoir un peu plus petit que ses concurrents. Est-ce que Pierre Martin va nous faire la même surprise que nous a faite Matt Browning en Allemagne de s’arrêter avant la fin de la course.

    - En Espagne.

    - En Espagne de s’arrêter encore ?

    - Espérons que non... pour le suspens et pour cette fin de course.

    - Et aussi, la très belle remontée de Khaled qui est maintenant très près de Morrison à six secondes.

    - Et nous avons oublié de parler de James Brook qui est aussi près de Martin. La course n’est pas finie. Le podium, loin de là.

    - La bagarre pour le podium va être terrible.

    - Et Ben Gordon a réduit sa cadence d’environ deux secondes au tour. Il prend des précautions, il tient absolument à gagner les points que lui vaudra cette victoire du grand prix d’Italie et ce titre mondial. Gordon qui doit transpirer dans son casque, mais... qui maintient quand même... qui contrôle cette fin de course à rebondissements, à suspens en tout cas. Quatre secondes tout court entre les leaders du grand prix. Y’a longtemps qu’on n’a pas vu cela, depuis l’Australie évidemment, où là aussi, on avait eu un beau final.

    - Le dernier tour pour Ben Gordon. Du coup, Martin est plus rapide. Il y a une formidable bagarre pour la quatrième place. Browning, Spencer, N’Guyen sont regroupés en moins de deux secondes. Gordon qui va remporter la victoire dans ce grand prix d’Italie et marquer dix points très précieux au classement du Championnat du monde. Formidable Brook. Extraordinaire performance pour l’écurie Mc Laren et son pilote James Brook. Ben Gordon dans la dernière ligne droite... avec la Spring Luciano. Et maintenant, il ne reste que cinq cent mètres... quelques dizaines de mètres pour Ben Gordon. On va pousser un sacré soupir de soulagement du côté de chez Luciano. Ben Gordon vainqueur du grand prix d’Italie et vainqueur du titre mondial sur Luciano ! Le résultat d’un grand prix d’Italie qui n’a pas manqué de rebondissements et de coups de théâtre. Ben Gordon qui salut son équipe. Le deuxième est Martin, suivi de Brook, Browning et Spencer, N’Guyen, Morrison, Kodad, Liane, Valletti, Dickson, Sébastini, Wells, Shépard, Ramson, Malone et Connor.

    - Bravo ! Ben Gordon qui remporte une très belle victoire. Belle performance. Khaled Kodad qui salut. Il sait que c’est la mécanique qui a tranché.

    L’hymne s’éleva sur le circuit. La foule écoutait l’hymne national italien en l’honneur de l’écurie Luciano. Christelle, sur la plus haute marche du podium, laissa éclater sa joie. Christelle, Martin et Brook firent exploser les bouchons des bouteilles de champagne et s’arrosèrent. Puis, le premier ministre d’Italie en personne remit la coupe à Ben Grodon.

    Elle avait réussi à gagner ce titre mondial. La veille, elle avait rêvé de son père et de sa mère. Son père lui avait fait le signe de la victoire avant de disparaître.

    - Voici un moment important pour Ben Gordon sur le podium.

    C’était peu dire.

    A ces mots, Christelle retira sa casquette et ses lunettes de soleil. Des exclamations de surprise sortirent de la bouche des spectateurs en découvrant une femme sur le podium. Il y eut comme un malaise, une tension. Tout le monde se regardait en essayant de trouver une réponse sur le visage du voisin. Puis, des applaudissements et des sifflements s’enchaînèrent.

    Les reporters commencèrent à affluer de partout. Elle se retrouva bientôt prise en sandwich entre eux. Elle voulait les repousser tellement elle n’arrivait plus à respirer. Une personne lui emprisonna la main et la tira. Elle allait remercier son sauveur lorsqu’elle vit qu’il lui jetait un regard empoisonné.

    - Vous m’avez bien tous eu ! Depuis le début, Ben et vous ne faisiez qu’une seule et même personne ! répliqua Anthony avec froideur.

    - Oui…

    - Qui était au courant ?

    - Mon frère et moi.

    - Seulement ? Personne d’autre ?

    - Bien sûr !

    - Et Rebecca ?

    - Qu’a-t-elle à faire dans cette histoire ?

    - Est-ce qu’elle savait...

    - Mademoiselle, s’il vous plaît ! l’interpella un journaliste.

    Celui-là avait bien choisi son moment pour intervenir. Il lui prit le bras et la dirigea vers une table où il la fit asseoir. Devant elle étaient regroupés tous les journalistes. Quelques secondes plus tard, Anthony vint s’asseoir à ses côtés.

    - Monsieur Luciano, commença un journaliste, saviez-vous que c’était une femme ?

    - Bien sûr. Comment l’aurai-je engagée ?

    - Comment s’appelle cette fameuse jeune femme ? questionna un autre journaliste.

    - Christelle Gordon.

    - Mademoiselle Gordon, pourquoi avez-vous choisi Ben pour prénom ?

    - Parce que c’est celui de mon frère et pour qu’on ne sache pas qu’une femme pilotât une formule 1.

    - Khaled Kodad, saviez-vous que vous aviez pour coéquipière Christelle Gordon ?

    - Tout à fait, et j’ai été heureux de l’apprendre. On était tous au courant dans l’équipe.

    Anthony jeta un regard noir à Christelle qui haussa les épaules.

    - Qu’est-ce que cela vous fait d’être deuxième ?

    - Cela me change et je suis très heureux pour Christelle.

    - Est-ce que vous concourrez la saison prochaine, Mademoiselle Gordon ?

    - Je ne sais pas encore.

Paris (France), le dimanche 2 Novembre 2008

    - Lolé, vise-moi ça !... Ecoute-moi, Lolé ! Lève la tête de ton journal et vise-moi ça, insista Mehmet.

    - Bon sang ! Qu’est-ce que tu veux ?

    - Regarde la télé.

    - Et alors ?

    - Tu ne remarques rien ?

    - Si tu ne veux pas dire de quoi ça retourne, tu me lâches les baskets !

    - C’est la fille !

    - Si tu arrêtais de me parler par énigme…

    - C’est la fille qu’on recherche ! La fille de la photo !

    Lolé sortit de sa poche la photo et examina les deux visages.

    - Tu ne pouvais pas le dire plutôt ! Où se trouve-t-elle ?

    - En Italie.

    - Envoie tout de suite des hommes là-bas et dis-leur de ne rien entreprendre sans que je n’en donne l’ordre !

    Cela faisait des mois que Jack était mort. Lui, il avait pu en réchapper en démontrant à son patron qu’il était le seul à avoir vu la jeune femme. Si Montana le tuait, qui donc saurait la reconnaître ? Sur ces arguments, Montana lui avait laissé la vie sauve.

    - Tu es toujours là, Mehmet ?

    - Je suis...

    - J’ai dit tout de suite ou je te flanque une balle dans la tête !

    - Ne te fâche pas Lolé. J’y vais. Calme-toi !

    Dès que Mehmet ferma la porte, Lolé composa un numéro.

    - C’est Lolé. Trouve-moi des renseignements sur une certaine Christelle Gordon.

Circuit de Monza (Italie), le dimanche 2 Novembre 2008

    Anthony se leva.

    - Finies les questions et merci d’être venus !

    Puis, ils laissèrent la place à leurs concurrents.

    - Où allez-vous, Christelle ?

    Christelle qui avait entendu, accéléra le pas mais en vain, car Anthony la rattrapa et lui barra le chemin.

    - Nous n’avons pas fini notre conversation.

    - Pour ma part, on n’a plus rien à se dire.

    Elle fit un pas en avant pour lui signifier que ces mots étaient sincères, cependant il ne la laissa pas pour autant passer.

    - Si vous ne répondez pas à mes questions je ne vous laisserais pas tranquille jusqu'à ce que vous y répondiez, dit-il d’un ton ferme.

    - Allez-y, mais vite, se résigna-t-elle.

    - Qui d’autre a été au courant de ce petit stratagème ?

    - Personne d’autre, mentit-elle.

    - Qui a eu cette idée ?

    - Moi.

    - Pourquoi ?

    Christelle ne répondit pas.

    - Vous me détestez beaucoup à ce que je vois, remarqua-t-il d’une voix dure.

    - Le mot détester est trop faible. Haïr aurait mieux convenu.

    Puis elle se mit à courir et héla un taxi.

    « Arrête de te mentir à toi même, tu l’aimes toujours. C’est pour cela que tu pleures », songea-t-elle. 

    - Vous avez des problèmes, ma p’tite dame ?

    - Non, une poussière dans l’oeil.

    - J’ai vu que vous sortiez du circuit de Monza. J’ai écouté la radio et j’ai entendu que Ben Gordon n’est autre qu’une femme. Est-ce vrai ?

    - Oui.

    - J’ai hâte de rentrer chez moi et de voir la tête de cette bonne femme. J’aurai voulu voir cela de plus près…

    - J’imagine.

    - Tout à fait. Dommage, j’aurai aimé avoir des autographes.

    - J’ai des autographes de Christelle Gordon et de Khaled Kodad. Les voulez-vous ?

    - Vous voulez rire ! Avoir des autographes des deux titres mondiaux. Je ne pouvais rêver mieux !

    Christelle prit dans son sac un papier, un stylo et signa. Puis, elle prit l’autographe de Khaled Kodad et les tendit au chauffeur.

    - Pourquoi me les donnez-vous ?

    - J’aime bien faire plaisir aux gens.

    - Vous êtes sûre que ce ne sont pas des fausses ?

    - Vous avez enregistré la course ?

    - Oui.

    - Vous verrez donc à la télé qu’on m’a signé des autographes. Si vous ne me voyez pas, c’est que j’aurais menti.

    - Vous êtes arrivée ma p’tite dame.

    Christelle lui tendit l’argent et lui donna un pourboire.

    - Merci pour les autographes. Bonne journée.

    Quand elle pénétra dans l’hôtel, un adolescent s’approcha d’elle avec hésitation et balbutia :

    - Pour... pourrai-je a... avoir un autographe, Mademoiselle Gordon ?

    - Bien sûr !

    Dès qu’elle le lui signa, d’autres personnes l’entourèrent et en demandèrent également. Puis, ils se dispersèrent après l’avoir félicitée.

    Christelle se dirigea d’un pas décidé vers son armoire et rangea ses affaires dans ses valises. Des coups se firent entendre à la porte.

    - Qui est-ce ?

    - C’est Ben !

    - Rentre, c’est ouvert !

    Après être rentré, Ben souleva Christelle et la fit tournoyer.

    - Tu as tenu ta promesse soeurette ! s’enthousiasma-t-il en la reposant au sol.

    - Oui, petit frère. J’ai gagné !

    - En fait, pourquoi ne nous as-tu pas attendus ?

    - Je vous ai cherchés et comme je ne vous ai pas vus, j’ai cru que vous étiez rentrés, mentit-elle.

    - Tu pars ? dit-il surpris.

    - Oui. Isabelle va bientôt accoucher et je veux être là-bas. De toute façon, on se reverra dans une semaine.

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