Chapitre 18

Chapitre XVIII

 

Quelque part (Etats-Unis), le dimanche 23 Novembre 2008

     Carl, après avoir fait deux pas, les entendit se disputer à son sujet. Il allait s’en aller lorsqu’il entendit un bruit sec. Cet Anthony Luciano l’aurait-il frappée ?

    Il devait à tout prix garder Christelle Gordon sans aucune éraflure. C’était les ordres de Lolé.

    Il hésita à intervenir, puis se décida enfin à ouvrir la porte. Il sortit son arme. Il ne savait pas ce qui l’attendait là-dedans. Il se méfiait toujours.

    Christelle Gordon était recroquevillée sur elle-même en pleurs. Sa lèvre était fendue. Elle lui jeta un rapide coup d’œil et pointa la porte du doigt.

    - Il est là derrière, lui lança-t-elle.

    Carl avait remarqué quelque chose d’inhabituel dans la pièce. Le coffre fort était fermé. Son instinct lui soufflait que ces deux-là lui jouaient un mauvais tour.

    - S’il vous plaît, emmenez-moi loin de lui, l’implora Christelle en se relevant et en s’approchant de lui.

    - Carl se retourna complètement vers le coffre fort.

    - Sors de là ! intima-t-il à l’intention d’Anthony.

    - Mais je vous dis qu’il est derrière la porte…

    - Vous me prenez tous les deux pour un imbécile. Sors de là…

    La porte du coffre ne s’ouvrait toujours pas.

    - Dernière chance. Je compte jusqu’à trois. Un… deux…

    - S’il vous plaît, ne faites pas cela, pria Christelle en lui prenant le bras.

    - Lâche-moi !

    Il dégagea la main de Christelle en balançant son bras d’avant en arrière brutalement.

    - Et de trois… tu l’auras voulu.

    Il pointa son arme vers le coffre et tira les six balles de son revolver. Le coffre était transpercé.

    Même si Carl n’était pas un enfant de chœur, il lui avait donné sa chance à ce milliardaire. Et il n’avait pas su la saisir. Et à présent, ce coffre était son tombeau.

    Il baissa son arme lentement. Il sentit alors sa gorge se nouer. Que lui arrivait-il ? C’était comme si un étau se resserrait.

    - Désolé mon vieux, mais tu aurais dû écouter la demoiselle.

    C’était la voix de Luciano.

    Ce dernier lui prit l’arme des mains et lui donna un coup sur la tête. Carl s’écroula sur le sol.

    Christelle se précipita et se serra tout contre Anthony.

    - Christelle, murmura Anthony. Je ne voulais pas te faire du mal…

    - Tu étais obligé. On avait préparé ce plan hier.

    - Oui. Ces mots, qui sont sortis de ma bouche, étaient difficiles à prononcer, et te frapper l’était encore plus.

    - Je le sais. Soit c’était cela, soit on était tous les deux morts, dit-elle en l’embrassant. Partons avant que l’autre n’arrive.

    Anthony fouilla dans les poches de la veste de Carl. Il trouva quelques balles qui pourraient certainement lui servir par la suite. Il en introduisit dans le canon et plaça l’arme près de son abdomen. Il ferma la porte soigneusement. Ensuite, ils prirent à droite. Ils ne se souvenaient pas par quel chemin ils étaient arrivés.

    - C’est un vrai labyrinthe, observa Christelle au bout d’une quinzaine de minutes. J’ai l’impression qu’on tourne en rond.

    Un coup de feu se fit entendre derrière eux. Anthony prit la main de Christelle et se mit à courir en l’entraînant. Ils tournèrent immédiatement à gauche afin de se couvrir. Mais un homme se tenait devant eux en pointant son arme.

    L'homme était l'un des deux hommes qui l'avaient prise en chasse avec Christian. Maintenant, ils étaient pris en sandwich. D'un côté, Mehmet arrivait en courant et de l'autre, il y avait cet homme. Ils étaient perdus.

    - Allez-y, leur intima-t-il en baissant son arme... Grouillez-vous, vous voulez vous faire tuer ! Filez tout droit et tournez à gauche pendant que je vous couvre. Et vous m'y attendrez là-bas. Compris ?

    - Ok, répondit Anthony stupéfié.

    - Pourquoi, faites-vous cela ? interrogea Christelle.

    - Je vous expliquerai après. Maintenant... allez-y !

    Anthony et Christelle cavalèrent le plus vite possible tandis que l’homme tirait sur Mehmet. Au moment où les coups de feu cessèrent, l'homme les rejoignit au pas de course. Au moment même où il les atteignit, il reçut une balle à l'épaule gauche.

    - Ce n'est rien. Suivez-moi.

    - Allez-y d'abord et je vous rejoins, ordonna Anthony.

    - Non...

    - Ecoute Christelle, il faut que l'un de nous reste pour te protéger.

    - Je suis d'accord avec lui. Tenez, je vous passe mon arme.

    - Ce ne sera pas nécessaire, j'en ai une, informa Anthony en sortant l’arme de Carl.

    - Venez, enjoignit l’homme à l’adresse de Christelle.

    - Je ne peux pas laisser Anthony seul.

    - J'arrive tout de suite. S'il t’arrivait quelque chose...

    - Fais attention, je t’aime, souffla-t-elle lorsque l’homme la traîna de force.

    - Je t’aime.

    Il les suivit du regard. Mehmet s’était approché en n’entendant plus de coups de feu. Anthony visa vers les pieds et tira deux fois afin que l’homme rebrousse chemin. Lorsqu’il se mit à couvert, Anthony en profita pour retrouver Christelle.

    - Dépêchez-vous, Anthony. L'autre cinglé ne va pas tarder à se ramener. La sortie est droit devant nous.

    L’autre cinglé était justement sur leurs talons. Anthony se plaça près du mur et tira sur ce dernier, mais le rata. Pendant ce temps-là, l’homme entraina Christelle jusqu’à la porte de sortie.

    Anthony les rejoignit quelques secondes plus tard.

    Une voiture les attendait dehors.

    - Montez dans la voiture, indiqua l'homme qui perdait de plus en plus de sang.

    Dès qu’ils pénétrèrent dans le véhicule, des balles vinrent se loger sur les portières.

    - Couchez-vous ! cria le conducteur.

    La vitre arrière explosa sur les trois passagers. La voiture démarra en trombe.

    - Vous pouvez vous relever. On est assez loin.

    - Mais qui êtes-vous ? demanda Christelle.

    - Je suis Lolé, un agent d’Interpole et ce ne sera pas nécessaire que je vous présente mes collègues.

    L'homme assis à côté du conducteur enleva sa casquette et se retourna vers eux.

    - Hello !

    - Greg… Byron ! Quelle joie de vous revoir surtout dans ces circonstances.

    - Merci infiniment les gars, ajouta Anthony. Par contre, Lolé est tout pâle. Il perd beaucoup de sang. Il faut aller à l'hôpital, fit-il remarquer.

    - D'accord.

    - Je vais bien, je vais bien…

    Lolé perdit connaissance.

Minnesota  (Etats-Unis), le dimanche  23 Novembre 2008

    A l’hôpital, alors que Lolé était en salle d’opération, Christelle et Anthony appelèrent leur famille.

    Ben s’était joint aux pleurs de joie de Maria et de Rebecca en entendant leurs voix.

    Ils s’étaient inquiétés la veille en ne les voyant pas à la réception. Il avait été inutile de les appeler au téléphone car tous les deux n’avaient pas pris leur portable. Ils voulaient profiter totalement de cette journée sans être dérangés.

    Rebecca avait prévenu la police de leur disparition. On lui avait indiqué qu’il fallait attendre quarante-huit heures. Au nom de Luciano, on l’avait mise en contact avec une personne plus haut gradée. Cette dernière avait accepté d’envoyer des hommes. Des inspecteurs étaient venus discrètement se mêler aux convives. Ben et Rebecca malgré leur appréhension, ne souhaitaient pas interrompre la fête pour ne pas alarmer les invités.

    Alors que Christelle raccrochait, Byron s’approchait d’eux.

    - L’infirmière a dit qu’il était inutile d’attendre le réveil de Lolé. L’opération et le réveil dureront un bon moment. Et surtout Lolé aura besoin de repos car il a perdu beaucoup de sang. On reviendra demain après-midi, c’est mieux.

    Anthony hocha affirmativement la tête. Il était pressé de rentrer chez lui. Anthony invita Byron et Greg à « Stenton Court ».

    Greg et Byron prirent leur sac dans la voiture criblée de balles. Celle-ci devait être remorquée par les fédéraux par la suite.

    - J’y pense, se souvint Greg. Lolé avait quelque chose de très important à te communiquer, s’adressa-t-il à Christelle.

    - Qu’est-ce ? demanda-t-elle curieuse.

    - Tu le sauras demain.

Minnesota  (Etats-Unis), le lundi 24 Novembre 2008

    Le lendemain matin, Christelle pénétra dans la salle à manger. Tout le monde était présent autour de la table pour le petit-déjeuner. Anthony avait insisté pour qu’elle reste chez lui. Ils avaient donc fait un détour chez elle afin de récupérer des vêtements. Elle embrassa, sur la joue, tour à tour, Maria, Rebecca, Ben, Greg, Byron et Anthony avant de s’installer près de ce dernier. Elle attendait Allan qu’elle avait rencontré dans le hall. Il devait lui apporter du café bien chaud.

    - Coucou !

    Tout le monde se retourna vers la nouvelle arrivante. C’était Dominika. Elle prit place juste à côté de Ben. Elle fut la seule à être au courant de leur captivité.

    - Bonjour Dominika. Je vois que vous êtes en pleine forme, constata Anthony.

    - Tout va bien pour moi. Mais c’est de vous qu’il s’agit. Ma pauvre Christelle, on vous a maltraitée, la plaignit-elle en s’avisant de la plaie sur sa lèvre.

    Christelle sourit. Elle lui raconta leur stratagème qui avait fait croire à Carl qu’Anthony s’en était pris à elle. Il fallait à tout prix que leur mascarade reflète la réalité.

    - Où est Allan ? demanda Dominika.

    - Juste derrière vous, miss. Vous désirez ?

    - Du café, s’il vous plaît !

    - Le voici !

    Allan servit d’abord Christelle, puis Dominika.

    - Quand est-ce que vous partez en lune de miel ? interrogea Maria en se tournant vers Ben et Rebecca.

    - Demain après-midi, maman. Nous partons pour deux semaines.

    - Avez-vous commencé à chercher un logement ? continua Maria.

    - Pas encore. Nous pensons dans un premier temps prendre une location.

    Christelle hocha négativement la tête.

    - Vous habiterez à la maison.

    - Merci grande sœur mais nous voudrions un peu d’intimité…

    Christelle sourit à cette remarque.

    - Je sais. Mais la maison nous appartient à tous les deux. Je te la laisse en guise de cadeau.

    Ben resta interdit par la proposition de Christelle.

    - Et toi, où iras-tu ?

    - Elle s’installera chez moi.

    Toutes les têtes se retournèrent vers Anthony.

    Quel genre de proposition Anthony lui faisait-il ? Elle l’aimait plus que tout mais elle ne souhaitait pas vivre avec lui dans le péché.

    Anthony se leva, puis s’agenouilla devant Christelle. Il lui prit la main et la regarda avec un sourire.

    - Je ne pensais pas te demander cela ce matin mais vu les circonstances… voudrais-tu m’épouser ?

    Les yeux d’Anthony brillaient de mille éclats. Christelle rougit sous ce regard ardent d’amour.

    Elle avait tant attendu cet instant. Elle semblait être dans un rêve.

    - Oui… oui, répéta-t-elle.

    Des applaudissements accompagnèrent sa réponse. Elle aurait tant voulu lui sauter au cou et se blottir contre lui. Elle aurait voulu que ses bras musclés l’encerclent et la gardent près de lui. Mais l’endroit n’était pas propice aux effusions de ce genre. Elle était gênée par toutes ces personnes.

    Anthony lui baisa la main comme s’il avait lu ses pensées. Mais son sourire promettait de rattraper ce moment d’intimité.

    Il se leva et reprit sa place.

    - Et la bague ? interrogea Maria.

    Anthony éclata de rire.

    - Franchement maman, je ne pensais pas faire ma déclaration ce matin. Cela me donnera l’occasion de reformuler ma demande dans un endroit beaucoup plus romantique.

    Maria hocha la tête en guise d’assentiment.

    Allan qui jouait toujours son jeu de séduction avec Dominika se pencha vers elle pour la questionner.

    - Vous n'êtes pas fâchée ?

    - Pourquoi voulez-vous donc que je sois fâchée ?

    - J'avais cru... puis-je vous inviter à dîner ?

    - J'accepte.

    - Je plaisante. Faites comme si je ne vous avais rien dit !

    Le visage tout souriant de Dominika était devenu sombre. Elle se leva.

    - Au revoir tout le monde, je dois y aller.

    Elle partit sans rien dire d'autre.

    - Allan vous lui avez fait de la peine, commenta Christelle.

    - Pourquoi ? Elle a refusé mon invitation.

    Christelle fronça les sourcils. Allan s’attendait tant à une réponse négative qu’il n’avait pas pris la peine d’écouter Dominika. Cette invitation, il l’avait tant de fois proposée et elle l’avait tant de fois refusée.

    - Elle a accepté votre proposition. N'avez-vous pas remarqué qu'elle ne vous a pas fait de pique aujourd'hui ?

    - En y pensant, c'est vrai...

    - En plus, elle est amoureuse de vous. Cela se voit comme le nez au milieu de la figure. Allez la rattraper avant qu'elle s'en aille, conseilla Christelle.

    - Vous croyez ?

    Allan détala pour rejoindre Dominika.

    - Je n'en reviens pas, dit Anthony.

    - Moi non plus, qui aurait pu imaginer ça ? avisa Rebecca.

    - On aurait pu s'en douter. Les personnes qui se disputent le plus sont celles qui s'aiment le plus, expliqua Christelle.

    - Grande sœur, tu te trompes, tu as des exceptions à la règle : Rebecca et moi, Isabelle et Marks.

    - Je sais…

    La voix calme de Maria s’éleva :

    - A présent que l’amour est à votre porte, qu’en est-il de votre carrière ma chère enfant ? Allez-vous concourir la saison prochaine ?

    Christelle n’y avait pas encore songé. Maintenant qu’Anthony faisait réellement partie de sa vie, il fallait prendre en compte certains paramètres. Il ne lui restait que très peu de temps pour se décider.

    - Vous le saurez après-demain.

    - Pourquoi ? questionna Rebecca.

    - J'aurai une interview avec un journaliste.

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