Chapitre 2

Chapitre II

 

Minnesota (Etats-Unis), le vendredi 4 Avril 2008

 

     Un pigeon se tenait sur le rebord d’une fenêtre. Il regardait à travers la fenêtre éclairée d’une maison.

    Un homme était allongé sur un futon. Il lisait un roman policier dont il n'arrivait pas à suivre l'histoire. Anthony n'arrêtait pas de songer à la jeune femme avec laquelle il avait lié connaissance ce midi « Chez Maxime ».

    C’était une très belle jeune femme brune aux longs cheveux raides et fins. Les lèvres déjà si sensuelles étaient agrémentées d’un petit grain de beauté sur le côté gauche de la lèvre inférieure. Cela, il ne pouvait le chasser de ses pensées.

    Il ferma son livre brusquement et le posa sur la table de chevet en chêne située à sa gauche, puis il éteignit la lumière en frappant deux fois dans les mains.

    Se remémorant la scène, il rit. Il était rentré dans le jeu de Joanna. Il n’avait pas cru un seul instant à Magui. Pourquoi avait-elle décidé de se jouer de lui ? Voulait-elle tout simplement passer le temps ? Il n’était certainement pas aussi beau qu’il le croyait. Son souvenir le ramena à sa jeunesse.

    Il n’avait jamais été beau. A l’âge de dix ans, il portait des lunettes et tout son visage était rempli de boutons. On le surnommait le boutonneux. A dix-huit ans, ses boutons avaient disparu, ses dents avaient retrouvé leurs places grâce à un appareil dentaire, mais il était toujours aussi maigre. Jusqu’à vingt-deux ans, il n’était jamais sorti avec une fille. Puis…

    Pourquoi cette femme lui faisait-elle tant d'effets pour ressasser ces douloureux souvenirs ? Il tapa du poing sur l'oreiller en guise de réponse. En fin de compte, il s'endormit avec un large sourire.

 

    Il se réveilla à sept heures moins cinq, juste avant que son radio-réveil ne sonne. Après avoir pris une bonne douche chaude, il descendit dans la cuisine se faire un café, mais celui-ci était déjà préparé par Aliana qui était debout bien avant lui. Il se servit une tasse et s'assit à califourchon sur une des chaises.

    Le peu de choses qu'il connaissait de cette ravissante personne était son prénom. Joanna. Quel beau prénom pour une aussi jolie femme ! Elle avait de magnifiques cheveux bruns qui tombaient en cascade sur ses épaules. De plus, elle n'avait aucun petit ami. Il n'allait sûrement plus la revoir avec tout le travail qui l'attendait.

    « Oh et puis, une de perdue, dix de retrouvées ! »

    Il ne fut pas dupe car il savait qu'elle ne serait pas facile à remplacer. Il était déjà sorti avec de très belles femmes mais aucune ne lui avait fait cet effet-là. Lorsque hier, il lui avait serré la main, il avait senti comme une onde électrique lui parcourir le corps tout entier. Il avait fait comme si de rien n’était pour qu'elle ne s'aperçoive pas qu'il avait été déconcerté. Avait-elle reçu cette sorte de décharge électrique ? Il ne le savait pas. Il avait cru défaillir quand il avait remarqué une bague à son annulaire gauche. Après mûre réflexion, il avait posé la question qui lui brûlait les lèvres et la réponse qu'elle lui avait donnée fut pour lui comme un miracle, et cela il ne savait pas pourquoi. Pourquoi pensait-il à cette femme ? Elle lui avait joué la comédie. De toute façon, il ne la reverrait plus, c'était sûr.

    Il but une gorgée de son café et remarqua que celui-ci était froid. Cette femme le mettait dans tous ses états et il en oubliait jusqu'à son café préféré du matin. Il regarda sa montre et se rendit compte qu'il allait être en retard.

    - Tant pis !

    Il se leva, renversa le contenu de son verre dans l'évier et le rinça. Il prit la veste qu'il avait posée sur la table et sortit en fermant soigneusement la porte pour ne pas réveiller tout le reste de la maison. Même en conduisant, il ne parvenait toujours pas à effacer de sa mémoire la jeune et splendide Joanna.

    « Je crois qu'elle m'a jeté un sortilège », songea-t-il en riant.

 

Wisconsin (Etats-Unis), le vendredi 4 Avril 2008

    Christelle arriva sur le circuit de l’Arboretum de l’Université du Wisconsin. C’était un magnifique circuit qui se trouvait au sud du lac Wingra. C’était sur ce circuit que son père passait le plus clair de son temps. Hors courses et essais, il aimait conduire ces bolides. Il voulait devenir le meilleur. C’était ici que Christelle avait appris à conduire.

    Tout autour de la piste, il y avait des gradins, mais aussi des pneus pour amortir le choc en cas d'accident. Elle savait au fond d'elle-même que cela ne se produirait pas, car aujourd'hui, ce mercredi quatre avril, était un jour très important pour elle. Son père lui disait toujours : prudence est mère de sûreté.

    Tom Damien, qui était son manager et le père de Marks, s'approcha d'elle d'un air furieux. Tom était un homme d'une cinquantaine d'années qui en paraissait quarante. Ses cheveux toujours noirs étaient clairsemés de quelques filets d'argent. Son visage bruni par le soleil d'Hawaii lui donnait l'air encore plus jeune. Depuis quelques mois, il ne pratiquait plus de sport et cela se voyait. Sous sa chemise se laissait deviner un petit embonpoint alors qu’il avait toujours eu, à sa connaissance, le ventre plat. Cet homme avait été le meilleur ami de son père et comme un second père pour elle. Contrairement aux autres jours, il portait un très beau costume noir.

    - Bonjour ma grande ! Es-tu prête ?

    - Je l’espère…

    - Allez, pas de temps à perdre, va te préparer !

    Christelle regarda sa montre. Il n’était pas encore huit heures. Elle avait même une bonne dizaine de minutes d’avance. Pourquoi était-il aussi nerveux ?

    - D'accord, j'y vais chef ! s’exclama-t-elle en faisant le salut militaire.

    Et elle s'éclipsa en courant.

    Arrivée au vestiaire, elle enleva ses vêtements et mit sa combinaison. Si elle réussissait, son rêve enfin se réaliserait. Non, pas son rêve, mais celui d'une personne très chère à qui elle avait fait une promesse.

    Elle rejoignit Tom qui était adossé au mur à l'extérieur du garage. En la voyant, il eut un large sourire. Dès qu'elle arriva à sa hauteur, il la prit par les épaules et l'emmena à l'intérieur.

    - Tu vas voir, elle est superbe ! révéla-t-il en la poussant de plus en plus vers un objet protégé par un drap.

    - Je... je peux l'enlever ? balbutia-t-elle émue.

    - A toi l'honneur, petite ! C'est ton cadeau pour quelque temps, si tu arrives à le persuader de t'engager.

    Elle souleva le drap. L'instant parut durer une éternité. Elle discerna une formule 1 peinte en noir. Une voiture tellement puissante pour sa petite taille !

    Christelle fit le tour de la voiture et remarqua que c'était une Luciano. Difficile de ne pas le remarquer surtout que le nom était inscrit en rouge vif ! L’écurie Luciano s’était retrouvée, il y avait environ trois semaines, sans pilote automobile. Greg Livington, le pilote, s’était malheureusement cassé les côtes lors d’une promenade à cheval.

    Tom n’avait pas hésité une seconde à contacter les bonnes personnes.

    - Pince-moi je rêve...

    Tom lui pinça la joue.

    - Aïe! Wouaaaah ! C’est super !

    Cette formule 1 avait été conduite par le champion du monde Khaled Kodad.

    Le garage commençait à se remplir de mécaniciens. Surpris, ils vinrent tour à tour la saluer et lui souhaiter bonne chance avant de régler quelques petits détails sur la voiture.

    Elle chercha Tom du regard et vit qu'il avait disparu.

 

    - Bonjour ! s'exclama Tom en serrant la main de l'homme qui venait juste d'arriver. Comment allez-vous ?

    - Je vais très bien, je vous en remercie. Et vous ?

    - Ca va, merci.

    Le nouvel arrivant et Tom se dirigèrent vers le seul et unique stand. Tom appuya sur un bouton et tous les écrans de télévision se mirent en marche. Dans cette pièce, toute la technologie que l’on retrouvait sur les circuits de formule 1 était présente.

    - Je vous en prie, proposa Tom en désignant, à l’homme, une chaise à côté d'une table. Voulez-vous un jus d'orange ou du café ?

    - Un café fera très bien l'affaire, répondit-il.

    Tom aimait bien cet homme. Il était le portrait craché de son défunt père. Ses pensées furent de courte durée car il entendit le vrombissement de la formule 1 qui commençait à faire des tours de piste doucement, puis de plus en plus vite. Qu'il avait été heureux ce matin en voyant la mine radieuse de Christelle lorsqu'elle avait découvert la voiture ! Christelle… il la considérait comme sa fille depuis la mort de son meilleur ami.

    Après quelques minutes, Monsieur Luciano l'interrogea :

    - Comment s'appelle ce pilote ?

    - Chris Gordon. Qu'en pensez-vous ?

    - Il est bon et même plus que cela. Je crois que je vais l'engager.

    - Vous faites un très bon choix, c'est l'un de mes meilleurs pilotes.

     Il disait la vérité, car il n'en avait qu'un seul, et c'était Christelle.

    - Vous m'avez bien dit Chris Gordon ?

    - Oui c'est ça, pourquoi ?

    - Ce ne serait pas par hasard le fils de Jason Gordon ?

    - Oui, mais...

    Il n'eut pas le temps de finir car l’homme ajouta :

    - Il est comme son père.

    - Je voulais vous dire que...

    - C’est intéressant, coupa-t-il en indiquant de la tête la voiture sur un des écrans. Vous disiez ?

    - Rien du tout ! Vous verrez !

 

    Christelle fit un dernier tour avant de s'arrêter au stand. En descendant de la formule 1, ses jambes tremblaient. Elle était contente, jamais elle n'avait aussi bien conduit. Après avoir fait quelques pas, elle vit deux hommes assis près du tableau de contrôle. Plus elle avançait, plus elle distinguait les traits de l'homme assis à côté de Tom.

    « Je rêve ou quoi ! » pensa-t-elle.

    C'était effectivement lui. Lorsqu’elle arriva à hauteur de la table, il ne prit pas la peine de se lever et lui tendit la main. Elle hésita, puis la serra. Sa poignée de main fut ferme et rude.

    - Bon... bonjour, bafouilla-t-elle.

    - Tu sais, Chris, tu peux enlever ton casque maintenant, suggéra Tom.

    Elle en fut déconcertée et stupéfaite. Cet homme lui faisait tellement perdre la tête qu'elle en oubliait son casque, qui pourtant, la faisait transpirer tant elle avait chaud. Elle retira son casque et sa cagoule, et eut un large sourire en voyant la tête que faisait l'Italien en face d'elle. Puis, elle s’assit sur l'une des chaises.

    Anthony Luciano fut ébahi car la femme qui était installée près de lui n'était autre que Joanna... ou Chris. Il ne savait plus très bien. Qui était cette jeune femme ? Une secrétaire ou un pilote de course ?

    - Monsieur Luciano... commença Tom.

    - Tony, appelez-moi Tony.

    - Tony, je vous présente Chris.

    - Vous... vous ne m'avez pas dit que c'était une femme, balbutia Anthony sans quitter des yeux Christelle qui affichait un sourire narquois.

    - J'ai voulu vous en avertir, mais vous étiez concentré sur la conduite.

    - Vous n'êtes donc pas ouvrier en bâtiment… Tony, lança-t-elle d'un ton sarcastique. Je me disais bien que vous me rappeliez quelqu'un.

    Une image s'interposa dans son esprit. Celle d'une photo dans un magazine people quelconque. Elle représentait Anthony au bras de l'une de ces jolies blondes pulpeuses.

    - Et Joanna n'existe pas. C'est encore moins une secrétaire.

    - Vous avez tout compris !

    - Je ne comprends rien à ce que vous dites. D'abord, qui est cette Joanna ? questionna Tom.

    Tom les regarda tour à tour, cependant ni Anthony ni Christelle ne lui prêtèrent attention.

    - Votre prénom est donc Chris, c'est bien cela ?

    - Chris est le diminutif de Christelle.

    - Christelle..., pensa-t-il à voix haute avec une infinie douceur qu’elle en frissonna. C'est mieux que Chris. Avec ce diminutif et cette combinaison, je vous avais prise pour un homme.

    - C'est très flatteur de votre part. Je suis honorée de ce compliment, répliqua-t-elle narquoisement.

    Elle ne sut pas très bien pourquoi elle lui parlait sur ce ton. Peut-être parce qu'il lui avait menti sur son métier. Mais ne l'avait-elle pas fait aussi ? Pourquoi lui en vouloir ? Elle devait pourtant comprendre la réticence d'Anthony à divulguer sa véritable profession.

    Plus elle le regardait, plus elle le trouvait beau. Son envie la plus folle maintenant était de mettre ses mains dans les magnifiques cheveux bruns d'Anthony. Elle connaissait à peine cet homme et des idées comme celles-ci lui trottaient dans la tête. Les hommes qu'elle avait côtoyés ne lui avaient jamais fait cet effet-là… Pas même Steve !

    - Comment m'avez-vous trouvée sur le circuit ? demanda-t-elle brusquement.

    - Très bien ! Vous êtes le meilleur pilote que j'ai vu pour l'instant, répondit-il avec sérieux.

    Elle savait qu'elle était très douée. Tout le monde le lui répétait, non par gentillesse, mais parce que c'était vrai. Ce compliment d'Anthony lui alla droit au cœur. Elle avait été trop dure avec lui. Il faudrait qu'elle lui présente des excuses tout à l'heure. Pour le moment, elle voulait sauter de joie et l'embrasser.

    « Je commence à divaguer », songea-t-elle.

    - Vous allez donc m'engager ?

    - Non.

    La réponse d'Anthony fut ferme.

    Christelle et Tom furent surpris. Pour Christelle, c’était comme si un gouffre énorme s’était ouvert sous ses pieds. Toutes ses espérances s’étaient envolées comme neige au soleil.

    Tom recouvra sa voix.

    - Vous m'aviez dit que vous alliez l'engager.

    - J'ai dit : je crois.

    - Vous avez dit que j'étais douée... à moins que vous n’ayez menti.

    - Je ne mens jamais.

    Elle lui lança un regard noir qui voulait lui faire comprendre le contraire.

    - Bon d'accord ! Je mens parfois, mais là, j'ai dit la vérité.

    - Pourquoi ne voulez-vous pas m'engager ?

    - Vous êtes une femme, suis-je assez clair ? Et...

    - Quoi ? Parce que je suis une fille, je...

    Elle n'avait pas fini qu'elle tapait déjà du poing sur la table.

    - Tout à fait !

    Ne voulant plus rien entendre, elle se leva en renversant sa chaise et partit, folle de rage, sous le regard étonné d'Anthony.

    « Quel macho ! Et moi qui croyais que c'était un homme bien ! »

    Après avoir fait une dizaine de mètres, elle sentit une main se poser sur son épaule. En se retournant, elle se retrouva face à Anthony.

    - Lâchez-moi ! s'écria-t-elle.

    - A une condition... que vous ne partiez pas, répliqua-t-il en la fusillant du regard.

    S'il avait eu des mitraillettes à la place des yeux, elle aurait déjà été morte dans la seconde qui suivait. Mais qu'il était beau dans son jean délavé qui révélait des cuisses musclées et son t-shirt noir qui lui collait à la peau !

    - Entendu, je vous écoute ! lança-t-elle en croisant ses bras sur sa poitrine.

    - Tout d'abord, j'ai refusé parce que...

    - Je sais, je suis une fille, vous l'avez déjà dit.

    - Il y a une autre raison.

    - Laquelle ?

    - Je n’ai pas envie d’en parler.

    - Oh ! La belle excuse !

    Elle le gifla et partit en courant. Se retournant, elle vit qu'il ne la suivait pas et se permit donc de ralentir sa course.

Elle mit le contact de sa voiture en pleurant.

    « Je le déteste, je le déteste !!! » répéta-t-elle en son for intérieur.

 

    Anthony toucha sa joue droite. Il l'avait bien méritée cette gifle. Mieux valait cela que...

    Il secoua la tête comme pour ne plus se rappeler ce qui s'était passé quelques années auparavant.

    Il ne bougea pas d'un pouce jusqu'à ce que la voiture de Christelle ait disparu.

    Anthony rejoignit Tom qui attendait sans rien comprendre à la scène. Etait-ce un hasard s'il avait rencontré Christelle la veille ? Avait-elle prémédité cette rencontre ? Comment Christelle aurait-elle pu prévoir qu'elle le verrait « Chez Maxime » ? Elle n'avait pas paru le reconnaître, à moins qu'elle ne fût une merveilleuse comédienne. Ne le lui avait-elle pas démontré ? Décidément ! Cette femme était une vraie énigme pour lui.

 

    En rentrant chez elle, Christelle avait retrouvé calme et sérénité.

    C'était à l’âge de dix-huit ans qu'elle s'était passionnée pour la formule 1. Son père, Jason Gordon, qui conduisait ce genre de voitures de course, était très connu. Ce n’était pourtant pas ces automobiles si puissantes qui allaient lui ôter la vie. Il était en train de conduire paisiblement sa Luciano L10 décapotable lorsqu'un ivrogne l'avait percuté de plein fouet. Il fut transporté d'urgence en salle d'opération. Quelques heures plus tard, le chirurgien avertissait sa famille qu'il était hors de danger. Deux jours plus tard, il mourait sur son lit d'hôpital sans que les médecins ne puissent intervenir.

    Elle sursauta lorsque Ben, qui s'était approché d’elle par derrière, hurla pour lui faire peur.

    - Mais tu es fou ! l’apostropha-t-elle.

    - Comment as-tu deviné ? rétorqua-t-il en s’esclaffant. Ca s'est bien passé ce rendez-vous ?

    - Non, il ne m'a pas engagée.

    Ben fronça simplement du sourcil droit.

    - Pourquoi ?

    - Parce que je suis une fille, murmura-t-elle.

    - Pourquoi t'a-t-il demandé de venir ?

    Christelle soupira.

    - Parce qu'il ne savait pas que j'étais une fille. Tom m'a présentée comme Chris, et Anthony en a tiré quelques conclusions.

    Elle s'affala sur le canapé en cuir et alluma la télévision. Absorbée dans ses pensées, elle ne prêtait aucune attention à ce qu'elle regardait.

    Comment allait-elle faire pour trouver une autre écurie ? Elle avait envie d'étrangler Anthony de ses propres mains. Son horloge sonnait onze heures.

    - Que veux-tu manger, Ben ?

    - Laisse, je me charge de la cuisine.

    - Si tu veux.

    Dès que Ben fut dans la cuisine, Christelle s’enferma dans ses pensées. Elle était peut-être allée un peu trop fort ce matin en lui donnant une gifle.

    « Tant pis pour lui, il la méritait, ce goujat ! »

    Elle se leva, éteignit la télévision puis s’isola dans sa chambre. Celle-ci était baignée de lumière qui contrastait avec son humeur. Elle s'allongea sur le lit et se mit sur le côté. Sur sa commode, une casquette de base-ball que son père lui avait offerte. Elle la prit et la fit tournoyer entre ses doigts. Une idée lui traversa subitement l'esprit. Elle se leva précipitamment et courut rejoindre son frère dans la cuisine.

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