Chapitre 5

Chapitre V

 

Wisconsin (Etats-Unis), le samedi 5 Avril 2008

     - Allez, réveille-toi, paresseux ! s'exclama Christelle en secouant son frère.

    - Mmmm... Quelle heure est-il ?

    - Six heures et demie.

    - Laisse-moi encore dormir…

    - Pas question ! As-tu déjà oublié ce que je t'ai demandé ?

    - Quoi ? demanda-t-il en ouvrant les yeux.

    Elle se planta devant lui, mit les mains sur ses hanches et le regarda d'un air exaspéré.

    - Je rigole ! s’esclaffa-t-il. .

    - Dépêche-toi, Ben ! Nous devons être là-bas à huit heures ! lui cria-t-elle à travers la porte qu’elle venait de fermer.

    - Reçu cinq sur cinq !

    Elle croisa les doigts en espérant que tout se passerait bien. Plus elle y songeait, plus cette idée qu'elle avait eue, devenait absurde. Pourquoi pas ? Cela pouvait très bien marcher.

 

    Ben souhaita bonne chance à sa sœur lorsqu’elle sortit du vestiaire vêtue de son uniforme. Il devait attendre Christelle à l’intérieur lors de l’essai. Il avait apporté quelques feuillets de son cours de physique pour ne pas perdre de temps, ne sachant pas le temps imparti à sa sœur aînée.

    Malgré sa concentration, il ne put que penser à elle et à la formule 1. Son père aurait voulu qu’il suive son chemin. Bien qu’il n’ait pas la formule 1 en horreur, tout ce qui l’attirait était le domaine technique. C’était sa passion. Créer de nouveaux produits pour le monde entier, c’était cela qu’il voulait faire !

    Son père était déçu mais il l’avait compris et l’avait encouragé à poursuivre dans cette direction.

    Christelle était la seule qui n’avait aucune ambition dans le monde du travail. Contrairement à lui, elle aimait la formule 1, c’était sa passion. Elle ne ratait jamais une course. A dix-huit ans, elle avait suivi en compagnie de son père, sa première course dans les gradins. Elle avait choisi comme idole un pilote qui était en sixième position. Elle ne savait pas pourquoi elle l’avait choisi. Son nom tout simplement ? A la fin de la course, il avait gagné. Bizarrement, lorsqu’elle avait un empêchement et ne regardait pas la course, ce pilote perdait incontestablement. Et quand elle arrivait en pleine course et qu’elle ouvrait la télévision, ce pilote, qui était en difficulté, arrivait comme par magie à s’en extirper. Mais, en revanche, son adversaire perdait du terrain ou avait une panne mécanique. Pour son père, c’était comme si Christelle possédait des pouvoirs. Ils en riaient énormément. Et c’était à partir de là qu’il avait montré à Christelle tout ce qu’il savait sur le maniement de ces machines infernales.

    Le temps lui avait paru court lorsque Christelle referma la porte sur elle.

    - Alors ? l’interrogea-t-il.

    - A priori, c’est du bon. A toi de jouer à présent !

 

    Une tasse de café en main, Anthony vit Tom s'asseoir à côté de lui sans dire mot. Ce circuit lui faisait trop penser à Christelle dont il n'avait plus envie de se souvenir, ni du nom ni du visage qui semblait angélique. Cependant, ils s'imposèrent d'eux-mêmes à son esprit. Mais quel idiot il avait été de lui proposer de venir ! Et pourquoi pas de l’épouser aussi ? Pourquoi l'avait-elle donc laissé l'embrasser si ardemment ? Etait-ce une femme mangeuse d’hommes ? Mieux valait ne plus penser à elle ! Il ne le pouvait pas, c'était plus fort que lui. !

    Il se rappelait de ses caresses sur la peau douce et satinée de Christelle, de...

    Le vrombissement de la formule 1 qui signalait le départ, le tira de sa réflexion. Plus le pilote faisait de tours, plus la manière dont il conduisait, lui faisait penser à cette femme. Cette fille allait le faire devenir chèvre !

    La formule 1 rentra au garage après avoir parcouru plusieurs tours de piste.

    Quelques minutes plus tard, il vit un jeune homme se diriger vers eux.

    - Bonjour ! s’exclama ce dernier en serrant la main d’Anthony.

    - Bonjour !

    - Quel est le verdict ? s’enquit-il en prenant place en face de lui.

    - Vous êtes le meilleur pilote que j'ai vu… de ce fait, je vous engage.

    Ce visage lui était familier. Où l'avait-il rencontré ?

    Christelle arriva à ce moment-là en robe d'été marron qui lui seyait à merveille, dévoilant un corps voluptueux. Elle embrassa Tom et serra la main d'Anthony.

    - C'est toi, Ben, ce prodigieux pilote ?

    Avait-il bien entendu, « Ben » ? C'était bien l'homme qui avait téléphoné hier soir. Dire qu'il venait juste d'engager le fiancé de Christelle !

    - Comment l'avez-vous trouvé ? l’interrogea-t-elle en évitant le regard glacial d’Anthony.

    - Très bon. Je l'ai engagé, répondit-il indifférent.

    - C'est génial !

    Elle avait l'air plus heureux que son fiancé.

    - Donc, vous ne saviez pas que votre ami était ce pilote ?

    Ce fut Ben qui prit la parole.

    - C'est que... Christelle et moi ne sommes pas amis, nous sommes frère et sœur.

    Il les dévisagea tour à tour et vit la ressemblance. Il ne connaissait pas Ben, mais néanmoins les traits physiques de Christelle et Ben étaient si flagrants qu'il avait cru le connaître. Tous deux avaient un air de famille.

    - Par conséquent, c'est votre frère qui avait téléphoné hier.

    - Hier ?

    Elle ne se souvenait pas du coup de téléphone. Elle se repassa la soirée et comprit où il voulait en venir. Elle connaissait désormais la raison qui l'avait poussé à partir sans avoir pris son café. Il avait cru que Ben était son petit ami.

    - Je vois… poursuivit-elle.

    L’énorme poids sur le cœur d’Anthony se dissipa comme par magie. Il avait toutes les chances de la séduire car elle n'avait personne dans sa vie et cela, il n'en avait plus aucun doute.

    - Si tout est réglé, intervint Tom, nous nous contacterons pour signer le contrat de Ben.

    Tom se leva, suivi de Ben et de Christelle. Cette dernière, prête à partir avec les autres, fut retenue par Anthony.

    - Oui ?

    - Puis-je vous parler ?

    Elle se retourna vers Tom et Ben qui l'attendaient.

    - Je rentrerai plus tard.

    En faisant volte-face vers Anthony, elle faillit le bousculer tellement il était proche d'elle. Une paire d'yeux d'un vert si profond la scrutait. Elle regarda les lèvres sensuelles du jeune homme. Elle avait toujours envie de l'embrasser et de mettre les doigts dans les épais cheveux bruns bien coiffés.

    - Tout l'or du monde pour connaître vos pensées.

    - Eh bien, je pensais à...

    - Cela, je parie.

    Sans qu'elle ne sache comment, elle se retrouva dans les bras musclés et virils d'Anthony. Elle s'abandonna au baiser qu'elle attendait patiemment depuis si longtemps. L'étreinte d'Anthony se desserra. Au moment où elle s’écarta de lui, elle vacilla légèrement mais se retint miraculeusement à l'une des chaises.

    Elle espérait tout au fond d'elle-même qu'Anthony n'avait rien remarqué.

    Elle leva les yeux vers lui et vit qu'il regardait vers la porte fermée. Que se passait-il ?

    La porte s’ouvrit sur une jeune fille d'une vingtaine d'années. Elle avait les cheveux d’un blond platine coupés au niveau des épaules. De grands yeux bleus sur un visage d’ange et des lèvres pulpeuses. Contrairement à d’autres filles de son âge, elle avait mis très peu de maquillage. Sa beauté naturelle et son teint de pêche ne nécessitaient aucun subterfuge. Elle aurait pu être une pom-pom girl avec ce physique de rêve.

    Anthony avait dû la voir passer à côté du local.

    - Oh non pas elle ! persifla-t-il entre ses dents.

    - Qui est-elle ?

    - C'est ma...

    - Titi, je te cherchais depuis longtemps !

    - Arrête de m'appeler comme ça ! Que fais-tu ici ?

    - J'ai besoin d'une robe de soirée pour ce soir et...

    - Tu voudrais de l'argent, continua Anthony. Ok, pour cette fois ! On en rediscutera plus tard. Et comment es-tu rentrée ici ?

    - Je ne vais pas te dévoiler tous mes secrets.

    Exaspéré, il sortit une carte de son portefeuille et la lui tendit.

    - Merci, titi.

    En se retournant, elle dévisagea Christelle.

    - Tu ne nous présentes pas ? reprit-elle

    - Rebecca, voici Christelle. Christelle, je vous présente Rebecca. Christelle est ici pour le travail.

    - Mmm... Enchantée de vous connaître, finit-elle par dire en lui serrant la main.

    - Egalement.

    - Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Bye !

    Elle tourna les talons et partit en courant.

    - Quelle chipie !

    - Pourquoi dites-vous cela ?

    - Comme ça... mais je l'aime tant.

    Christelle se sentit mal l’aise par tant d’affection.

    - Je dois rentrer, j'ai des courses à faire, mentit-elle.

    Joignant le geste à la parole, elle se dirigea vers la porte.

    - Attendez une petite seconde, s'il vous plaît !

    - Je vous écoute, rétorqua-t-elle froidement.

    - Je donne une petite réception ce soir. Vous venez ?

    Dîner avec Anthony lui était insupportable après ce qu'elle avait entendu.

    - Je suis désolée, mais...

    - Je souhaiterais vous faire une proposition.

    Il la vit se raidir car elle avait dû croire qu'il voulait parler de ce baiser. Il ajouta donc :

    - C'est-à-dire de formule 1.

    - Pourquoi ne pas en parler maintenant ?

    - Parce que vous avez des courses à faire et moi j'ai des rendez-vous. Alors, vous êtes d'accord ? demanda-t-il.

    - Si c'est pour le boulot. Mais en quoi puis-je vous être utile ?

    - Vous le saurez ce soir. J'oubliais, j'invite également votre frère. Mes rendez-vous n’étant pas très loin de chez vous, je viendrai vous chercher à dix-neuf heures.

    - A ce soir, alors !

    Faisant volte-face, elle sortit de la pièce qui lui semblait à présent si minuscule.

Pourquoi, au grand pourquoi, l'avait-il embrassée ? Heureusement qu'elle ne serait pas seule ce soir. Avait-il invité son frère pour mieux l'approcher ?

    Qui était cette jeune fille ? Sa cousine ? Sa fiancée ? Sa sœur ? Il allait le lui dire mais il avait été interrompu par cette jolie blonde. Elle n'avait vu aucune bague à son doigt. Cependant, certains hommes enlevaient leur bague pour mieux attirer leur proie. Mais elle pouvait être sa sœur, car elle-même habitait bien avec son frère. En y songeant, il avait déclaré qu'elle était ici pour travailler  C’était vrai ! Mais il l'avait dit sans aucune raison. N'avait-il pas aussi répliqué qu'il l'aimait ? N'était-ce pas pareil avec son frère ?

    Cela faisait un certain temps qu'elle était dans sa mini Austin et qu'elle n'avait pas encore mis le contact. Si elle ne voulait pas qu'Anthony vienne voir si tout allait bien, le mieux serait de partir tout de suite sans perdre une seconde.

    Elle mit donc le contact et démarra.

    Arrivée chez elle, elle se coucha sur le canapé et fixa le plafond. Ses paupières commencèrent à devenir de plus en plus lourdes et elle finit par s'endormir.

 

    Son grand miroir à pied lui renvoyait l’image d’une belle femme. Christelle avait mis une robe de soirée blanche qui soulignait parfaitement sa silhouette. Ses cheveux raides tombaient librement sur ses épaules.

    Elle entendit à dix-neuf heures pile la sonnette d’entrée. Elle descendit les escaliers et ouvrit la porte. Anthony se tenait droit dans un beau costume blanc.

    Il entra et la complimenta sur sa tenue.

    - Puis-je vous proposer un verre avant de partir ? Mon frère ne devrait pas tarder.

    - Avec plaisir !

    - Que désirez-vous ? Un whisky, un sherry...

    - Un sherry, s’il vous plait !

    Christelle se servit également le même alcool.

    - Votre après-midi fut agréable ? interrogea Anthony.

    - Assez bon et vous ?

    - Bien, mais la soirée risque d’être meilleure.

    Les yeux verts d’Anthony caressèrent du regard ce corps si merveilleux. Cela lui paraissait si indécent mais tellement flatteur.

    La venue de Ben mit fin à cet examen si minutieux.

    Le trajet se déroula dans une voiture très modeste. Christelle avait pensé ne jamais arriver à destination. Le pot d’échappement toussotait par intermittence régulière. Le capot tremblait à chaque secousse, l’air conditionné ne marchait pas et les vitres avaient du mal à se baisser. Christelle se croyait dans un cauchemar.

    Enfin, elle vit avec soulagement la maison que lui présentait Anthony. Elle était somptueuse. Des lumières dorées dirigées dans sa direction lui donnaient un côté féerique et irréel.

    Un voiturier vint ouvrir les portières qui grincèrent. Ils rentrèrent dans la maison dont les portes étaient grandes ouvertes. Une femme se précipita vers eux.

    - Tu es enfin là ! clama-t-elle.

    - Joyeux anniversaire ! s’écria-t-il en l'embrassant. Maman, je te présente Christelle et Ben. Voici ma mère !

    - Bonsoir, madame. Votre fils ne m’avait pas dit que c'était votre anniversaire, sinon j'aurais pu...

    Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase car Anthony l'entraîna elle et son frère vers d'autres personnes pour l’introduire.

    - Enfin Christelle, vous connaissez déjà Rebecca, je te présente Ben notre nouveau pilote… Rebecca est ma femme, conclut-il.

    « Ma femme » résonna dans les oreilles bourdonnantes de Christelle. Elle s'évanouit sous le choc de la révélation.

    A son réveil, elle était couchée sur un canapé et plusieurs têtes étaient penchées sur elle. Christelle, qui ne comprenait rien, se leva d'un bond.

    - Que m'est-il arrivé ?

    - Vous vous êtes évanouie, répondit Anthony.

    Elle se souvint. La raison de son évanouissement était Rebecca, la femme d'Anthony Luciano.

    - Mais Rebecca ne peut pas être votre femme…

    - Et pourquoi cela ? questionna Anthony.

    - Parce que je vous aime.

    - Mais moi, je ne vous aime pas.

    Ces mots prononcés par cet homme lui brisaient le cœur.

    - Alors pourquoi m'avez-vous embrassée ?

    - Pour s'amuser, rétorqua Rebecca.

    Christelle, folle de rage à cette mascarade, courut mais ne réussit pas à distancer tous ces visages qui éclatèrent de rire. Son pied s’accrocha à quelque chose. Elle poussa un grand cri. Une main se posa sur son épaule et la secoua en prononçant son prénom.

 

    Elle ouvrit les yeux et essuya son front en sueur.

    - Ca va sœurette ? T’as fait un cauchemar.

    Christelle soupira de soulagement.

    - Tu veux me raconter ?

    Elle fit non de la tête.

    - Quelle heure est-il ? s’enquit-elle pour changer de sujet.

    - Il est un peu plus de quatorze heures. Tu veux un café ?

    - Oui, tu seras très gentil.

    Elle se leva et se dirigea vers la fenêtre du salon qui donnait en plein sur le jardin. Quand quelque chose n'allait pas, elle regardait le saule pleureur qui semblait manifester sa tristesse.

    Tout ceci n'était heureusement qu'un songe. Mais si c'était un rêve prémonitoire ? Tout avait l'air si réel. Elle frissonna à cette pensée. Son rêve n’était dû qu’à sa contrariété du matin, se persuada-t-elle.

    Son frère lui tapota l'épaule. Elle se tourna et il lui tendit une tasse de café.

    - Merci, murmura-t-elle.

    - Je t'en prie. Tu es sûre que tout va bien ?

    Etait-ce si évident qu'elle était préoccupée ?

    - Pourquoi dis-tu cela ?

    - Quand cela ne va pas, tu restes toujours plantée devant cette fenêtre. Est-ce à cause d'Anthony Luciano ?

    - Non, mais en parlant de lui, j'allais oublier de te mentionner qu'on était invité ce soir chez lui, s'empressa-t-elle de dire pour changer de sujet.

    Son frère n'était pas dupe. Il l'interrogea donc sur l'heure du rendez-vous et s’éclipsa dans sa chambre pour réviser ses cours de dernière année d’ingénierie.

    Pour se changer les idées, elle passa un vieux jean et un tee-shirt afin de désherber le jardin. Cela faisait longtemps qu'elle remettait ce travail au lendemain, mais aujourd'hui elle avait besoin de se défouler. Elle arracha les mauvaises herbes jusqu'à ce que son dos lui fît mal.

    Du revers de la main, elle essuya son front dégoulinant. Elle se leva doucement afin de ne pas crier de douleur. Tous ses membres sans exception avaient été dans l’effort. A présent, il lui fallait une bonne douche.

    Le temps s’était écoulé si vite qu'elle n'avait pas pensé à Anthony. Anthony, cet homme qui la faisait tant souffrir.

    Elle choisit un CD sur l'étagère du salon pour l’écouter dans la salle de bain. Elle fit couler l'eau pour prendre un bain. Elle introduisit le CD dans la petite chaîne Hifi et commença à se détendre dans sa baignoire. Ses yeux se fermèrent doucement.

    La pendule accrochée au mur lui indiquait dix-sept heures quinze lorsqu’elle se sentit parfaitement sereine. Enveloppée dans son peignoir, elle frappa à la porte de son frère.

    - Entre !

    Christelle ouvrit la porte mais resta à l’embrasure de celle-ci.

    - Tu veux du thé ?

    - Oui, je crois que je mérite une pause.

    Ben se joignit à elle quelques minutes plus tard. Ils prirent tranquillement leur thé avant de regagner respectivement leur chambre et de choisir la tenue adéquate pour leur rendez-vous.

    Christelle essaya quelques robes sans trouver la plus appropriée. Elle appela Ben de sa chambre et celui-ci apparut immédiatement à l'entrebâillement de la porte.

    - Que désires-tu ?

    - Laquelle de ces robes dois-je mettre ? demanda-t-elle en montrant les quelques tenues posées soigneusement sur son lit.

    - Sincèrement... aucune.

    - Aucune ?

    - Toutes à jeter si tu veux savoir. Tu n’es pas sortie en soirée depuis longtemps.

    - Que vais-je pouvoir mettre ? s'interrogea-t-elle en s'asseyant sur le lit.

    Ben parut réfléchir. Un instant plus tard, son visage s'éclaira.

    - Appelle Vinitha.

    - Il est trop tard…

    - Mais non, Vinitha a toujours de belles robes sous la main. Et elle t’a toujours dit qu’en cas de problème…

    Christelle bondit sur ses pieds.

    - Tu as raison petit frère ! Tu es merveilleux…

    - Je sais, je sais.

    Vinitha Marlon était sa voisine mais aussi une jeune styliste de vingt ans. Elle commençait à se faire un nom dans le monde de la création. Christelle avait porté ses robes dans des soirées aussi bien pour aider la jeune femme à démarrer avec des commandes que pour le plaisir de vêtir ces somptueuses robes. En trois soirées, Vinitha s’était fait son carnet d’adresses.

    Christelle se précipita sur son téléphone portable et composa le numéro de Vinitha, priant qu’elle fut chez elle. Vinitha décrocha et Christelle lui exposa directement son dilemme. Après quelques secondes de réflexion, elle lui avait dégoté la robe idéale.

    Cinq minutes plus tard, Vinitha se présenta chez elle avec une boite.

    Avec l’aide de sa voisine, elle fut habillée et maquillée.

    Le miroir lui renvoyait l’image d’une très belle femme.

    La robe blanche lui allait à merveille. Celle-ci était moulante en haut avec un col tombant laissant deviner la naissance de ses seins, et échancrée des chevilles jusqu'à mi-cuisse. Le dos nu mettait en valeur son bronzage.

    Vinitha avait associé la robe à une paire de chaussures à talons aiguilles de couleur blanche. Elle choisit également dans la boite à bijoux de Christelle, un collier de sa création qui était un ras-du-cou en or avec un pendentif en forme d’un point d’interrogation en diamant.

    Vinitha se tenait en bas des marches de l’escalier afin de présenter à son seul et unique spectateur sa nouvelle création.

    Le sifflement de Ben était admiratif.

    - Tu seras la plus belle de la soirée, prédit-il.

    - Maintenant que tout est prêt, je peux m’en aller. Amusez-vous bien ! lança-t-elle en se dirigeant vers la sortie.

    - Merci Vinitha !

    Celle-ci lui fit un clin d’œil avant de refermer la porte sur elle.

    Quinze secondes plus tard, quelqu’un sonna à l’entrée.

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