Chapitre 16

Chapitre XVI

 

Los Angeles, samedi 26 janvier 2010

     Dean prenait son café dans la cuisine. Réveillé bien avant les autres, il était très pensif. Bien qu’heureux, il s’en voulait de s’être laissé aller à une passion très ardente. Qu’avait-il fait ? Il n’avait pas résisté à la tentation.

     Nadia lui disait être amoureuse de lui. Mais n’était-ce pas une chimère qu’elle s’était forgée songeant qu’il était son mari. Et si en retrouvant la mémoire, elle s’apercevait qu’elle ne l’aimait pas du tout et qu’une simple amitié suffisait ? Lui en voudrait-elle ?

     Nadia fit son entrée telle une princesse des contes de fées. Elle était merveilleuse. Une aura de plénitude l’entourait. Elle lui sourit et se mit à califourchon sur ses genoux.

     - Bonjour mon amour.

     - Bonjour mon cœur, répondit Dean.

     Nadia l’embrassa tout en rougissant.

     - Tu es très matinal, mon chéri. Tu travailles aujourd’hui ?

     - Non, j’ai mon week-end. Je passe la journée avec vous… mais surtout toi. Comment te sens-tu ?

     - Merveilleusement bien. Je suis si heureuse de t’avoir à mes côtés. Avec toi, je sens que je peux déplacer des montagnes.

     - Merci. J’espère que tu ne m’en voudras pas d’avoir abusé de la situation.

     - Chut… je t’ai dit que j’en prenais l’entière responsabilité. Et je suis suffisamment grande pour savoir que je t’aime à la folie.

     - Moi aussi, je t’aime. Ne l’oublie pas.

     Nadia éclata de rire.

     - Je pense que c’est la seule chose que je n’oublierai pas, dit-elle en lui baisant les lèvres.

     Nadia quitta les genoux de Dean pour s’installer face à lui. Elle se servit une tasse de café et ajouta un peu de lait. Elle ouvrit le journal que Dean avait déjà lu. Elle était si belle !

     - Il est dit que le prince d’Algérie va se marier samedi prochain. C’est un très beau garçon. J’ai l’impression de l’avoir déjà vu.

     Nadia haussa les épaules.

     - N’est-ce pas normal puisque je suis d’origine algérienne ? Je me fais des idées, je crois. Quoi qu'il en soit, ils forment un très beau couple princier. Ils sont vraiment très beaux.

     - C’est vrai.

     - Et lui a beaucoup de charme en plus.

     - Tu as raison.

    - Et, il fait très viril, ajouta-t-elle en le regardant.

     - Tout à fait.

     - Dean ?

     - Oui ?

     - N’es-tu pas jaloux ?

     - Pourquoi le serais-je ?

     - Que je puisse regarder un autre homme que toi.

     Dean posa les coudes sur la table se retenant de rire. Nadia le testait.

     - Les yeux sont faits pour regarder. Et puis, le prince Reyes est vraiment super beau, confirma-t-il en posant son doigt sur la photo.

     - Donc tu n’es pas jaloux ?

     Dean lui prit les mains.

     - Je peux être affreusement jaloux si tu t’intéresses de très près à un autre homme. Mais par contre, je ne vais pas être jaloux de mon beau-frère.

     - Beau-frère ? Tu veux dire que le prince Reyes est mon frère ?

     Dean acquiesça de la tête.

     - Tu es une princesse, ma chère et tendre épouse.

     Nadia posa ses deux mains sur ses joues devenues rouges.

     - Je suis princesse. Pourquoi ?

     - Ben, c’est comme cela. Faudra t’y faire car nous partirons jeudi soir en Algérie. Je sais que cela va te faire bizarre mais nous sommes obligés d’assister au mariage. Je n’ai rien dit à tes parents pour qu’ils ne s’inquiètent pas. Je sais que tu t’en sortiras à merveille.

     - Je ne suis pas une bonne comédienne.

     - Mais tu es très intelligente.

     Dean lui baisa le bout des doigts.

     - Tu ne m’en voudras pas si on ment à tes parents ? Ta mère sera très inquiète à ton sujet et il faut la ménager. Et ton père va nous faire un coup d’État.

     - Surtout mon père, c’est vrai. Oui, je ferai tout ce que tu voudras.

     - Par pitié, tu me rends fou quand tu parles ainsi.

     - Alors qu’attends-tu ?

    Dean se leva et prit Nadia dans ses bras pour l’emmener dans leur petit nid d’amour qu’était devenue sa chambre.

     Les souvenirs de Nadia se reconstituaient progressivement. Et il avait peur que ce bonheur tout frais ne dure pas. Il tenait beaucoup à sa femme.

Algérie, jeudi 31 janvier 2010

     Nadia s’attendait à voir une limousine et plusieurs gardes du corps à la sortie de l’aéroport, mais Dean lui désigna deux 4x4 noirs avec pour seuls hommes deux chauffeurs. Nadia et Dean montèrent avec Stacy dans la première voiture alors qu’Adeline, Devianee, Steve et Samira grimpèrent dans la seconde qui était un peu plus spacieuse.

     Es-ce que le roi, son père, se souciait-il si peu de leur confort ? Elle comprit un peu plus tard que cette voiture était la mieux adaptée à l’état de route en montagne.

     L’habileté du chauffeur n’empêchait pas certaines secousses dans l’habitacle.

     Le paysage verdoyant prenait particulièrement toute l’attention de Nadia. Le regard pétillant, mêlé de stupéfaction et de curiosité de Nadia, rappela à Dean l’attitude qu’il avait eue lors de son premier retour en Algérie.

     A la vue des enfants marchant à pied, ou montés sur le dos d’un âne, Nadia s’attendrissait.

     - Dean ! Le palais… On dirait le palais des mille et une nuits !

     - Et tu n’as encore pas vu l’intérieur, immense et merveilleux.

     - Et cette maison de couleur verte et jaune, à qui appartient-elle ?

     - Aux parents d’une de tes amies.

     - Ce sont les seules maisons que l’on peut distinguer de loin.

     - C’est vrai.

     Nadia était si joyeuse comme une enfant découvrant un nouveau monde. Elle était si naturelle comme la Nadia qu’il avait toujours connue.

     - Comment dois-je me comporter envers le roi… mon père ? murmura-t-elle afin de ne pas être entendu par le chauffeur.

      - Comme une fille avec son père. Ne t’inquiète pas, il ne te mangera pas.

      - Je sais. Seulement me retrouver face à ma famille alors que je n’ai plus aucun souvenir d’eux me donne la chair de poule.

      - Cela reviendra. Il faut patienter.

      - C’est ce que je fais depuis le premier jour.

      Hakima ferma son livre, lasse d’attendre la venue de sa sœur. Elle n’avait pas eu Nadia au téléphone depuis plusieurs semaines. Son entreprise devait lui prendre beaucoup de temps. Elle devait gérer les futures succursales dans les différents pays. Hakima avait préféré ne pas l’embêter.

      - Saïd, où est ton fils ? demanda-t-elle nerveusement.

      - Mon fils est avec ta mère dans la salle de loisir.

      - Tu en es sûr ?

      - Pas du tout. J’ai dit cela pour que tu me laisses tranquille. C’est mon fils quand cela t’arrange. Je te rappelle que tu es sa mère.

      - Retrouve-le, mon amour.

      - Non. Il est vraiment avec ta mère.

      Hakima quitta son fauteuil pour s’asseoir sur les genoux de son mari.

      - Je vais te torturer…

      - J’accepte si, et seulement si, c’est une délicieuse torture.

     Hakima le fit taire d’un baiser.

     - Hum ! Hum !

     Hakim pivota vers les nouveaux venus. Sa sœur et Dean campaient devant la porte du salon. Hakima quitta les genoux de son mari très rapidement les joues en feu.

     - Désolé de vous avoir dérangé.

     - Mais pas du tout, Dean, protesta Hakima en les embrassant. Comment allez-vous ? Vous nous avez manqué !

     - Vous aussi, affirma Dean. Bonjour Saïd, dit-il en entraînant Nadia avec lui.

     - Salut les jeunes. Avez-vous fait bon voyage ?

     - Très bien, merci.

     Nadia et Dean s’assirent sur le canapé en vis-à-vis de Saïd et Hakima.

     - Où est le petit Diable ? questionna Dean au sujet de leur fils.

     - Adam est avec maman.

     - Et notre futur marié ?

     - Avec sa dulcinée, comme toujours, répondit Saïd.

     - Nadia, tu ne te sens pas bien ? interrogea Hakima voyant la pâleur sur le visage de sa sœur.

     Dean lui pressa légèrement la main pour lui donner du courage. Elle leva les yeux vers le couple.

     - J’ai un peu mal à la tête. Ce voyage était très fatiguant.

     - Vous êtes arrivés depuis quelle heure ?

     - Juste à l’instant. En passant devant le salon, nous vous avons entendu. Mais tu as raison, je vais emmener Nadia dans notre chambre. On se voit tout à l’heure.

     Dean se leva et invita Nadia à en faire de même.

     Lorsque Dean et Nadia sortirent de la pièce, Hakima fronça les sourcils.

     - Il y a quelque chose de bizarre, Saïd.

     - Tu as remarqué, toi aussi.

     - Je n’ai jamais vu ma sœur ainsi. Elle n’a prononcé aucun mot depuis son arrivée.

     - Et ce n’est pas un mal de tête si fort soit-il qui l’en empêcherait.

     - Elle gardait la tête baissée comme si elle avait honte ou… peur.

     - Je ne sais pas.

     - Espérons que ce n’est rien de grave. As-tu vu Dean ? s’enquit Hakima.

     - Je ne vois pas de quoi tu parles.

     - Il lui serrait la main comme pour l’autoriser à parler.

     - Tu exagères.

     - J’espère… J’espère surtout qu’il ne lui fait aucun mal.

     - Je connais Nadia. Elle ne se laissera pas faire.

     - Je sais, mais l’amour rend aveugle. Il faut que je lui parle.

     - Ne te mêle pas de leurs affaires.

     - Mais c’est ma sœur, riposta-t-elle avec véhémence.

     - Je sais… Mais cela m’étonnerait que Dean se comporte ainsi. Et s’il a osé toucher à un seul de ses cheveux, je t’assure qu’il entendra parler de moi.

     - Oh Saïd !

     - Que ne ferais-je pas pour toi, mon amour, déclara-t-il en l’embrassant.

     Assis sur le lit baldaquin de Nadia, Dean tenait la main tremblante de Nadia.

     - Je ne t’ai jamais vu aussi livide et mal à l’aise qu’en ce moment.

     - Je ne sais pas ce qui m’a pris. J’étais face à deux membres de ma famille dont je ne me rappelle même pas. Deux étrangers de sang royal en plus.

     - Toi aussi, tu l’es.

     - Bien sûr, mais ce n’est pas la même chose. Je me sens si petite. Que vais-je faire en présence de mes parents ?

     Dean lui tapota la main avec bienveillance.

     - Tout d‘abord, repose-toi. C’est le voyage qui te rend dans tous ces états. Je vais de ce pas voir beau-papa.

     Avant de refermer la porte derrière lui, il lui envoya un baiser de la main.

     - Je t’aime.

     Couchée, la tête bourdonnante, elle essaya de penser à autre chose. Elle était dans sa chambre de jeune fille. Elle ne reconnaissait pas du tout son sanctuaire. Elle aimait beaucoup le rose apparemment. Les rideaux, le couvre-lit, le PC portable, son bureau, et tous les autres meubles étaient de cette couleur allant du pâle au vif. Sa chambre avait une atmosphère plus romantique que la chambre de Dean à Los Angeles.

     Le fil de ses pensées s’orienta vers une enveloppe rose reçue deux jours auparavant. Elle n’en avait rien dit à Dean. Elle ouvrit son sac à main posé près d’elle et sortit la feuille. Il était écrit : méfiez-vous de votre mari. Il est très bon comédien et vous fera avaler tout ce qu’il voudra. Ne le croyez pas. Il a bien une maîtresse.

     Qui croire ?

     Dean revenait à la maison dès que le tournage était fini. Mais mentait-il quand il disait partir travailler ? Comment pouvait-elle vérifier ? Il n’avait aucun planning.

     Il se montrait attendrissant et aimant envers elle, répondant à ses moindres désirs. Il se souciait d’elle à chaque instant. Il l’appelait souvent et lui envoyait de sublimes textos romantiques auxquels elle s’empressait de répondre.

     Le doute était permis. En rentrant à Los Angeles, elle engagerait un détective privé pour en avoir le cœur net. Même si la confiance était primordiale dans leur couple et qu’elle n’aimait pas ce genre d’action, elle était obligée d’en passer par là pour se rassurer. Elle ne connaissait pas vraiment Dean et encore moins la personne mystérieuse.

     Deux coups frappés à la porte l’incitèrent à ranger rapidement la lettre dans son sac.

     - Entrez !

     Le visiteur était sa grande sœur Hakima.

     - Comment te sens-tu ?

     - Un peu fatiguée.

     Hakima monta sur le lit. Sa sœur était très belle, plus typé méditerranéen qu’elle-même avec son teint bronzé et de grands yeux en amande.

     - Tu veux te confier ?

     Nadia ouvrit de grands yeux. Sa sœur se douterait-elle de quelque chose ?

     - Me confier ? Mais que veux-tu dire par là ?

     - Nadia, je te connais par cœur. Y’a quelque chose en toi qui a changé. Est-ce que Dean te fait du mal ?

     - Mais pas du tout !

     Hakima prit doucement la main de Nadia entre les siennes.

     - Tu peux tout me raconter. Je n’en parlerai à personne.

     Nadia était angoissée. Comment sa sœur réagirait vraiment en apprenant son amnésie ? Irait-elle le raconter à tout le monde alors que Dean voulait dissimuler la vérité ? Etait-elle très proche de sa sœur ? Lui racontait-elle beaucoup de choses intimes ?

     - Si je te dis ce que j’ai, tu me promets de ne rien dire aux parents ?

     - Promis, dit-elle en levant la main.

     Nadia respira profondément.

     - Je suis amnésique.

     Le visage de sa sœur se figea.

     - Am… Amnésique ?

     - Je ne me souviens plus de rien ou presque.

     - Comment cela t’est-il arrivé ?

     - Je suis tombée il y a quelques semaines et j’ai fait un traumatisme crânien.

     - Oh, ma chérie ! souffla Hakima en l’étreignant.

     Nadia hésita avant d’entourer de ses bras le buste de sa grande sœur.

     - Qu’en pense le docteur ?

     - Il est très optimiste.

     - Cela doit être affreux de ne plus se souvenir de son passé…

     - Très. Tu n’en parleras à personne, tu me l’as promis.

     Hakima desserra son étreinte et planta ses yeux devant celles de Nadia.

     - Je te l’ai promis et rien ne sortira de ma bouche.

     Mais pouvait-elle lui faire confiance ?

     Dean s’aventura dans le couloir menant à la chambre de Nadia. Le roi était introuvable dans ce gigantesque palais. Las de se diriger dans tous les sens, il avait préféré retrouver Nadia. Peut-être dormait-elle après ce long voyage.

     Les lumières s’allumèrent automatiquement. A travers les fenêtres, le ciel commençait à s’assombrir. Il allait bientôt faire nuit noire. Il accéléra le pas, pressé de rejoindre sa dulcinée. Depuis leur première nuit d’amour, il se dépêchait de rentrer à la maison. Nadia lui manquait à chaque instant.

     Il aperçut une ombre noire se redresser légèrement et prendre la direction opposée. Il interpella la personne mais celle-ci semblait prendre la fuite.

     N’était-ce pas Stacy qui se trouvait devant la porte de la chambre de Nadia ?

     Le doute l’imprégna de nouveau au sujet de l’infirmière. Elle semblait vouer une haine cachée à son encontre. Mais par contre, elle s’occupait admirablement de sa femme. Stacy habitant pour le moment chez eux, Dean n’était pas du tout à l’aise.

     Peut-être se faisait-il des idées…

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Commentaires (2)

1. maria 01/06/2011

c'est vraiment trippant comme histoire mais malheureusement les suites sont un peu trop espacé
c'est pas grave, je vais tout de même continuer à la lire car j'ai hâte de savoir qui est la femme mystérieuse qui envoie des lettres méchantes à Nadia

2. Tina 07/06/2011

Bonjour,
Merci Maria pour le commentaire. Je sais que je mets du temps pour faire les chapitres. Mais ce roman est le plus difficile à faire car je modifie du tout au tout, tout en gardant quelques passages. Mais vous dans quelques jours, le chapitre 17 sera mis en ligne. Je viens de l'envoyer à Pat pour une première relecture.
En espérant que ce chapitre 17 vous plaira.

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