Chapitre 17

Chapitre XVII

 

Palais, samedi 2 février 2010

      Les mains féminines s’entrechoquaient au rythme de la musique kabyle. L’ambiance festive donnait envie de danser. Nadia entraîna toutes ses amies sur la piste de danse. Elle enroula un foulard autour de son bassin et bougea avec entrain sur cette musique très rapide dédiée spécialement au mariage. Nadia attrapa la main d’Adeline d’une part et de l’autre la main de Stacy. Adeline prit celle de Devianee qui, à son tour, donna son autre main à Christelle. Hakima ferma le cercle en joignant ses mains à celles de Christelle et Stacy. Au centre, Samantha dansait sous les encouragements des filles. Elle remonta légèrement sa longue robe rose pailletée, en la tenant des deux mains, pour ne pas marcher dessus. Au bout de quelques secondes, Samantha donna sa place à Hakima qui montra ses talents de danseuse kabyle. Tout en tortillant son bassin, elle jouait des épaules. Sa robe émeraude cousue de fils d’or épousait ses formes généreuses et Hakima ressemblait beaucoup à une sirène à cet instant. Hakima échangea sa place avec Nadia. Sa robe asymétrique dorée était magnifique avec une unique manche. Pour ne pas être en reste, Nadia donna le meilleur d’elle-même. Elle entendait les acclamations des invitées. Dommage que Dean ne soit pas dans la même salle avec elle. Nadia s’approcha de Stacy afin qu’à son tour elle puisse montrer de quoi elle était capable. Novice dans la danse kabyle, Stacy essaya de faire de son mieux ce qui lui valut des youyous.

    L’enchaînement de la fin de la musique avec une autre leur permit de continuer à danser ainsi jusqu’à ce que toutes les filles puissent s’adonner à cet exercice frénétique.

     De retour à leur table, une enveloppe attendait près de l’assiette de Nadia. Nadia l’ouvrit.

 

                            Chérie,

                           Les garçons et moi vous attendons sur la terrasse pour prendre un peu l’air.

                                                                                Ton mari qui t’aime très fort.

 

     Nadia transmit le message à toutes les filles. Celles qui avaient déjà pris place se levèrent pour se rendre sur le lieu du rendez-vous.

     Les yeux améthyste suivirent le groupe qui se dirigeait vers la sortie. Il n’était pas prévu qu’elles sortent de la salle. La princesse n’était pas seule.

     La jeune femme s’avança discrètement vers la porte. Elle ne devait en aucun cas perdre du regard la princesse. Chaque seconde pouvait compter.

     Dean était accompagné de Steve et d’Anthony Luciano.

     - Bonsoir Mesdames, s’inclina respectueusement Dean. Passez-vous une bonne soirée ?

     - Très, répondit Nadia.

     - Prenez place, dit Dean en montrant toutes les chaises qui formaient un cercle.

     - Disposées ainsi, les chaises me font penser à une soirée où l’on raconte des histoires à faire peur, observa Adeline.

     - Il ne manque plus qu’un bon feu… mais si vous voulez, je peux vous raconter des histoires qui font peur, ajouta Dean.

     - Je vote pour, déclara Christelle.

     - Moi aussi. J’aime ce qui fait peur, avoua Samantha.

     - Bon, mais ne venez pas me dire le lendemain que vous avez fait des cauchemars, prévint Dean... Un soir, par un temps lourd et sans étoile, une femme regarde seule un film d’amour. Juste au moment où le héros va déclarer sa flamme, l’écran devient noir. Elle pense que c’est le moment de la publicité. Du moins le croit-elle… L'écran reste noir, et une voix chuchotante à en donner le frisson s'élève de la télévision : « Je suis la main sanglante. Je me trouve à un kilomètre de ta maison. » Tremblante, elle allume la lumière et éteint la télé. A cet instant, le téléphone sonne. Dring… Dring… Elle ne veut pas décrocher. Dring… Dring… Le son l’insupporte. Elle finit par débrancher la prise du téléphone… mais la sonnerie continue ! Dring… Dring… N'en pouvant plus, elle finit par décrocher. « Je suiis la maiin sanglaante, je me trouve à 10 mètres de ta maisoon. ». Quelques secondes plus tard, elle entend derrière la porte : « Je suiiis la maiiin sanglaaante… je me trouve à la porte de ta maisooon… ». Terrifiée, elle court se réfugier dans sa chambre et tend l'oreille contre la porte. Dans un premier temps, elle n'entend rien. Mais soudain, la voix reprend, tout près : « Je suiiis la maiiin sanglaaante… Je me trouve derrière la porte de ta chaaambre… ». Se sentant acculée, elle attrape sa lampe de chevet pour s'en servir comme arme. Elle ouvre la porte en grand. Et là, elle voit une main surgir des ténèbres, couverte de sang. Le sang tombe par terre, goutte par goutte, ploc… ploc… ploc… « Je suiiis la maiiin sanglaaante… dit la voix. Vous n’auriez pas un pansement ? ».

     Nadia éclata de rire après avoir frissonné tout au long du récit. Elle ne s’attendait pas à ce que la chute de l’histoire soit si amusante. Dean avait un don d’orateur né. Nadia se réjouit que Stacy fût prise d’un fou rire car celle-ci était généralement d’une nature réservée. Stacy était devenue une amie. Elles s’entendaient à merveille. La complicité entre les deux femmes s’était installée naturellement. Nadia était plus à l’aise avec Stacy qu’avec ses deux autres amies qu’elle ne voyait pas souvent. Mais par moment, elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer que Stacy lui cachait un lourd secret.

     - Encore, réclama Christelle.

     - OK. C’est une histoire réelle cette fois-ci. Cela s’est déroulé pas très loin du village… Après que les parents d’une jeune fille avaient reçu des amis à manger, celle-ci décide d’entamer seule le rangement vers 2h du matin. Et ce, malgré les protestations de sa maman. Un peu plus tard que 3h du matin, lorsque tout est propre, elle va se coucher. Mais elle se réveille une demi-heure plus tard car elle a très soif. C’est bien la première fois qu’elle se réveille en pleine nuit avec cette sensation de soif. Elle se dirige vers la cuisine en allumant la lumière du couloir. Et que voit-elle ? Un vieil homme habillé en noir qui tenait un balai à la main. Et il lui dit : « Ma fille, ne touche plus le balai ». Celle-ci, effrayée, crie. Et l’homme disparaît. Il est dit chez nous, expliqua Dean, qu’il ne faut jamais faire le ménage le soir ou bien prendre sa douche ou son bain au risque de voir des choses surprenantes.

     Nadia se tortilla sur sa chaise mal à l’aise.

     - Je ne sais pas si vous allez me croire, intervint Nadia. Une nuit, alors que je dormais profondément, j’ai vu la porte s’ouvrir et Dean entrer dans la chambre. A moitié réveillée, je le vois se diriger vers la salle de bain et revenir pour s’allonger dans le lit. J’ai dû lui dire bonne nuit mais il ne m’a pas répondu. Et je sentais vraiment sa présence. Quelques minutes après, je me retourne vers lui, mais le lit était vide. Je pense d’abord à un rêve. Je retourne dans les bras de Morphée. Puis, une deuxième fois, je me réveille. Dean entre et fait la même chose. Je me dis que cette fois-ci, c’est bien lui. Je me rendors, puis me réveille encore quelques minutes après. Dean n’était pas là. Je me dis que ne n’est pas possible. J’ai pourtant senti sa présence. Et je me rendors. Puis une troisième fois, je vois Dean qui rentre, qui va dans la salle de bain et revient se coucher. Là, je suis complètement réveillée et je lui dis : « Dean, c’est bien toi ? ». Cette fois-ci, il me répond : « Qui veux-tu que cela soit ». Je le touche, il est bien réel… Tu t’en souviens, mon chéri ?

     - Oui, parfaitement. Elle n’a pas rêvé. Cela est arrivé à beaucoup de gens. Une fois, elle s’est réveillée lorsque je me tenais debout près d’elle. J’aime bien la regarder en train de dormir. Elle ouvre les yeux et m’attrape le poignet qu’elle serre très fort. Elle me dit : « Il est là ! ». Je ne comprends pas. Elle me répète la même chose : « Il est là, derrière toi ». Je me retourne, mais je ne vois rien du tout.

     - C’était un vieil homme tout de blanc vêtu qui paraissait être irradié de lumière. Je sais, vous allez me dire que je suis folle. Mais je vous assure que je vois ce genre de phénomène paranormal.

     - Ah non, tu n’es pas folle. Il y a des personnes réceptives à cela, admit Anthony.

     Tout le monde hocha positivement la tête.

     - Et tu as d’autres histoires comme cela ? demanda Samantha.

     - Plein d’autres ! répondit Dean.

     Sans se faire prier, il raconta d’autres phénomènes paranormaux.

     Caché derrière la rampe de l’escalier, la femme voilée écoutait les histoires abracadabrantes où des esprits  gentils ou malfaisants apparaissaient par magie. Il fallait absolument être idiot pour croire à ce genre d’inepties. Lasse d’écouter, elle quitta sa cachette sans faire de bruit. Ses baskets lui permettaient une grande discrétion en marchant sur le carrelage.

Palais, dimanche 3 février 2010

     La main de Dean sur sa taille, Nadia éprouva un vif élan de désir. Elle s’arrêta en plein milieu du jardin et regarda son mari droit dans les yeux. Elle encercla de ses bras le cou de Dean, se laissa aller contre son torse puissant et déposa un baiser avide sur ses lèvres.

     Elle n’avait pas encore parlé à Dean d’un souvenir qui avait surgi alors qu’elle s’était perdue dans les longs couloirs du palais. Un portrait parmi tant d’autres était accroché sur un mur. Immédiatement, le visage familier avait fait ressortir de l’abîme certaines scènes. Elle se rappelait de son grand-père qui était devenu aveugle quelque temps après la mort de sa femme. Petite, il l’accueillait toujours en frappant des mains et disait : « Belle, belle Nadia ! ».

     Dean mit fin à ce délicieux baiser lorsqu’il entendit :

     - Dis donc les amoureux, toujours en train de flirter !

     - Toujours en train de nous espionner Reyes. Tu ne devrais pas être avec ta femme ?

     Reyes rit de bon cœur.

     - Maintenant que nous sommes mariés, nous avons tout notre temps… Nous allons prendre le thé, vous venez ?

     - Bien sûr beau-frère, affirma Dean.

     Un bruit de pas de course fit retourner Dean, Nadia et Reyes en même temps. Samira arrivait en courant. Elle stoppa devant eux essoufflée. Elle avait du mal à respirer et son visage était rougi par l’effort.

     - Prends ton temps, Samira, conseilla Dean.

     Samira acquiesça de la tête.

     - J’ai découvert quelque chose… Ce n’est pas normal.

     - Tu nous intrigues, dit Dean.

     - Je cherchais Stacy… Je suis allée dans sa chambre. J’ai eu beau frapper, elle ne répondait pas.

     - Rien de grave ? s’inquiéta Nadia.

     - Oui et non. Je suis rentrée dans la chambre de Stacy. Il y avait des posters et des photos de Dean accrochés sur les murs mais surtout, j’ai trouvé ceci sur le bureau.

     Nadia aperçut une enveloppe rose lorsque Samira tendit la main. Identique, l’enveloppe était identique à celles que la personne mystérieuse lui adressait. Le toucher du papier entre les mains de Nadia la persuada que ce n’était pas un rêve. Mais pourquoi ? Stacy était pourtant son amie. Il devait bien avoir une raison ou un malentendu.

     - Allons dans la chambre, ordonna Dean en prenant la main de Nadia.

     Dans un état second, Nadia suivit docilement Dean et son frère sans émettre aucun jugement. Elle voulait voir de ses propres yeux la chambre de Stacy. Mais où était-elle en ce moment ?

     La suite si richement décorée pour les invités de marque était enlaidie par les différentes photos ou poster de Dean. Chaque centimètre des murs n’était pas épargné. De plus près, on apercevait des photos de Dean nageant récemment dans la piscine de la villa ou bien marchant dans la rue. La vie privée de Dean était affichée sur des pellicules et des pellicules.

     La main de Dean se crispa sur celle de Nadia. Il bouillonnait de rage.

     Nadia avait soudain honte de s’être ainsi laissé berner par la jeune femme qui lui semblait si douce et innocente. Ainsi donc, le secret de Stacy faisait surface.

     Dean arracha les photos collées avec du simple scotch adhésif. Il ne voulait pas attendre les explications de Stacy. Près de Samira qui la soutenait, Nadia regardait son mari se défouler. A quoi cela servirait de l’arrêter ? Son regard fut attiré par une pile de feuilles et d’enveloppes roses. Nadia s’avança vers le bureau. Elle prit une feuille où des mots commençaient à se former à l’aide des lettres coupées dans un journal. Une colle était juste posée à côté.

      - Mais que faites-vous dans ma chambre ! s’exclama Stacy dans son dos.

      Nadia fit volte-face et remarqua une Stacy dont les yeux étaient écarquillés. A ses côtés, se tenait une femme voilée avec de superbes yeux améthyste.

      - Vous ! s’écria Dean. Je savais qu’il y avait quelque chose qui clochait en vous.

      Stacy recula d’un pas l’air effrayé.

      - Vous n’êtes qu’une sale menteuse, une moins que rien, une… une… Mais que vous ai-je fait ?

      Les épaules de Stacy remontèrent d’un bloc.

     - Vous avez pris la vie de mon frère ! cria-t-elle. Vous auriez pu éviter sa mort ! Mais vous n’avez rien fait !

      Dean chancela et recula à son tour pour éviter la colère de Stacy.

      Nadia ne comprit pas ce revirement de situation.

      Dean se laissa tomber sur le lit et prit sa tête entre ses mains. Stacy se planta menaçante devant lui.

     - Vous auriez pu éviter tout cela, répéta-t-elle. Comment un homme tel que vous avait pu laisser faire cela. Un geste aurait suffi.

    - Je m’en voudrais toute ma vie. Mais je ne sais pas ce qui m’est arrivé ce soir-là, je vous jure.

     Nadia se ressaisit et se précipita vers Dean. Elle ne l’avait jamais vu ainsi si désemparé. Elle lui prit les mains.

     - Que s’est-il passé mon chéri ?

     - Votre chéri a tué mon frère ! cracha Stacy.

     - Est-ce la vérité ? interrogea Nadia sans trop y croire.

     Dean acquiesça de la tête.

     - Oui… C’est ma faute. J’étais dans la voiture de Stephen, côté passager. J’avais la tête qui tournait. Avant, nous étions juste au bar. J’ai commandé un cocktail de fruits comme d’habitude. Ce soir-là, je trouvais que mon verre avait un goût très bizarre. Stephen y avait ajouté discrètement de l’alcool par pure plaisanterie. J’ai bu la moitié mais cela a suffi à me saouler. Lui était complètement éméché. Généralement c’est moi qui le dépose chez lui. Mais ce soir, je n’étais plus maître de mon corps et de mon esprit. Mais j’aurais dû appeler un taxi et ne pas le laisser conduire. Il a foncé contre un mur mais à cet instant-là, un adolescent marchait sur le trottoir… Stephen l’a percuté… C’est ma faute, conclut-il désespérément.

     - Tu n’y es pour rien. Tu l’as dit toi-même que tu ne savais pas que Stephen avait versé de l’alcool, essaya de le réconforter Nadia.

     - J’avais un doute sur le goût. J’aurais dû en commander un autre.

     - Ce n’est pas ta faute. C’est Stephen le fautif, continua-t-elle… Mais pourquoi le harcèles-tu alors qu’il n’y ait pour rien ?

     - Mais je… Je, balbutia Stacy mal à l’aise.

     - Il faut l’arrêter pour ce qu’elle a fait, intervint Samira. On ne peut pas laisser cette personne en liberté. Vous avez vu jusqu’où elle va pour vous pourrir la vie.

     - Vous avez entièrement raison, déclara la femme voilée.

     Elle enleva d’un geste son voile et sa robe.

     C’était une jeune femme brune de vingt-sept ou vingt-huit ans. Américaine, elle portait un jean et un t-shirt flottant sur un corps mince. Les baskets, en plus, la rendaient plus masculine que féminine. Ce n’était pas une femme qui se souciait de son apparence.

     - Mais qui êtes-vous ? interrogea Reyes.

     - Mon nom est Nora Davidson. Je fais partie du F.B.I. Votre réalisateur dont le nom m’est sorti de la tête nous a fait savoir que vous étiez importunée. Je vous ai suivi pendant des mois et des mois sans que vous le sachiez hormis le roi. Bien sûr, je ne pouvais pas rentrer dans le palais sans montrer patte blanche.

     - Depuis combien de temps ? interrogea Nadia.

     - Juste avant le retour de Monsieur McCauley en Algérie… Bon, Mademoiselle, dit-elle en s’avançant vers Stacy, je vous arrête pour harcèlement. Suivez-moi, ajouta-t-elle en prenant le bras de Stacy.

     - Mais vous n’avez pas le droit, protesta Stacy en se dégageant.

     Nora reprit de force le bras de Stacy.

     - Je vous ai dit de me suivre.

     Avant de quitter la chambre, Stacy se retourna vers Nadia.

     - Je ne voulais pas vous importuner. Je voulais savoir qui se cachait réellement derrière Dean McCauley, l’homme qui est adulé par des millions de fans.

     - Taisez-vous et venez, l’entraîna Nora.

     Stacy disparut de la vue de Nadia.

     - Pouvez-vous nous laisser seuls ?

     Reyes et Samira s’éclipsèrent en refermant la porte derrière eux.

     - Je comprends à présent tous tes cauchemars, dit Nadia en s’accroupissant devant Dean.

     - J’avais honte et peur que tu me juges. Je suis si mal à l’aise quand je repense à l’accident. J’aurais pu éviter la mort d’un enfant.

     Nadia toucha le visage livide de Dean. Il était perdu.

     - Tu es l’homme que j’aime et tu n’as rien fait de mal. Toi qui n’as jamais bu d’alcool…

     Son cerveau paraissait remettre en place certains morceaux du puzzle au fil des jours. Depuis qu’elle ne pensait plus à retrouver la mémoire, celle-ci laissait échapper quelques souvenirs de temps à autre sans qu’elle ne fasse aucun effort. Avec le temps, elle finirait par tout retrouver.

     - … tu t’es retrouvé dans une situation que tu ne pouvais pas contrôler. Arrête de penser que tu as fait quelque chose de mal. Tu as toujours été là pour tout le monde, inconnu ou famille.

     Dean releva la tête.

     - Tu es vraiment merveilleuse, Nadia. Heureusement que je t’ai à mes côtés.

     Dean la prit dans ses bras et la tint tout contre lui.

     - Je t’aime, ma Nadia.

     - Je t’aime très fort, mon chéri.

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