Chapitre 18

 Chapitre XVIII

 

 Los Angeles, Mardi 12 février 2010

      Nadia rangeait leur chambre. Le lit était entièrement fait. La chemise de Dean traînait sur la commode lustrée. Elle la porta à son visage pour sentir l’odeur épicée si envoûtante du parfum.

      Encore une fois, ils s’étaient disputés pour une chose sans importance, et encore une fois, Dean rentrerait avec un bouquet de roses rouges à la main pour se faire pardonner.

      Elle ramassa le livre qu’elle avait fini de lire la veille au soir pour le ranger dans la bibliothèque. Elle grimpa sur l’échelle pour placer le livre sur la troisième étagère. Elle remarqua un bout de papier marron qui dépassait légèrement des livres. Elle ne l’avait pas aperçu la dernière fois. Elle l’attrapa et l’ouvrit une fois assise sur le fauteuil.

      C’était une demande de divorce…

      Il voulait divorcer ! Pourquoi l’avait-il caché sans lui en faire part ? En avait-il assez de leurs disputes ?

      Ses yeux s’inondèrent de larmes. Elle les essuya du revers de la main en vain car malgré elle, ses pleurs ne cessèrent aucunement.

      Elle s’arma de courage et se leva dignement. L’enveloppe à la main, elle descendit au garage avec la clé de la superbe Luciano. Elle passa devant Samira sans aucun regard.

      Dean lui devait des explications. Elle n’allait pas demeurer à la maison et s’attrister sur son mauvais sort toute la journée. Elle voulait en avoir le cœur net, et tout de suite !

      Elle conduisit en passant les vitesses machinalement. Elle ne sut pas très bien comment elle était arrivée au studio aussi facilement alors que ses pensées étaient dirigées vers Dean et le divorce.

      Elle entra d’un pas déterminé dans le studio.

      - Bonjour Nadia, comment allez-vous ? lui demanda le réalisateur Harrison.

      - Bonjour Harison. Où est Dean ? questionna-t-elle sans prendre le temps de lui répondre.

      - Dans sa loge, il se fait maquiller.

      Sans un mot de remerciement et sous le regard éberlué du réalisateur qui n’avait pas l’habitude de voir Nadia dans un état de froideur le plus total, elle se dirigea vers la loge.

      Son cœur battait à tout rompre. Sa tête semblait être sur le point d’exploser d’une seconde à l’autre. Au fur et mesure qu’elle progressait vers Dean, l’air lui manquait et sa respiration devenait de plus en plus saccadée.

      Nadia ouvrit doucement la porte. Dean était assis sur une chaise, la maquilleuse tout contre Dean avait un bras autour de son cou, le visage près de son mari.

      Un gouffre se resserra sur elle. Elle lâcha l’enveloppe, fit demi-tour et courut les larmes aux yeux. Elle faillit percuter Harrison si celui-ci n’avait pas fait un pas sur le côté.

      - Nadia, avez-vous trouvé Dean ? Mais qu’avez-vous ? Nadia…

      Elle ne répondit pas et continua sa course sans un regard derrière elle.

      Comment croire que tout était réellement fini ? Pourtant, les faits étaient bien là ! Elle les avait vus de ses propres yeux. Comment osait-il la tromper, elle qui le prenait pour un homme intègre ? Finalement, Stacy avait bien raison. La trompait-il à chaque fois qu’ils se disputaient ? Etait-ce pour se faire pardonner de cette liaison qu’il lui offrait des fleurs ? Elle avait été idiote. Elle avait cru que rien ne les séparerait, que leur couple était uni. Elle s’apercevait que rien n’était vrai.

      La maquilleuse empêtrée dans sa longue robe avait du mal à se relever.

      - Ne bouge plus, conseilla Dean.

      Affalée sur Dean après être déséquilibré en marchant sur sa robe, Dean attrapa la maquilleuse sous les aisselles et l’aida à se remettre sur pieds.

      - Désolé Dean. Je vais éviter de mettre cette robe dorénavant. C’est la troisième fois de la journée. Tu vas croire que je le fais exprès.

      - Ne t’inquiète pas Grace, cela arrive, dit-il en passant sa main derrière sa nuque. Je sais que je suis irrésistible, ajouta-t-il avec un clin d’œil vers sa maquilleuse toute gênée. As-tu fini pour le maquillage ?

      - Oui, c’est parfait.

      Dean se leva en s’aidant des accoudoirs.

      - Merci, Grace.

      Dean fronça les sourcils en constatant que la porte était entrouverte. Il la poussa sans voir personne. Avançant d’un pas, il sentit son pied glisser légèrement en avant. Il baissa la tête. Une enveloppe marron juchait sur le sol. Il la ramassa mais rien n’indiquait son appartenance. Il s’autorisa à l’ouvrir pour sortir quelques feuillets. C’était sa demande de divorce… La demande de divorce qu’il avait entamée avant que Nadia ne perde la mémoire. Il avait ô combien oublié ce document dans la bibliothèque. Mais comment était-il parvenu jusqu’ici ? Nadia…

      Nadia l’avait trouvée et était venue ici ! Etait-elle arrivée au moment où Grace était sur lui ?

      Il se rua vers la sortie, les papiers à la main.

      - Mais qu’avez-vous tous à courir comme cela ? As-tu vu ta femme ? interrogea  Harrison.

      - Tu l’as vue ?

      - Oui. Elle n’était pas bien du tout. Elle est partie comme si elle avait le diable à ses trousses.

      - Merci. Je dois y aller Harrison.

      - Et le tournage ?

      - Au diable ce tournage ! Je prends ma journée, je n’ai pas le temps de t’expliquer ! cria-t-il en s’élançant au-dehors.

      - Mais qu’ont-ils aujourd’hui ?

      Harrison resta planté là jusqu’à ce que la voiture de Dean amorce un virage en faisant grincer les roues sur l’asphalte.

      - J’espère que cela va s’arranger, murmura-t-il pour lui-même.

      Les mains crispées sur son volant, Dean conduisait à vive allure. Il fallait rattraper Nadia absolument.

      Qu’avait-elle bien pu penser ?

      Une à une, il dépassait les voitures. Le pied sur l’accélérateur, il vit sur le tableau de bord la vitesse monter graduellement.

      Le bruit des sirènes de police retentit derrière lui. Un policier lui ordonna de se mettre sur le côté.

      Pourquoi le prenait-il en flagrant délit d’excès de vitesse alors qu’il avait des choses plus importantes à faire ?

      Son pied relâcha la pédale de l’accélérateur et il mit son clignotant. La voiture arrêtée, il enleva sa ceinture et sécurité et ouvrit la fenêtre. Le policier se planta devant lui.

      - Bonjour, papier, s’il vous plaît… Je présume que vous savez pourquoi je vous arrête.

      Dean lui tendit son permis de conduire et les papiers du véhicule qu’il avait sortis de la boîte à gants.

      - Oui, monsieur l’agent. Je sais que je roulais trop vite.

      L’agent de police le dévisagea plus en détail après avoir lu son nom sur son permis.

      - Monsieur McCauley, le boulevard n’est pas un jeu. Vous n’êtes pas dans un de vos films.

      Dean tapota nerveusement de son pied.

      - Je sais, monsieur l’agent, et je ne conteste pas. Je suis simplement pressé, j’ai des soucis familiaux et très urgents. En tant qu’homme vous devez comprendre.

      - Non, justement.

      Le policier  tapa plusieurs fois sur sa tablette très fine.

      - Bon, je vois que vous n’avez jamais commis d’infraction. C’est bon pour cette fois-ci.

      - Merci, monsieur l’agent. Cela ne se reproduira plus.

      - Je l’espère…

      Dean remit le contact après consultation de sa montre. Il avait perdu cinq bonnes minutes.

      - … Monsieur McCauley, ajouta le policier.

      Dean faillit soupirer d’agacement mais finit par sourire.

      - Pourrais-je avoir un autographe ?

      Dean attrapa le stylo et le papier que lui donna l’agent.

      - Merci. Bonne route, et n’oubliez pas de ralentir.

      Dean ferma la fenêtre et roula plus posément. Il ne souhaitait pas être encore retardé par un quelconque flic zélé.

      Il ne vit pas un taxi jaune quitter la villa quand il arriva. Il stationna sa voiture derrière la Luciano.

      Il courut dans la maison criant le nom de sa femme. Personne ne lui répondit. Le vieux majordome devait certainement faire sa petite sieste.

      Dean monta rapidement les marches. Il ouvrit la porte de sa chambre à grande volée pensant trouver Nadia mais la pièce était totalement vide. Il ouvrit la chambre face à la sienne, là où Nadia avait dormi quand elle ne partageait pas encore sa vie à part entière.

      Mais où était-elle ?

      Il parcourut tout le couloir en ouvrant toutes les portes sans exception.

      « Elle est peut-être avec Samira. Cette dernière doit certainement la consoler ! », se rassura-t-il.

      Depuis le départ de Stacy, Nadia s’était beaucoup rapprochée de Samira.

      Il descendit les marches pour rejoindre le premier étage. Il s’arrêta devant la chambre de Samira et frappa. Aucune réponse. Il toqua encore une fois mais la porte restait close.

      Samira était certainement sortie voir sa cousine pas très loin. La cousine de Samira travaillait comme nourrice à temps plein chez un riche publicitaire.

      Il chercha dans les autres pièces espérant la trouver mais Nadia n’était nulle part dans la villa. Il ne savait pas où la chercher à l’extérieur.

      La mine déconfite, il alla dans la cuisine se préparer un café. Il mit en marche la cafetière qui ne tarda pas à cracher tout l’arôme subtil.

      Il inspira profondément, les deux mains plaquées sur le plan de travail noir mat.

      L’interphone émit une sonnerie. Dean répondit.

      - Bonjour, C’est l’agent Nora Davidson. Pouvez-vous me laisser entrer ?

      A contrecœur, le moral à zéro, Dean actionna l’ouverture. Il accueillit la jeune femme au pas de la porte.

      - Je vous offre un café ?

      - Non, merci.

      - Si vous le permettez, je vais prendre ma tasse. Que puis-je pour vous ? demanda-t-il en entrant dans la cuisine.

      Dean tourna le dos à la nouvelle venue pour se servir son café.

      - J’ai un gros doute sur la culpabilité de Stacy… en fait, j’en ai depuis son arrestation.

      Dean fit volte-face, les yeux interrogateurs.

      - Pourquoi l’avez-vous donc arrêté ? Et puis, toutes ces photos de moi accrochées au mur dans sa chambre !

      - Ce qui paraissait évident ne l’est pas. C’est mon intuition…

      - Quelle intuition ! Vous avez les preuves !

      Dean soupira. Il s’installa devant la table.

      Nora Davidson restait toujours plantée devant lui sans esquisser un geste.

      - C’était une mise en scène.

      - Ecoutez, je ne vous crois pas… Vous connaissez la sortie. Je ne veux plus entendre parler d’elle.

      Dean but une gorgée de son café. Le liquide recouvrit son palais et il l’ingurgita.

      Nora fit volte-face, mais prit la direction des escaliers.

      - Où allez-vous ? lui cria Dean.

      La jeune femme ne l’écouta pas et monta les marches deux à deux. Dean revoyait les yeux améthyste qui flambaient d’une lueur de défi. Il émanait d’elle un charme dévastateur bien que sa mise vestimentaire laissait à désirer. Son jean flottait autour de ses cuisses et son t-shirt était une fois et demie plus grand qu’elle. Elle semblait vouloir cacher son corps de tout regard.

      Dean se leva lorsqu’elle atteignit le premier étage.

      - Où allez-vous ? cria-t-il. Je vous interdis de…

      Mais déjà, l’agent bifurqua à droite.

      Mais la jeune femme était-elle réellement agent du F.B.I ? Et si c’était elle qui lui avait écrit des lettres ? Il se mit à la poursuivre plus activement. Il la retrouva devant une porte close. Il était à quelques mètres d’elle sans oser l’approcher. Il n’avait pas peur d’elle mais elle exerçait sur lui une certaine retenue.

      Nora lui jeta un seul regard avant de reporter son attention sur la porte.

      - Je vous ordonne de vous en aller, dit Dean.

      La jeune femme tendit doucement la main vers la poignée dorée et toucha le métal froid.

      Dean vit la porte s’ouvrir puis Nora qui s’engouffra à l’intérieur. Ne la voyant pas ressortir, il finit par la rejoindre.

      Il toucha son front. Etait-il dans un cauchemar ?

      Nora Davidson ouvrit les tiroirs de la commode placée sous la fenêtre.

      Dean ne réalisait pas ce qu’il voyait. Il revivait la scène du lendemain du mariage de Reyes.  Des photos de lui étaient épinglées sur les murs. L’imprimé sur la housse de couette représentait son image avec l’arrière-plan de son dernier film. C’était complètement flippant.

      Dean rompit le silence pesant.

      - Comment avez-vous su ?

      Nora tenait entre ses doigts les enveloppes roses qu’elle déposa sur le bureau translucide.

      - Je le savais. Simple intuition que je n’arrive pas à gérer.

      - Aussi simple que cela, dit-il d’un ton quasi ironique.

      Nora haussa les épaules.

      - Je ne comprends pas ce qui m’arrive, ajouta Dean en s’asseyant sur le lit. Pourquoi Samira ferait-elle cela ? Je ne lui ai jamais rien fait.

      - Et où est Samira ?

      - Et comment savez-vous où trouver la chambre de Samira alors que vous n’êtes jamais venue ici ? demanda-t-il soupçonneux tout d’un coup.

      Il ne pouvait  pas imaginer un instant que la gentille Samira puisse être la femme mystérieuse. Elle était si douce et avait toujours pris soin de Nadia.

      Nadia…

      Elle n’était pas revenue et il se faisait du souci.

      - C’est Stacy qui m’a indiqué comment accéder à la chambre de votre employée, Samira. Je sais ce que vous pensez. Je ne suis pas la femme mystérieuse. J’ai fait semblant d’arrêter Stacy devant vous afin de mener mon enquête plus tranquillement. Il fallait faire baisser la garde de Samira. Elle a toujours été présente à vos côtés.

      - Mais non, c’est absurde. Elle habitait en Algérie quand tout cela est arrivé.

      Nora s’appuya contre la commande faisant tourner une enveloppe entre ses doigts avec agilité. Sa tête hochait négativement.

      - Elle est venue en vacances chez sa cousine. Et les lettres ont commencé à partir de ce moment-là.

      - Mais Stacy n’a pas nié pour les lettres.

      - Nuance, quand elle est arrivée dans la chambre, toutes les photos ont été retirées par vos soins. Et elle a avoué vouloir vous connaître davantage pour voir quel genre d’homme vous étiez. Elle voulait faire son deuil. Je l’ai éloignée le plus rapidement de vous afin que Samira, qui me semblait être la suspecte, ne se méfie pas.

      - Mais pourquoi vos soupçons sur elle ?

      - Je l’ai suivie à Los Angeles. C’est lorsqu’elle se rendait régulièrement à l’hôpital…

      - L’hôpital ? demanda Dean de plus en plus surpris.

      Dean ne savait pas que Samira pouvait avoir des problèmes de santé. Elle ne parlait jamais d’elle et préférait le plus souvent la solitude aux sorties que proposait Nadia ou Dean. Elle était timide aussi.

      - Elle se rendait pour …

      Dean se leva brusquement. Il avait peur qu’il soit arrivé quelque chose à Nadia. Nadia et Samira n’étaient pas à la maison. Samira aurait-elle tout orchestré de façon à ce que Nadia tombe sur les papiers de divorce ? Samira avait-elle enlevé sa femme alors qu’elle se trouvait dans le doute le plus total. Nadia était très vulnérable. Et la seule personne dont Nadia avait une totale confiance était Samira.

      - Il faut que je retrouve ma femme. Elle est peut-être en danger.

      - Que voulez-vous dire par là ? interrogea Nora.

      Dean lui raconta ce qu’il avait trouvé devant la porte de sa loge.

      - Sa Luciano est devant la maison. Samira a dû l’entraîner hors d’ici. Mais où ?

      Nora quitta sa position en alerte.

      - Savez-vous où Nadia se sent le plus en sécurité ?

      - Nadia ne connaît pas vraiment de monde à L.A. Ces amis sont éparpillés dans le monde… Samira a pu l’entrainer n’importe où !

      Nora secoua la tête.

      - Non, elle va généralement chez sa cousine. Elle n’a pas d’autre endroit où se rendre.

      Dean massa ses tempes.

      - Je ne vois pas. Je me sens si impuissant.

      Nora sortit de la pièce.

      - Elle a peut-être laissé un mot avant de partir.

      - Je n’ai rien vu, répondit Dean. J’ai fait toutes les pièces à la recherche de Nadia.

      - Vous cherchiez votre femme, pas une enveloppe.

      Nora Davidson avait certainement raison. Tous les deux examinèrent séparément les pièces, plus principalement la salle à manger, la cuisine, le salon et finalement leur chambre sans succès.

      Dean, de plus en plus désespéré, finit par arrêter les investigations.

      - Mais que suis-je bête !

      A cette exclamation, Nora apparut dans la cuisine.

      Dean sortit son téléphone portable de la poche de son jeans et appela sur le téléphone de Nadia. Il avait une chance de pouvoir lui parler et de la prévenir. Il retrouva espoir momentanément car après plusieurs sonneries, il tomba sur le répondeur. Il recommença plusieurs fois jusqu’au moment où il tomba sur la messagerie immédiatement. Soit Nadia avait délibérément éteint son téléphone, soit elle n’avait plus de batterie.

      - Ou bien, elle a été obligée de l’éteindre, suggéra Nora.

      - Que voulez-vous dire ?

      Nora actionna les touches de son téléphone portable.

      - Jess, c’est Nora. Peux-tu te renseigner auprès de la compagnie si Madame McCauley a réservé un vol. Et si oui, pour quelle heure. J’attends ton appel.

      Nora raccrocha en glissant le clapet.

      - Vous pensez qu’elles ont pris l’avion.

      La jeune femme haussa les épaules.

      - Peut-être… Rien n’est jamais sûr.

      Dean attendit, dans l’angoisse, la confirmation de l’agent de l’aéroport. Ce dernier affirma que les deux jeunes femmes se trouvaient à bord du vol qui avait déjà quitté les Etats-Unis.

 

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