Chapitre 2

Chapitre II

 

Aéroport d’Orly (France), vendredi 14 août 2009

     Dean McCauley !

     Il était vraiment devant elle en chair et en os. Jamais elle n’aurait imaginé se retrouver un jour devant lui ! C’était bien la dernière personne qu’elle aurait pensé voir ce jour-là.

     Les yeux agrandis de stupeur, elle le fixait sans mot dire, l’air hébété. Elle eut un geste de recul sous le choc.

     L’avait-il reconnue ?

     Dean admira la jeune fille face à lui. Elle était vraiment belle. A l’instant où sa chevelure tomba en cascade jusqu’à ses reins, il était resté là sans bouger. Il se sentait idiot. C’était bien la première fois qu’il réagissait ainsi.

     Elle avait de superbes yeux en amande mordorés qui le regardaient avec effroi. Elle aussi pensait l’avoir reconnu. Mais elle se trompait tout comme la vendeuse de chez Cartier.

     Il lui tendit la main.

     - Je suis Dean McCauley. N’ayez crainte, je ne suis pas celui que vous croyez.

     La jeune femme semblait fuir son regard.

     Dean paraissait ne pas se souvenir d’elle. Elle avait beaucoup changé avec les années, et elle n’apparaissait dans aucun journal. Elle agissait toujours en sorte à se cacher pour échapper aux objectifs. Les dernières photos d’elle remontaient à une dizaine d’années.

     - Je ne suis pas un criminel, continua-t-il en riant. Je suis acteur de cinéma.

     Nadia accepta la main tendue. Il avait un sourire charmeur.

     - Je sais qui vous êtes, Dean McCauley, cracha-t-elle sans aménité.

     Nadia dégagea sa main.

     Dean perdit son sourire et se caressa le crâne avec gêne.

     Nadia frissonna. Dean McCauley en imposait par sa carrure. Elle se sentait si petite devant lui.

     - Je ne voulais pas me vanter mais aujourd’hui fut une journée forte en émotions.

     Nadia contourna Dean et attendit, près de la porte, qu’il sorte. Elle ferma le box et se dirigea avec Dean vers les ascenseurs. Celui-ci en profita pour lui raconter ses mésaventures.

     Une des vendeuses de la joaillerie Cartier l’avait confondu avec un voleur. Elle n’était pas grande amatrice de séries télévisées. Elle avait aperçu une fois Dean entouré des forces de l’ordre dans un épisode. Elle avait donc pris peur en le voyant et avait prévenu la police en appuyant sur l’alarme silencieuse.

     Quelques minutes plus tard, quatre hommes armés avaient fait irruption dans la boutique. L’un d’eux lui avait intimé l’ordre de lever les mains en l’air.

     Il avait cru à une plaisanterie au début. Mais les hommes, armes aux poings, ne semblaient pas du tout rire. Heureusement, le vigile était intervenu après un moment de stupéfaction. La vendeuse, qui s’était également occupée de lui, avait pris part à ce quiproquo. Il leur expliqua qu’il était acteur de cinéma et mondialement connu. L’autre vendeuse qui avait sonné l’alarme, confuse de son erreur, s’était excusée.

     Dean en avait ri. C’était bien la première fois qu’on se trompait à son sujet. Après avoir signé des autographes, il était sorti de la joaillerie. Il avait oublié de remettre sa casquette et ses lunettes de soleil.

     En retard, il s’était mis à la recherche d’un taxi. Une bande de jeunes qui l’avait aperçu s’était mise à le poursuivre. Dean, qui généralement, était homme à satisfaire ses fans par des signatures, n’avait pas le temps de leur faire ce plaisir ce jour-là. Si Dean existait dans le monde du cinéma, c’était bien grâce à eux. Mais il était pressé pour prendre son avion. Et Nadia était intervenue par miracle.

     Nadia regardait cet homme qui avait toujours été beau. Dean n’avait pas beaucoup changé avec les années. L’adolescent qu’elle avait connu était devenu un homme tout en gardant ce visage d’ange.

     Ils n’étaient que tous les deux dans l’ascenseur et Nadia se sentait mal à l'aise à ses côtés.

     Dean ne savait pas qui elle était. Son ancien meilleur ami ne l’avait pas reconnue. Elle s’était transformée en neuf ans. Tout comme le papillon, elle avait quitté son cocon pour devenir une belle jeune femme.

     - Comment vous appelez-vous ? s’enquit-il.

     - Nadia, répondit-elle du bout des lèvres.

     Il n’y eut aucune réaction de sa part. Seul un sourire découvrit ses dents parfaitement blanches. Dean avait toujours su prendre soin de lui, contrairement à elle.

     - Travaillez-vous ici ? demanda-t-il.

     - Non.

     - Vous êtes venue chercher quelqu’un ?

     - Pas du tout.

     - Vous prenez l’avion ?

     - En effet, Monsieur McCauley.

     - Mais vous n’avez aucun bagage…

     - Je pourrais vous retourner la même remarque, répliqua-t-elle froidement.

     Elle savait pourtant qu’il avait laissé tomber sa valise sur l’avenue.

     Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent. Ils sortirent pendant que d’autres personnes rentrèrent. Dean fut arrêté par une femme.

     - Dean McCauley ! Je peux avoir un autographe ! Je suis une de vos fans !

     La femme d’une quarantaine d’années chercha dans son sac un stylo et un papier.

     Dean vit Nadia poursuivre son chemin sans un regard en arrière.

     Nadia !

     Elle se prénommait comme son ancienne meilleure amie. Combien de fois avait-il entendu ce prénom ? Des milliers de fois en une dizaine d’années. Chaque fois qu’il était prononcé, le souvenir des moments heureux qu’il avait passés en sa compagnie ressurgissait. Mais l’amertume reprenait également sa place.

     La femme brune, cheveux mi-longs et bouclés, légèrement rondelette mais non sans charme, lui tendit les deux objets.

     Dean signa le papier en ajoutant une dédicace. Il les lui remit et l’embrassa sur la joue, à sa grande surprise.

     - Merci, Monsieur McCauley.

     - Merci à vous.

     Dean s’éclipsa avant qu’on ne le retienne à nouveau. Il n’aperçut pas Nadia et il en était mortifié. N’importe quelle femme aurait voulu être à sa place et Nadia était partie sans un regret.

     La grosse horloge de l’aéroport lui indiqua que son avion n’allait pas tarder à décoller. Effectivement, une voix féminine s’éleva dans le terminal afin de prévenir les derniers passagers de l’embarcation. D’un pas rapide, il se dirigea vers la porte citée.

     Assise sur une des chaises de la salle d’embarcation avec un journal ouvert afin de ne pas être vue, la jeune femme, qui avait suivi Dean McCauley depuis Paris, le vit passer. Elle se leva sans précipitation, laissa son journal sur le siège et s’approcha d’un steward pour lui remettre son billet d’avion.

     Nadia songea à Dean. Elle était partie sans un regard vers lui. Elle l’admirait et le détestait en même temps. C’était un acteur très talentueux. Il incarnait chaque personnage avec brio. Il leur donnait vie et tout le monde était transporté dans un univers qui semblait réel. Chaque sentiment était joué à la perfection et les gens riaient, pleuraient d’émotions grâce à lui.

     Nadia ferma les yeux et se détendit sur le grand fauteuil de l’avion.

     - Hello !

     Nadia ouvrit les yeux à cette exclamation. Dean se trouvait en face d’elle. L’objet de ses pensées depuis plusieurs années ne semblait pas vouloir s’en aller aujourd’hui. Que faisait-il dans cet avion ?

     - Je peux m’asseoir près de vous ?

     En première classe, il n’y avait qu’eux deux. Pourquoi s’obstinait-il tant à vouloir lui parler ? N’avait-elle pas été assez explicite en le plantant près de l’ascenseur ?

     Dean prit place à côté d’elle avant qu’elle ne réponde.

     Elle voulut lui crier ses quatre vérités. Lui dire combien elle avait été déçue par lui. Elle avait tant cru à son amitié. Et en devenant célèbre, il avait balayé cette amitié de sa vie.

     Depuis sa naissance, Nadia n’avait eu qu’un seul compagnon de jeu. C’était Dean. Dean avait quatre ans de plus qu’elle. D’année en année, il avait été son confident et son meilleur ami. Il avait toujours été là pour elle et l’avait poussée à réaliser son rêve. C’était le seul qui avait cru en elle et en ses capacités.

     Elle se souvenait de leurs moindres conversations, assis à même le sol sur la terrasse, dos contre le mur. Ils discutaient de tout et de rien. Ils refaisaient le monde avec leurs yeux d’adolescents. Dean rêvait d’être acteur de cinéma aux Etats-Unis.

     Son rêve était devenu réalité. Après quelques rôles sans grande importance où il apparaissait très peu de temps, il avait été choisi pour incarner le héros d’une série télévisée. Cette série, en partie grâce à lui et à son charme, avait été propulsée au sommet. En quelques jours, Dean devint le chouchou de millions de femmes. Il était traqué à tout moment par les paparazzis. Il était toujours accompagné par les plus belles femmes du monde comme le mannequin Dominika Ivanov, l’égérie des voitures Luciano.

     - Vous êtes algérienne ? l’interrogea-t-il.

     Nadia n’était pas du tout typée. Elle avait la peau blanche et laiteuse et des yeux très clairs. Les Kabyles se différenciaient ainsi généralement du reste de la population algérienne. Beaucoup de personnes lui attribuaient des origines variées. Le plus souvent, on lui disait qu’elle était italienne ou espagnole.

     - Oui, répondit-elle les yeux fermés.

     Elle ne voulait pas le regarder. Elle se sentait de plus en plus faible. Sa colère avait l’air de fondre comme neige au soleil et elle était prête à lui pardonner alors qu’il ne le méritait pas.

     Quand Dean avait quitté l’Algérie pour les Amériques, il avait promis de lui écrire et de l’appeler. Mais il ne l’avait jamais fait. Obsédé par sa carrière et les femmes, il l’avait oubliée. Comment avait-il pu tourner la page aussi facilement sur seize années inoubliables ? Elle avait eu beau lui écrire, il n’avait jamais daigné lui répondre.

     Sa colère s’enflamma et son visage se ferma. Dean était tout simplement redevenu lui-même, un imbécile et un profiteur. Il ne l’avait jamais estimé en tant qu’amie. Il s’était servi d’elle pour se faire valoir auprès de gens haut placés comme son père.

     Il ne valait pas la peine qu’on s’intéresse à lui et qu’on lui donne de l’importance.

     - Vous êtes kabyle, je présume ?

     La gorge de Nadia se noua. Il avait le pouvoir de la contrarier et de la mettre hors d’elle. Deux hommes avaient ce don-là. Son père et Dean McCauley.

     Nadia hocha la tête en signe d’assentiment. Elle avait envie de pleurer sur cet ami perdu. Elle aurait tant voulu garder de lui que de bons souvenirs. Il avait toujours été là lorsqu’elle avait un chagrin. Il lui avait remonté le moral avec de simples phrases et son sourire étincelant de pureté.

     Dès son jeune âge, il avait été un bon acteur. Le meilleur qui existe pour qu’elle s’y soit laissé prendre ainsi.

     Un sourire amer s’ébaucha sur ses lèvres pleines.

     La femme assise à côté de lui était mystérieuse. Alors qu’il ne pensait pas la revoir, elle était ici, les yeux clos comme s’il n’existait pas.

     Son indifférence le laissait perplexe. Aucune fille ne lui avait résisté jusque-là. Il n’avait jamais abordé une femme car c’était toujours elle qui faisait le premier pas. C’était d’une facilité déconcertante pour lui.

     Nadia était très belle. Ses cheveux noir corbeau brillaient et paraissaient soyeux. Ils étaient raides et légèrement ondulés vers les pointes.

     Sa main s’avança pour les toucher mais il se retint à temps. Il n’avait aucun droit.

     Son nez était petit et fin, et ses lèvres très pulpeuses lui donnaient envie de l’embrasser.

     - Vous êtes en voyage d’affaires ? s’enquit-il.

     - Non.

     - Vous êtes en vacances ?

     - Non.

     - Vous habitez en Algérie ?

     - Oui.

     - Où cela ?

     - Pourquoi toutes ces questions ? Vous ne me devez rien du tout !

     Dean arrêta son questionnement. Pendant qu’une hôtesse de l’air diffusait un message expliquant les mesures d’urgence et l’utilisation des ceintures de sécurité ainsi que l’interdiction de fumer, une autre hôtesse mimait les paroles. Tout en s’affairant à son travail, l’hôtesse le dévorait du regard.

     L’avion, peu après, se mit à rouler doucement, puis de plus en plus vite, pour prendre ensuite son envol.

     Nadia, toujours les yeux fermés, crispa ses mains sur les accoudoirs du fauteuil. Dean remarqua les jointures qui blanchissaient. Nadia avait certainement peur de l’avion.

     La main de Dean effleura le bras de la jeune femme afin de la calmer. Elle avait la peau douce comme de la soie. Il posa à nouveau sa main sur le bras de Nadia et la fit glisser pour apprécier cette agréable douceur.

     Nadia lui jeta un regard en coin. Ses yeux lançaient des éclairs.

     - De quel droit vous vous permettez !

     - Je suis désolé. Je voulais vous calmer… et en vous touchant, j’ai senti votre peau si douce. Je n’ai pas pu m’en empêcher.

     Dean ne savait plus que dire ou faire. Nadia ne semblait pas le porter dans son cœur. Il ne lui avait rien fait pourtant. C’était elle qui l’avait aidé aux Champs-Élysées.

     Pensait-elle qu’il était comme les autres célébrités ? Certains se comportaient de façon abominable comme si la terre leur appartenait. Ils pensaient que l’argent pouvait tout acheter y compris les personnes. De plus, ces stars dénigraient leurs fans alors que c’était grâce à eux qu’ils en étaient là. Cela, ils avaient tendance à l’oublier.

     Dean ne leur ressemblait pas et n’en avait aucune envie. Il répondait personnellement aux courriers de ses fans et leur consacrait du temps libre lorsqu’il en avait. Une partie de son argent était reversée à plusieurs associations.

     - Ne vous avisez plus de recommencer ! Je ne suis pas une de vos groupies !

     - Je sais, soupira-t-il. Pardonnez-moi ! Je vais m’asseoir ailleurs et ne plus vous importuner. Merci encore une fois de m’avoir secouru !

     Dean se leva à regret. Il n’allait pas s’imposer plus longtemps auprès d’une personne qui ne l’estimait pas. Ce n’était pas lui le perdant dans l’affaire. Dean prit place trois rangs devant Nadia afin de ne plus la voir.

     L’hôtesse vint immédiatement vers lui afin de lui proposer un verre de champagne qu’il refusa. A sa demande, elle lui apporta un jus d’orange.

     La pochette, accrochée à son cou, le gêna. Il la retira et l’ouvrit. Il sortit les boîtes. Il contempla le collier, le bracelet et la bague. Les trois pièces représentaient un serpent incrusté de diamants. Le plus gros se trouvait sur le collier.

     C’était un cadeau qu’il voulait offrir à Nadia pour son anniversaire. Elle avait toujours aimé ce reptile en forme de bijoux. Lorsqu’il l’avait aperçu dans la bijouterie, il savait que ce joyau était fait pour elle.

     Il appréhendait ce moment. Beaucoup de questions le taraudaient depuis son départ d’Algérie. Elle ne lui avait plus donné signe de vie. Elle n’avait jamais répondu à ses courriers ou ses appels téléphoniques. On lui répondait à chaque fois qu’elle était occupée ou bien absente.

     Ils avaient été les meilleurs amis du monde jusqu’à ce qu’il parte. Etait-elle jalouse de son succès ? Lui en avait-elle voulu de l’avoir abandonnée ? Elle l’avait pourtant encouragé à réaliser son rêve.

     Il n’avait jamais retrouvé une amitié comme la leur. Nadia lui devait des explications. Il ne l’avait jamais oubliée. Leurs conversations lui manquaient terriblement.

     Nadia n’était pas une fille belle à proprement parler. Par contre, elle avait un gros cœur et se préoccupait d’autrui. Son charme résidait dans sa gentillesse.

     Il lui avait maintes fois conseillé de prendre un peu de temps pour elle afin de s’embellir mais Nadia estimait que c’était une perte de temps. Elle se comportait comme un vrai garçon manqué.

     La Nadia qu’il avait connue ne ressemblait en rien à celle qui se trouvait dans l’avion. Elles étaient totalement opposées.

 Bejaïa (Algérie), vendredi 14 août 2009

     Nadia conduisait son 4x4 prudemment sur les routes sinueuses des montagnes de la Kabylie.

     Elle était toujours autant émerveillée par le paysage qui se révélait à elle. Même si le mois d’août offrait de la verdure brunie par le soleil, elle aimait la pureté qui s’en dégageait. Au printemps, les montagnes s’habillaient de vert. Les maisons qu’elle apercevait à ce moment de l’année lui faisaient tant penser à des maquettes que les architectes présentaient lors de conférences.

     Tout au long du trajet, Nadia croisait des enfants d’une dizaine d’années qui revenaient chez eux avec une kyrielle de moutons ou de chèvres. Ils tenaient à la main un bâton ou une branche d’arbre afin de diriger leurs animaux. Quand ils la voyaient passer, ils la saluaient chaleureusement et couraient ensuite derrière sa voiture. Nadia leur distribuait toujours des bonbons qu’elle achetait en France et qu’elle gardait dans sa voiture.

     Nadia traversa Feraoun. Feraoun était une commune de la Daira d'Amizour entre Ath Mohli et Amizour. Situé à une quarantaine de kilomètres de la Wilaya de Béjaïa et à vingt-cinq kilomètres de la Daira d'Amizour, ce village était composé de plusieurs autres villages : Akantas, Iguer-Guindouze,  Ichekaben, Aitounir, Tifritine, Tagma, Tizi, Ibahlala, Ighil-Ali et Iadannene.

     La population de cette commune de montagne vivait de l'agriculture, notamment l'olivier, le figuier, les céréales et l’élevage. Cette région était renommée pour la production de sel du village d'Imellahene. Et Nadia n’habitait pas très loin de là.

     Nadia pensa à Ali. Il habitait à Feraoun. Son cœur s’emplit d’amour pour ce jeune homme qu’elle connaissait depuis cinq mois. Cinq mois de bonheur.

     Ali avait vingt-huit ans. Il était légèrement plus grand qu’elle. Il avait une carrure svelte et sportive. Sa peau hâlée faisait ressortir ses magnifiques cheveux blonds ainsi que ses yeux d’un bleu turquoise.

     Les yeux bleus de Dean s’imposèrent dans son esprit malgré elle. Le voyage qui n’avait duré que deux heures lui avait paru bien long pour une fois. Le temps paraissait suspendu à jamais. Combien de fois avait-elle voulu se lever pour rejoindre Dean et lui demander des explications ! Le courage lui avait manqué. Elle avait peur d’apprendre la vérité.

     Que venait-il faire en Algérie ? Etait-il ici pour voir une de ses conquêtes ?

     Dean n’avait pas essayé de lui reparler pendant le vol. Il était sorti de l’avion, avait passé le contrôle d’identité, puis la douane sans regarder derrière lui.

     Nadia l’avait suivi des yeux. Elle ne pouvait s’empêcher d’observer sa démarche féline et décontractée. Son jeans bien que flottant sur ses cuisses lui allait admirablement.

     Elle avait vu un de ses films, le seul, où il apparaissait en boxer. Il était superbement beau. Elle se rappelait qu’il avait une peau de soie.

     Dean avait dû prendre ensuite un taxi ou bien quelqu’un était venu le rejoindre. Mais où s’était-il rendu ?

     Toutes ses pensées ces dernières heures n’étaient que pour lui. Généralement, elle songeait à Ali et à rêver de son futur avec lui.

     Lorsque Nadia arriva à quelques mètres du palais, les grandes portes s’ouvrirent. Des gardes à l’extérieur lui rendirent son bonjour.

     Nadia gara sa voiture dans l’immense garage, puis se dirigea vers l’une des portes donnant accès à l’intérieur de la cour. Un homme se précipita vers elle.

     - Le roi souhaiterait vous voir, déclara-t-il.

     - Très bien… merci.

     Elle traversa la cour intérieure décorée de mosaïques bleu et blanc ainsi que de moulages en plâtre blanc. En plein centre, une fontaine de marbre.

     De l’autre côté de la cour se trouvaient deux grandes portes blanches. Elles étaient immenses et Nadia se sentait toujours petite face à elles. Le roi souhaitait intimider toute nouvelle personne qui entrait en ce lieu. Elle frappa trois coups sur celles-ci et attendit que le roi lui réponde. Mais aucune voix ne s’éleva. Elle actionna la poignée et franchit le seuil.

     Il n’y avait personne. Que devait-elle faire ? Qu’avait-il de si urgent pour qu’il la fasse mander à son retour ? Ne pouvait-il pas attendre une heure ou deux afin qu’elle puisse se reposer ?

     Le bureau du roi était immense. C’était une des plus grandes pièces du palais. Il pouvait ainsi recevoir toute la presse mondiale. Beaucoup de livres tapissaient les murs qui formaient la bibliothèque royale. Le roi aimait lire. Elle s’approcha d’un mur et s’autorisa à emprunter un bouquin. Le fauteuil en cuir noir du roi était beaucoup plus imposant que les autres et elle se permit d’y prendre place pour plus de confort.

     Un quart d’heure s’était écoulé sans que le roi ne fasse son apparition. Elle était absorbée par le roman qu’elle avait entre les mains.

     - Te voilà !

     Nadia sursauta à cette exclamation.

     Le roi se tenait devant elle.

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