Chapitre 3

Chapitre III

 

Village Iadnanene (Algérie), vendredi 14 août 2009

     Le roi se tenait droit devant elle. Il était grand, imposant et majestueux malgré son embonpoint. Il devait faire un mètre quatre-vingts pour cent vingt kilos. Ses mains étaient grandes et larges. Il avait les cheveux courts, couleur poivre et sel. Son nez était droit, ses yeux petits et marron et ses sourcils épais..

    - Où vouliez-vous que je sois, mon cher roi ? s’enquit-elle en le fixant droit dans les yeux.

    - Cela fait longtemps que tu es arrivée ?

    - Pas du tout. Une quinzaine de minutes environ, mon roi. Je suis venue directement ici, répondit-elle en se levant puis en se courbant.

    - Arrête Nadia de m’appeler ainsi !

    Nadia sourit.

    - D’accord. Tu sais combien j’aime te taquiner.

    Nadia s’approcha de lui et l’embrassa sur la joue.

    - Bonjour papa.

    - J’aime mieux cela, fit-il remarquer en s’installant sur son fauteuil à présent libre.

    Nadia prit place sur l’un des fauteuils face au bureau de son père.

    - Pourquoi désirais-tu me voir de suite ? Etait-ce si urgent ?

    - Oui. Il y a un prince des Emirats Arabes qui souhaiterait te rencontrer. Il a entendu parler de toi… Non, ne m’arrête pas. Tu ne le connais pas.

    - Justement. Tu sais combien je déteste les mariages arrangés. Et si je n’accepte pas encore une fois de me marier parce qu’il ne me plaît pas, je vais en entendre parler pendant des jours et des jours.

    - Mais tu ne l’as pas encore vu !

    - Je sais comment il va être. Comme les autres. Pas à mon goût, mais plutôt au vôtre.

    Son père la fixait sans argument. Il ne savait plus que dire. Nadia n’était pas facile à manipuler.

    De plus, Nadia aimait Ali. Comment pourrait-elle vivre avec un autre homme que lui ? Comment pourrait-elle être heureuse ? Seuls ces parents seraient contents de cette alliance avec le prince.

    - Ta sœur est bien heureuse pourtant avec l’homme que nous lui avons choisi.

    Son père semblait lire en elle. Sa sœur Hakima avait en effet épousé l’homme qui lui était destiné. Mais elle avait eu le coup de foudre pour celui-ci dès leur première rencontre. C’était donc un mariage d’amour qu’elle avait fait et non de raison. Mais cela, ses parents ne le savaient pas.

    Et pour Nadia, il n’y avait qu’Ali qui comptait même si celui-ci n’était pas du tout riche. Mais comment faire accepter cela à son père ?

    Chaque chose en son temps. Il fallait déjà s’occuper du prince. Il fallait impérativement que cela soit lui qui refuse ce mariage. Ainsi, la décision lui appartiendrait et elle n’entendrait pas ses parents en parler tout au long de la semaine.

    - Je ne te promets rien, mais je le verrai ce soir.

    - Merci. Et sois mieux habillée.

    Nadia regarda son jean et son débardeur. Son père ne serait pas déçu ce soir. Elle allait se changer et elle-même ne se reconnaîtrait pas.

    - On se retrouve comme d’habitude dans la salle à manger ?

    - Oui.

    - A tout à l’heure, mon roi !

    Nadia sortit avec un sourire aux lèvres. Pourvu que son plan marche…

Bejaïa (Algérie), vendredi 14 août 2009

    Dean s’était fait conduire par un chauffeur de taxi dans le grand centre commercial « Les quatre chemins » de Bejaïa. Le chauffeur lui en fit une présentation. Le centre commercial était sur quatre niveaux. C’était un bâtiment qui s’articulait parfaitement au carrefour par la rotonde qui faisait partie de son corps. Un restaurant panoramique, doté d’une terrasse, s’étendait sur la quasi-totalité de l’immeuble, tout en haut. Il y avait une quarantaine de commerces d’environ cinquante mètres carrés de superficie chacune.

    Les deux premiers étages étaient consacrés aux vêtements de tradition et les deux autres aux vêtements européens.

    Dean ne connaissait pas « les quatre chemins » car celui-ci était tout récent.

    Il parcourut le troisième étage à la recherche de la maroquinerie qu’il aperçut sans difficulté avec certains bagages présentés à l’extérieur du magasin. Il serait plus facile de faire ses achats avec une valise et de ne pas froisser les vêtements qu’il comptait acheter par la suite.

    Dean devait tout acheter après avoir abandonné sa valise sur le trottoir de l’avenue des Champs-Elysées.

    A chaque pas, il entendait murmurer autour de lui. Les personnes se demandaient si c’était bien lui l’acteur de cinéma. Il ne doutait pas que dans quelques minutes, une foule s’amasserait devant lui. Il devait se dépêcher avant que les boutiques ne ferment.

    Dean accéléra le pas et se faufila comme un voleur dans la boutique.

    - Bonjour monsieur. Puis-je vous aider ? intervint un homme en français en s’avançant vers lui.

    D’un coup d’œil, Dean choisit sa valise à roulettes.

    - Bonjour. Je recherche une valise et c’est celle-là que je veux.

    Dean indiqua sa préférence à l’homme trapu et aux cheveux grisonnants.

    - Vous avez bon goût et en plus vous êtes rapide, rit-il. Elle est de très bonne qualité et c’est l’une des marques les plus chères.

    - Oui, je sais. J’avais la même quelques heures auparavant.

    - Et que s’est-il passé ?

    - Une broutille sans conséquence.

    L’homme le fixa plus longuement et semblait méditer. Il enleva le cadenas de la valise puis donna cette dernière à Dean avant de se mettre derrière le comptoir et lui annoncer le prix.

    Dean qui avait changé son argent à la douane,  lui tendit plusieurs billets en dinar.

    - J’y suis ! s’écria-t-il. Vous êtes Dean McCauley !

    - En effet.

    - Une question que je me pose. Etes-vous musulman ? Sur internet, on voit de tout.

    Dean sourit à cette remarque et répondit en arabe :

    - Je suis musulman. J’ai grandi en Algérie avec mes parents qui n’étaient pas originaires de ce pays.

    - Merci de cette précision. Bon retour chez nous ! Pourrais-je avoir un autographe pour ma fille ?

    - Pas de soucis. Comment s’appelle-t-elle ?

    - Halima.

    Dean saisit le stylo sur le comptoir et l’homme lui tendit une feuille de papier.

    - Où habitiez-vous en Algérie ? interrogea le vendeur.

    - Dans un village pas très loin d’ici. Du côté de Feraoun.

    Dean fit glisser la feuille vers l’homme après l’avoir griffonnée de quelques mots et de sa signature.

    - Merci et qu’Allah vous protège ! s’exclama l’homme heureux d’avoir rencontré l’une des immenses icônes du cinéma américain.

    Dean s’éloigna du magasin en trainant sa valise derrière lui. Il revint sur ses pas pour retrouver le magasin pour hommes. A l’intérieur, des costumes, des chemises, des cravates, des sous-vêtements et des chaussettes de grandes marques. Un magasin lui suffirait pour s’acheter de quoi s’habiller pour une semaine. Il choisit des couleurs sobres comme le noir, le gris et le beige.

    En sortant du magasin, il ne lui manquait plus que le nécessaire de toilette ainsi qu’un pyjama. Il pourrait les acheter au quatrième étage d’après le vendeur de costumes.

    Bon nombre de gens s’étaient donné rendez-vous à l’étage. L’information s’était vite répandue.

    - Dean McCauley, balbutia un adolescent en s’avançant vers lui. C’est un honneur de vous rencontrer, ajouta-t-il en français.

    Le garçon, d’une quinzaine d’années, grand et mince sous son tee-shirt trop grand pour lui, avait les deux mains derrière le dos. Les curieux s’étaient tus afin d’écouter leurs échanges.

    Dean salua de la main toute la foule. Il avait pratiquement fini ses achats. Il serait obligé de revenir demain. De toute manière, les stores de certains magasins s’abaissèrent pour la fermeture.

    - Merci d’être venus si nombreux. Je me ferai une joie de vous signer des autographes et de répondre à vos questions.

    - Que se passe-t-il ici ? s’enquit un homme.

    Dépassant tout le monde d’une bonne tête, il se fraya un chemin à travers l’attroupement. En entendant sa voix de stentor, les fans s’écartèrent docilement sans rechigner.

    Grand et droit dans son costume noir, il en imposait par sa carrure naturelle mais non athlétique. Il avait les cheveux noirs coupés en brosse, le nez droit et des yeux noirs perçants. Une moustache et un bouc taillé finement lui donnaient un côté charmant.

    Plus l’homme s’approchait, menaçant, vers Dean, plus il le reconnaissait.

    Arrivé à sa hauteur, l’homme pointa un doigt vers sa poitrine. Dans ce genre de situation, Dean en aurait fait qu’une bouchée de lui. Il aurait pu lui tordre le poignet et l’étaler par terre.

    - Alors Dean McCauley…

    La poursuivante de Paris, derrière la troupe de personnes, épiait Dean. Elle avait pris un taxi et l’avait suivi jusque-là sans se faire remarquer. A présent, un homme, à l’allure et au ton menaçants, s’approchait de l’acteur de cinéma.

Village Iadnanene (Algérie), vendredi 14 août 2009

    Nadia se lava les cheveux rapidement. Avec la chaleur, ceux-ci sécheraient très vite. Elle ne demanderait pas à Samira de lui faire un brushing. Il fallait que ses cheveux gonflent absolument pour leur donner du volume. Elle remplaça ses lentilles de contact par des lunettes de vue. Nadia était myope. Elle appliqua sur son visage un paquet de fond de teint, du fard à joues et à paupières ainsi que du mascara. Lorsqu’elle remit ses lunettes, le miroir lui renvoyait l’image qu’elle souhaitait avoir. Elle choisit dans son immense dressing, la robe adaptée pour ce genre de circonstance.

    Parée des pieds à la tête, elle se dirigea vers la salle à manger familiale. Elle espérait que le prince n’avait jamais vu sa photo.

    Les deux portes étaient grandes ouvertes. Ses parents étaient déjà présents ainsi que leur invité. Tous les trois étaient assis sur l’immense canapé blanc. Le prince était un beau ténébreux au teint hâlé. Ses yeux en amande marron clair qu’il darda sur elle la figèrent sur le pas de la porte.

    Ses parents avaient les yeux agrandis de stupeur. Ils étaient horrifiés par l’accoutrement de leur fille cadette. Les cheveux en bataille, le maquillage trop prononcé et la robe kabyle qu’elle portait à l’âge de seize ans, trop courte à présent, lui donnaient l’air d’un clown.

    Nadia rougit malgré elle de sa plaisanterie.

    Son père était furieux et sa mère avait baissé la tête. Nadia devina un sourire.

    Le prince se leva. Son père en fit autant.

    - Je suppose que vous êtes Nadia…

    Sa voix était chaude et sensuelle tout comme Dean. C’était une voix mélodieuse et inoubliable.

    Nadia s’approcha pour lui serrer la main. Les yeux du prince étaient rieurs. Se doutait-il de quelque chose ? Pourtant, il n’y avait aucune photo d’elle dans les pièces.

    Nadia se sentait petite si près de son invité dont la carrure l’intimidait.

    - Enchanté de faire votre connaissance. Je m’appelle Kaïs. J’ai beaucoup entendu parler de vous dans les journaux. Vous avez admirablement géré votre société « Aïkene ».

    - Merci.

    Nadia était à court de mots devant cet être énigmatique. Il l’avait ensorcelée.

Bejaïa (Algérie), vendredi 14 août 2009

    Assis en face de Dean, l’homme du centre commercial piqua sa fourchette dans la salade composée que le serveur venait de lui apporter.

    - Bismillâh, dit l’homme.

    - Bismillâh, répéta Dean.

    Bismillâh était une invocation utilisée couramment par le croyant débutant une activité, et signifiait "Au nom d’Allah".

    Le restaurant où l’avait emmené Abdel-Hamid était le meilleur de la région. Son décor somptueux avec des effets miroirs, le marbre marron étincelant et sa gastronomie variée rivalisaient avec tout autre grand restaurant mondialement connu.

    Abdel-Hamid était le grand frère de Nadia. Gringalet quelques années auparavant, il avait pris physiquement du volume.

    - Que viens-tu faire au pays ? Un tournage se prépare ? lui demanda Abdel-Hamid.

    - Pas du tout. Tu n’es pas au courant ?

    - Au courant de quoi ?

    - C’est ton père qui m’a invité.

    - Il ne m’en a pas parlé. Nadia non plus… Vous vous êtes perdus de vue, m’a-t-elle dit. Vous étiez pourtant si proches. Tu veillais sur elle comme un grand frère.

    Dean hocha la tête en signe d’assentiment. Que savait Abdel-Hamid à ce propos ? Connaissait-il la raison de ce froid entre Nadia et lui ?

    - Tu rentres avec moi ce soir…

    - Pas du tout. J’ai rendez-vous demain après-midi avec ton père.

    - Et ?

    - Ton père est très à cheval sur les horaires.

    Abdel-Hamid finissait de mâcher sa salade pour réfuter.

    - Il ne l’est plus autant que cela. Il vieillit et s’assagit également.

    Le père de Nadia était un roi très droit dans ses actes et ses propos. Il n’appréciait pas entre autres que les invités arrivent avant ou après un rendez-vous auquel il les avait conviés. C’était un homme très bon et juste, mais ferme dans ses décisions.

    - Ce n’est vraiment pas une bonne idée…

    - Ne te fais pas prier Dean.

    - Mais je dois acheter tout le nécessaire de toilette.

    - Que crois-tu ? Il y a tout ce qu’il faut au palais. Brosse à dents, savon, rasoir électrique…

    - Je sais, mais…

    - Il n’y a pas de mais qui tienne !

    Dean sourit. Abdel-Hamid était toujours aussi têtu qu’auparavant.

    - J’accepte mais si ton père m’engueule, je rejetterais la faute sur toi.

    - Et tu me connais, je nierais tout en bloc.

    Les deux hommes rirent. Ni l’un ni l’autre ne réagiraient ainsi. Dean prendrait tout sur lui alors qu’Abdel-Hamid dirait la vérité.

    Un serveur débarrassa leur assiette et un de ses collègues, juste derrière lui, apporta sur une table roulante, un plat de couscous, un plat de sauce et un autre de différentes variétés de viandes.

    Dean avait l’eau à la bouche. Il mangeait très rarement des plats algérois en Amérique. Cela lui avait manqué terriblement.

    Dean enfourna sa première cuillère de couscous après avoir fait le mélange de semoule et de sauce. Il apprécia la douceur et le fondant sur son palais.

    Mais Dean ne put avaler. Son cou était encerclé par le bras d’un homme qui le maintenait fermement.

    Que se passait-il ? Pourquoi Abdel-Hamid ne ripostait-il pas ?

    La jeune femme qui filait Dean ne savait comment réagir face à cette attaque contre lui dans un lieu public. Personne n’avait bougé pour prêter son aide à l’acteur. Y compris l’homme assis en face de lui !

    Elle enfouit sa main sous sa veste et sentit le cross du revolver. Il fallait intervenir avant que…

 Village Iadnanene (Algérie), vendredi 14 août 2009

    Tout au long du dîner, Nadia trouva Kaïs très charmant. La discussion se porta sur des choses strictement impersonnelles comme la politique.

    A l’arrivée du café et du thé, les parents se levèrent.

    - Prière de nous excuser. Il se fait tard pour nous.

    Kaïs se leva et serra la main de son hôte.

    - Je comprends. Nous nous verrons demain matin avant mon départ. Bonsoir Madame…

    Après leur départ, le prince prit place sur le fauteuil aux côtés de Nadia.

    - Puis-je vous proposer du café ou du thé ? s’enquit Nadia afin de se soustraire au regard pénétrant de Kaïs.

    - Du café, s’il vous plaît, avec un sucre.

    Nadia lui tendit la tasse et se servit ensuite un thé à la menthe. Le café l’empêchait de dormir le soir.

    - Merci, charmante demoiselle.

    Nadia se retourna subitement. Elle faillit renverser son thé brulant sur lui. Elle était intriguée.

    - Je suis tout sauf charmante, répliqua-t-elle.

    - Et que faites-vous du charme intérieur ?

    - Vous me connaissez à peine.

    - J’en sais suffisamment sur vous pour vous épouser.

    Nadia resta interdite. Comment un homme aussi beau pouvait-il lui faire cette proposition ? Elle n’avait fait aucun effort vestimentaire. Au contraire, elle avait tout fait pour s’enlaidir. Que voulait-il d’elle pour l’épouser, elle qui était si repoussante à cet instant ?

Bejaïa (Algérie), vendredi 14 août 2009

    Dean empoigna fermement le bras de l’homme avec ses deux mains. Il se dégagea de sa chaise et fit passer l’homme au-dessus ses épaules en se courbant. L’homme tomba sur le dos dans un bruit sec. Le bras de l’acteur se tendit vers le visage de son adversaire afin de lui administrer un coup de poing. Mais Dean arrêta son geste à quelques centimètres du nez rectiligne de l’homme. Les yeux de ce dernier pétillaient de malice et il souriait.

    Les serveurs se précipitèrent vers eux après un moment de stupéfaction. Mais d’un geste, l’homme les stoppa. Dean lui tendit la main pour le relever.

    - Ca va, Reyes ? Rien de cassé ?

    Reyes était le petit frère de Nadia. Il ressemblait à Abdel-Hamid mais en plus svelte et plus sportif. C’était un vrai bourreau des cœurs auprès de la gent féminine.

    - Oui, ne t’inquiète pas, dit-il en époussetant son pantalon en toile. Cela fait plaisir de te revoir. Que fais-tu ici ?

    - Je suis venu vous voir. Mais personne ne semble être au courant à part ton père.

    - Mon père ? Pourquoi ?

    - Pour l’anniversaire de Nadia… Tu manges avec nous ?

    - Cela n’est pas de refus. J’ai une faim de loup et c’est mon restaurant préféré…

    - C’est pour cela que tu es ici, ajouta Abdel-Hamid.

    - Tu aurais pu m’appeler et me dire que Dean était avec toi.

    Abdel-Hamid haussa les épaules.

    - A chaque fois que je te téléphone, tu es en très galante compagnie.

    - Pas ce soir pourtant.

    - Vous vous êtes disputés, Naïma et toi ?

    - Non, pas du tout.

    Reyes tira une chaise et se mit à côté de Dean.

    - C’est une soirée entre filles aujourd’hui, continua Reyes.

    - Et qui est Naïma ? demanda Dean.

    - Ma fiancée. Nous allons bientôt nous marier.

    - Ce n’est pas vrai ! Mes félicitations !

    - Merci.

    Le serveur apporta une pizza au saumon à Reyes.

    - Je sais que je dénote avec vous, mais j’aime les pizzas de ce restaurant. C’est une merveille.

    Reyes prit une part de pizza avec la main et la porta à ses lèvres.

    - Bismillâh.

    A le voir manger avec appétit, cela remit l’eau à la bouche de Dean.

    - Tu es arrivé sur le vol de quelle heure ? interrogea Reyes.

    - Celui de dix-huit heures.

    - Tu n’as pas vu Nadia ? Il me semble qu’elle devait prendre ce vol.

    - Nadia était en France ?

    - Oui, affirma Abdel-Hamid en hochant la tête.

    Dean eut un sursaut. La Nadia qu’il avait rencontrée aux Champs-Elysées était-ce la Nadia qu’il avait connue ?

    La jeune femme, qui s’était levée et s’apprêtait à riposter, se rassit lentement. Apparemment, Dean McCauley connaissait également cet homme.

Village Iadnanene (Algérie), vendredi 14 août 2009

    Nadia écarquillait les yeux de stupeur.

    - Mais pourquoi voulez-vous m’épouser ? Je ne suis pas belle, pas chic. Je vous ferai honte !

    - Mais pas du tout ! Et puis, la chirurgie esthétique réalise des miracles.

    Reyes était beau mais il était odieux. Pensait-il que la femme était un jouet ? Pensait-il qu’il pouvait la manipuler comme une marionnette ?

    Nadia était furieuse contre ce genre d’hommes. Le rouge lui monta au visage tant sa colère grandissait. Il méritait une correction dont il se souviendrait toute sa vie.

    Elle se leva et le toisa avec mépris.

    - Sortez ! s’écria-t-elle en pointant la porte du doigt.

    Kaïs éclata soudain de rire.

    Nadia ne pouvait plus le supporter. Et en plus, il se moquait d’elle. C’était intolérable !

    - Je suis allé trop loin, finit-il par dire. Veuillez m’excuser. Je voulais moi aussi m’amuser.

    - Que dites-vous ?

    - Asseyez-vous, s’il vous plaît.

    Nadia se laissa tomber sur le canapé.

    - Je vous écoute.

    - Je sais que vous jouez la comédie.

    - Quelle comédie ?

    - Vous ne ressemblez nullement à la personne que j’ai aperçue en photo.

    - Et quelle photo avez-vous vue ?

    - Celle qui se trouve dans le bureau de votre père. Il m’a dit que c’était vous.

    Nadia se souvenait effectivement que son père avait son portrait ainsi que celui de tous ses enfants dans un grand cadre. Tout son stratagème tombait à l’eau.

    - Je vois…

    - Vous êtes très belle mais… mais j’ai besoin de trouver l’amour. J’ai promis à mon père de vous rencontrer. A présent, c’est chose faite. Et vous aussi, vous êtes comme moi.

    Nadia resta bouche bée. Toute cette comédie avait été orchestrée inutilement.

    - En tout cas, je me suis amusé autant que vous. Et vous ? Avez-vous trouvé l’amour ?

    - Il se pourrait. Je l’espère.

    - Vous avez de la chance. J’attends ce moment avec impatience. J’attends que mon cœur se mette à battre comme il ne l’a jamais fait.

    - Vous la trouverez, Inch’Allah.

    - Inch’Allah.

    La porte du salon s’ouvrit. C’était son frère Abdel-Hamid accompagné de Reyes et de Dean…

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